Auzon

Juchée comme un nid d’aigle sur un promontoire rocheux, la ville d’Auzon, dont le nom remonte à la période préceltique, conserve une épitaphe gallo-romaine, gravée dans le mur de l’église.

Depuis plusieurs siècles, cette ville a le privilège de posséder une précieuse cassette en os de baleine, fabriquée en Northumbrie (Angleterre) vers l’an 700, mondialement connue sous le nom de coffret d’Auzon.

La première habitante que mentionnent les écrits se nomme Gireldis, dame du castrum d’Auzon. Vers 900, elle donna une terre au monastère de Sauxillanges. Le nom de son époux n’est pas connu, mais il appartenait, selon toute vraisemblance, à la famille seigneuriale des Bompar d’Auzon qui possédèrent cette terre jusqu’à la fin du 13ème siècle. D’autres familles importantes lui succédèrent et notamment les Montmorin, Polignac, Peirenc de Moras.

Gireldis étant sûrement chrétienne, une église, dédiée à Saint-Laurent, doit donc déjà exister en ce lieu. Au 12ème siècle, une autre église fut construite au même emplacement..
Au 12ème siècle, peut-être même avant, un mur d’enceinte protégeait le château, l’église et ses dépendances. Toute la ville fut ensuite fortifiée. Vers le milieu du siècle, un différend survenu au sein de la famille comtale d’Auvergne, entraîna un conflit entre le roi de France et celui d’Angleterre. A la suite de ces hostilités, la place forte d’Auzon entra en partie dans le domaine royal, y resta jusqu’en 1537 et figura parmi les ’treize bonnes villes d’Auvergne’. Le roi de France eut son château en ce lieu (le château Bourbon), et posséda une partie importante de cette seigneurie

Vers 1260, Alphonse de Poitiers et Bompar d’Auzon accordèrent aux bourgeois alzoniens leurs franchises communales. Auzon possède sa communauté de marchands, arts et métiers. Nombreux sont les artisans et les professions libérales.

En 1537, François de Montmorin acheta le château Bourbon. Au siècle suivant, le bâtiment céda la place à un monastère de bénédictines.
Près du château, perché sur un rocher au cœur du village :

Église Saint-Laurent : Ancienne collégiale romane 12ème

Le clocher à baies géminées : sur la 3ème travée est rectangulaire, en porte à faux sur les reins de la voûte.

  • Le chevet :
    • à l’extérieur : un pentagone.
    • À l’intérieur : un trèfle.
  • Le porche : on y accède par des escaliers.
    • Rampes du 19ème.
    • Porche à « ganivelle » ou caquetoire.

La porte : Les vantaux romans sont couverts de peaux de sanglier.

Pentures 12ème : les fers forgés à la main sont assembles avec des clous à têtes tous différents et aussi forgés. Elégantes volutes. Têtes d’homme et d’animaux.

Chapiteaux

  • Chapiteaux du porche :
    • A gauche : Chapiteau de la nativité.
      Naissance de Jésus. Marie est couchée sur un lit. Joseph, dans un geste de tendresse pose sa main gauche sur celle de la vierge. De sa main droite il se tient la tête : perplexité, angoisse ou douleur ?). L’Enfant Jésus est couché dans une crèche, l’âne et le bœuf le réchauffent.
      L’étoile : Visite des Rois Mages.
    • A droite : Le personnage d’angle est barbu : figure de la discorde.
      Chapiteau négatif
  • Chapiteaux du chœur
    • Avant chœur
      Sirènes en « position de parole »

Traduction de la séduction homérique : séduction-musique-connaissance.
La queue est en végétaux.
A droite, la queue se transforme en serpent qui vient mordre l’oreille du jeune homme : Mauvaise parole.

    • Chœur :
      • A gauche
        Masque oriental : 2 griffons posent la patte sur la tête : aspect négatif.
      • Au centre et à droite (Chapiteaux romans) : Chapiteau de la Tradition de la Loi.

Au centre, le Christ (nimbe crucifère) porte un volumen (parchemin roulé)
A gauche et à droite : 2 apôtres, pieds nus tiennent un livre.
Ce chapiteau est inspiré d’un sarcophage de l’antiquité chrétienne. On y représentait une scène : La Traditio Legis. Le Christ y donnait la Loi au nouveau Moïse : Pierre.
Le Mont Sinaï est évoqué par la pierre sur laquelle Pierre et Paul posent le pied.

Les peintures gothiques (milieu 14ème) à la détrempe

Réalisées du 14ème au 16ème, de nombreuses fresques occupent encore les murs de l’église : prélats, soldats et seigneurs furent saisis par l’artiste il y a plus de 400 ans.

Chapelle de la Vierge.

Les murs sont décorés de médaillons disposés en quadrillage régulier.
Des « quatre feuilles » légers relient l’un à l’autre les médaillons.

Le couronnement de Marie

La vierge Marie est assise sur le trône du Christ et associée à sa gloire.

Jésus bénit sa mère qui s’incline tandis qu’un ange lui pose une couronne sur la tête.

  • Chapelle Saint Michel.
    Lutte de Saint Michel contre le dragon

Mobilier

  • Une chaire datée de 1528 pose son énigme à des générations de visiteurs. Que signifient ses inscriptions ? Ni latin, ni grec, ni hébreu… le mystère demeure.
  • Christ en croix roman (fin 13ème)

    Christ reliquaire.
    Jambes rapportées et articulées sous la jupe (rare)


technique : sculpture
désignation : Christ en croix, dit Christ à cotillon
localisation : Auvergne ; Haute-Loire ; Auzon
édifice : église paroissiale Saint-Laurent
dénomination : croix
matériaux : bois : taillé, peint, polychrome
dimensions : 210h
iconographie : Christ en croix
commentaire iconographique : Perizonium long, noué devant. Suppedaneum.
état : œuvre restaurée
précision état : œuvre restaurée en 1955, 1956
siècle : 2e moitié 12e siècle
protection MH : 1913/12/01 : classé au titre objet
propriété : propriété de la commune
type d’étude : liste objets classés MH
copyright : © Monuments historiques
date versement : 1999/12/10
référence : PM43000035
In www.patrimoine-de-france.org

Tête : très noble, légèrement inclinée sur la droite. Les yeux ne sont pas fermés (époque romane), les cheveux tombent sur les épaules.

  • Vierge de Pitié (bois) du 17ème

    A gauche, sainte Radegonde
    A droite, saint Verny


technique : sculpture
désignation : statue : sainte Radegonde
localisation : Auvergne ; Haute-Loire ; Auzon
édifice : église paroissiale Saint-Laurent
dénomination : statue
matériaux : bois : taillé
dimensions : h = 83
iconographie : sainte Radegonde
siècle : 14e siècle
protection MH : 1951/04/10 : classé au titre objet
propriété : propriété de la commune
type d’étude : liste objets classés MH
copyright : © Monuments historiques
date versement : 1999/12/10
référence : PM43000040
In www.patrimoine-de-france.org

A droite, Saint Verny


technique : sculpture
désignation : statue : saint Verny
localisation : Auvergne ; Haute-Loire ; Auzon
édifice : église paroissiale Saint-Laurent
dénomination : statue
matériaux : bois : taillé, peint, polychrome
dimensions : h = 104
iconographie : saint
commentaire iconographique : Saint Verny porte le costume traditionnel de vigneron qui est l’un de ses attributs (casaque courte sans manches, culotte bouffante, bas, chaussures, chapeau à larges bords amovibles), tonnelet, serpette, besace.
siècle : 17e siècle
protection MH : 1961/05/04 : classé au titre objet
propriété : propriété de la commune
type d’étude : liste objets classés MH
copyright : © Monuments historiques
date versement : 1999/12/10
référence : PM43000043
In www.patrimoine-de-france.org

La Bonne Ville d’Auvergne.
Au cours du 14ème siècle, Auzon bénéficie d’une reconnaissance du pouvoir. Sous protection immédiate du roi et sous sa tutelle administrative, la cité devient l’une des « treize bonnes villes » de Basse Auvergne.
C’est une ville close et autonome avec une municipalité consulaire, elle possède une milice et peut assurer sa défense. Comme certaines de ces bonnes villes, Auzon possédaient un rôle administratif et judiciaire avec de nombreuses institutions. Ces Bonnes Villes se démarquaient par leur antiquité ou l’ancienneté de leurs privilèges, d’autre par leur caractère commercial qui était l’un des critères d’élection au titre
Ce sont les villes suivantes :

Aigueperse
Auzon
Billom
Brioude
Clermont
Cusset
Ébreuil
Issoire
Langeac
Montferrand
Riom
Saint-Germain-Lembron
Saint-Pourçain

La légende.
Une légende raconte que la ville d’Auzon aurait été sauvée par un cochon lors de la Guerre de Cent Ans. Attaquée par une bande de routiers anglais, la ville avait fermé ses portes. Mais un jour, un goret bien engraissé a dévalé la pente par la porte du Brugelet. Croyant que les Auzonnais avaient encore de nombreuses réserves, l’ennemi leva le siège.
(In Tourisme en Auvergne Rgône-Alpes, Edition 2017)


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