Champeaux

Champeaux est située dans le département de Seine-et-Marne en région Île-de-France.

Toponymie
De l’ancien français champel, champeau, « petit champ », « petit terrain ».
Attesté en 632 dans le testament de sainte Fare et selon les Chroniques de Saint-Denis, sainte Fare y aurait fondé une église et un monastère. Cité également en 695 par le passage de Merry puis en 892 sous l’indication d’une abbaye à « Campellis », dans une lettre du pape Formose à Foulques, l’archevêque de Reims et en Champeaux en 1626 dans « Une Vita sancte Fare » indiqué sous « villa Campellis à Champeaux ».

Collégiale Saint-Martin

La façade occidentale de l’édifice que domine son beffroi clocher de 28 mètres, directement inspiré des tours de Notre-Dame. De plan carré, chacune de ses faces présente deux hautes baies à triples voussures portées par des colonnettes baguées.

L’élévation de la nef, très lumineuse, réunit les influences de la proche église métropolitaine de Sens et de la cathédrale Notre-Dame de Paris.
La nef s’étale sur 65 mètres de long pour une largeur de 20 mètres avec une hauteur sous voûte de 15 mètres. La grande cohérence de style de cet intérieur, malgré la longue période de construction de plusieurs siècles est remarquable.

Le chœur depuis la croisée du transept
Vue du collatéral nord
Retable , Bois, XVIIe

Ce retable qui ornait jadis le chœur, était plus important, qu’il ne l’est aujourd’hui. Il fut déplacé vers 1954-1955.

A gauche saint Martin supportant une colonne ; à droite « homme vert »

Sainte Fare ; Saint Martin


Sainte Fare était la fille d’Hagnéric, Comte de Meaux et Maire du Palais du Roi. Elle fonda l’Abbaye de Faremoutiers (le moutier- monastère de Fare). Elle avait reçu en dot la Villa Campellis, (les prairies ; les petits champs) une exploitation agricole. Sainte Fare y fonda une abbaye et un prieuré sous la règle du saint irlandais, Saint Colomban. Après le Concile d’Aix-la-Chapelle (816-819), c’est la règle de Saint Benoît qui fut imposée comme partout dans l’Empire carolingien.

Vitrail de l’Adoration des Mages
A gauche, Vitrail (partiel) de l’Arbre de Jessé

Il représente symboliquement la généalogie du Christ descendant de David, fils de Jessé. Marie au sommet de l’arbre porte Jésus enfant (il manque la partie basse du vitrail qui montrait Jessé endormi songeant qu’un arbre sort de son ventre et donne David, une descendance qui aboutira au Messie « Fils de David ».

Au dessus la rose de la crucifixion : au centre le Christ entouré de Mari et de saint Jean, l’apôtre fidèle. Autour de la scène centrale, les 4 formes du tétramorphe et sur les côtés saint Martin partageant son manteau et saint Nicolas.

Un ensemble exceptionnel de 54 stalles réparties de part et d’autre du transept. On compte ainsi 26 stalles basses et 28 stalles hautes, œuvres sculptées dans le chêne par le menuisier parisien Richard Falaise en 1522.

Les miséricordes sont toutes sculptées ; des sujets sont tirés de l’histoire sacrée, d’autres illustrent des proverbes, d’autres encore sont nés de l’imagination de l’artiste et ne comportent pas de d’interprétation.

La boule aux rats : Quatre rats rongeant le globe crucifère

Les interprétations sont nombreuses : symboliquement il s’agirait des vices rongeant le monde.

A gauche, le Père éternel soutenant le monde où un Atlas où le proverbe « Parcourir le monde ventre à terre » ? ; A droite, le renard prêchant.

Saint Jean Baptiste ; sainte Geneviève (Bois, taillé, peint, XVIe, XVIIe)
Sainte Barbe : Pierre, taillé, peint, XVe XVIe ; Saint Denis céphalophore : Pierre, taillé, peint, XIIIe

Rodin à Champeaux


Rodin à Champeaux
Les cathédrales ont été mes fées merveilleuses. Elles m’ont instruit en me charmant. Leur influence a pénétré jusque dans mon sang et s’est déployée au sein même de mon être. Ainsi parle Rodin dans son livre "Les Cathédrales de France".
Ce livre contient des croquis et dessins de cathédrales et d’autres églises mises au même rang que celles-ci. Rodin désignait ainsi toutes les églises gothiques. Parmi elles, la collégiale de Champeaux qu’il affectionnait particulièrement.
Il la connaissait bien, séjournant souvent au Châtelet-en-Brie entre 1887 et 1914, pour se ressourcer chez son « vieil ami » le docteur Vivier qui soignait son épouse depuis 1884.
Leur amitié n’était pas seulement due aux soins apportés à la compagne de Rodin mais aussi à une affinité profonde, y compris au niveau spirituel.
Ils avaient tous les deux tenté, dans leur jeunesse, d’entrer dans les ordres et Rodin restait profondément croyant malgré ses mœurs assez libres.
Lorsque le docteur lui proposait une promenade dans sa carriole, Rodin réclamait souvent d’aller à Champeaux. Il aimait beaucoup cette église comme le montrent les notes et les croquis de son livre. « Ce n’est pas une église, c’est un parfum, le ravissement, c’est son action. » disait-il. Il en observait sans se lasser les détails et en faisait des esquisses qu’il intégra dans son livre sans pour autant y intégrer ses notes sur Champeaux.
Ces dessins sont de simples croquis pris comme on prend des notes pour s’en servir peut-être dans des œuvres ultérieures. Ils ne correspondent pas toujours exactement à la réalité mais sont déjà une interprétation de ce qui est vu et, pour certains, sont retouchés ensuite.
Ce qu’il appréciait dans cette collégiale ce ne sont pas seulement les sculptures, moins présentes que dans les cathédrales, mais les volumes et les mouvements de l’architecture, leurs proportions admirables qui, pour lui, imitaient, là comme dans toute église gothique, l’harmonie de la nature. Il voyait dans les colonnes et le départ des voûtes comme de grands arbres ouvrant leurs branches protectrices.
Il voyait dans ces édifices le sommet de l’art humain, la synthèse parfaite entre la nature et le monde spirituel, effectuée par ceux qu’il reconnaissait être de très grands artistes.
Il aimait particulièrement la petite figure d’homme qui supporte une colonne à la croisée du transept :
"Regardez, disait Rodin à son ami, aucun sculpteur de notre temps ne serait capable de faire cette petite merveille. Quel esprit ! … Et quelle couleur !"
"Quelle couleur I Mais c’est tout blanc… "
"Vous partagez l’erreur commune : la couleur existe en sculpture, comme en peinture et en dessin. "

Dans son livre, Rodin explique : « Les couleurs dans lesquelles les peintres (architectes et sculpteurs) dont nous parlons trempent leurs pinceaux sont la lumière et l’ombre même du jour et des deux crépuscules. … ils déterminent en outre ces ombres profondes et ces belles lumières qui font à l’édifice un si magnifique vêtement. »
Sa compagne se plaignait qu’il restait des heures dans les églises à en contempler les détails.
Cela correspondait sans doute chez Rodin à une quête spirituelle qui pour lui était à la base de l’Art. Ne disait-il pas : « Quand la religion se perd, l’Art se perd. »
C’est d’ailleurs l’époque où il conçoit sa Porte de l’Enfer, œuvre jamais terminée jusqu’à sa mort, comme une sorte de négatif de l’architecture gothique.
C’est cette confrontation entre la lumière et l’ombre, le bien et le mal qui l’a obsédé et traversé comme elle peut traverser tout homme.
(In tableau explicatif de l’exposition, réalisée par la Mairie de Champeaux : Michel Vauthrin © doître-saint-martin, septembre 2019)

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mercredi 22 juillet 2020
par  gs

Le saint Roch de Champeaux (Seine-et-Marne)

Le saint Roch de Champeaux en la collégiale Saint-Martin
Dénomination de l’objet : Statue
Titre courant : Statue : Saint Roch
Localisation : Île-de-France ; Seine-et-Marne (77) ; Champeaux
Nom de l’édifice : Collégiale Saint-Martin
Emplacement de l’œuvre dans l’édifice : Musée dans le clocher (…)

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