Noiretable : Hermitage

L’Hermitage est située au sud-ouest de Noiretable, à 1.110 m d’altitude dans une forêt de conifères.

Notre Dame de l’Hermitage (15ème)

Perchée sur son éperon à plus de 1100 mètres d’altitude, la bâtisse massive et austère de Notre-Dame domine tout le pays. A perte de vue, l’œil ne voit que les étendues vertes-noires des sapinières clairsemées parfois de clairières.

Les deux rochers de Peyrotine, en granit

A gauche, une statue de Saint-Joseph portant l’enfant-roi dans ses bras, installée en 1873, domine le premier.
A droite, l’autre est surmonté d’une grande croix blanche. Ce dernier porte à sa base une petite niche

A gauche, la statuette de Saint-Roch évoquant, en Forez, les ravages de la peste.
A droite, au pied de la croix blanche, une cuvette ronde creusée au sol et une rigole. Dernier témoignage du moulin qui s’élevait ici au 17ème.


Tout autour de ces rochers s’égrènent les stations d’un chemin de Croix qui serpente au milieu de blocs de granite imposants.
Les pénitents montent les marches à genoux, en priant, d’un Scala sancta, un escalier saint dont il y a peu d’exemples en France (Lourdes, Bastia…).

Christ agonisant de Lhomeau dont un modèle identique se trouve à Rome.

L’histoire de ce lieu fut tumultueuse.

La première église fut desservie par les Bénédictins de Noirétable dépendant de Cluny. Au 17ème siècle, lutte contre le Protestantisme oblige, les Missionnaires investissent les lieux. Notre-Dame porte alors le nom de ’’ Mission de Saint-Sauveur au désert ’’ puis est rebaptisée ’’ Mission Royale de Notre-Dame de l’Hermitage ’’. C’est messire Jacques Planat qui décida de construire le monastère à l’emplacement actuel, achevé en 1669 au prix d’efforts considérables. Le bâtiment tel que le visiteur peut le voir de nos jours date de 1746. Ces deux années importantes se lisent sur un médaillon en pierre de Volvic, sur le bâtiment dans l’allée du jardin.

On y voit aussi un sapin et une fleur de lys. En dessous, le mot latin quarentana évoque les 40 jours du Christ dans le désert et la vocation de l’ermite. La Mission devient alors le noviciat des apprentis missionnaires.

La Révolution frappe de plein fouet l’établissement. Des prêtres sont guillotinés ; d’autres entrent dans la clandestinité. Il fallut attendre près d’un siècle pour voir revenir une petite communauté, celle des Pères de l’Union au Très Saint Sacrement, qui relance le pèlerinage et restaure les bâtiments.

En 1889, la communauté est remplacée par les Missionnaires de La Salette qui doivent s’en aller en 1905 (loi de Séparation des Églises et de l’État )pour revenir en 1925, jusqu’à nos jours.

A gauche, l’église et à droite l’Hôtellerie

L’église date des années trente et se soude à la chapelle de 1746
L’église est une construction assez originale : par le porche ouvert sur un côté nous descendons quelques marches pour arriver devant l’entrée de la nef.
On peut y voir les fresques du Lyonnais Luc Barbier.
Réalisées entre 1946 et 1947, elles évoquent l’histoire de l’Hermitage depuis les origines et la passion du Christ.

Notre Dame des neiges (17ème) ; Notre Dame de l’Hermitage (13ème)

Dans le fond de l’église, la Vierge de la Mission Royale de Notre-Dame de l’Hermitage a été sculptée par le célèbre atelier lyonnais de Coysevox et fut bénie en 1682.
Elle fut vénérée à l’Hermitage sous le nom de ’’ Notre-Dame des neiges ’’. Puis vint la Révolution mais la Vierge, malgré sa stature imposante fut cachée en Auvergne. Elle n’y fut retrouvée qu’en 1969 ! Restaurée, elle retrouva son église le 15 août 1971.
Il y a une autre Vierge, plus ancienne encore puisqu’elle date du 13ème siècle. Assise, elle porte l’enfant Jésus qui se tient debout sur ses genoux. Cette sculpture avait aussi disparu à la Révolution. Elle fut retrouvée à Saint-Didier-sur-Rochefort et ramenée triomphalement en 1979 !

Saint Antoine de Padoue : Il porte un enfant : Jésus qui lui est apparu dans son sommeil.

Sur le parking, nous prenons le chemin de Saint-Antoine en direction de la chapelle de la source où tout a commencé.

Le chemin s’engage à l’ombre. Nombreux sont les randonneurs qui s’enfoncent dans les bois et les fidèles qui vont à la source avant d’aller à la messe.

A l’ombre des grands sapins, de nombreux bancs permettent de se reposer. On distingue aussi de nombreux amas de rochers éparpillés sous les arbres, une caractéristique du paysage local où les légendes font la part belle aux pierres branlantes et autres roches à cupules. Certains auteurs du 19ème siècle évoquent à propos de ces roches les anciens cultes druidiques.

Puis nous descendons dans une petite prairie où se trouve la chapelle de la source.

Chapelle de La Source

La chapelle de la source, nichée au fond du vallon est le centre du pèlerinage.
La chapelle actuelle, de petite taille, fut édifiée en 1869 (après beaucoup d’autres) et restaurée en 1969. Elle est dédiée à la Vierge et illuminée de nombreux cierges.
Le 15 août est marqué ici par le grand pèlerinage des quatre Provinces : Forez, Auvergne, Lyonnais et Bourbonnais.

La source offre son eau au pèlerin qui y retrouve le réconfort de l’âme et du corps.
Le ruisseau coule sous la chapelle et l’eau jaillit devant dans un petit bassin circulaire. C’est une eau pure, très fraîche dont la température reste invariablement à 6/7 degrés.


C’est ici qu’est né le pèlerinage
Selon la tradition, c’est là que serait apparue la Sainte-Vierge à un mystérieux ’’ grand pécheur ’’. Il s’agirait d’un des domestiques du château des Cornes d’Urfé qui passèrent au fil du couteau toute la famille du seigneur, à l’exception d’un bambin auquel les assassins donnèrent le choix entre une pomme et une piécette : le choix du fruit lui laissa la vie sauve. L’un des meurtriers, fuyant la justice, aurait trouvé refuge dans ces bois où la Vierge lui serait apparu et lui aurait demandé de faire pénitence pour le salut de son âme. Il serait devenu le premier ermite de ces lieux.

Retour sur nos pas et poursuivons le chemin en direction d’une deuxième chapelle et d’un petit cimetière. La quinzaine de croix noires indiquent en particulier les tombes des Missionnaires de Notre-Dame de la Salette, les actuels locataires des lieux après beaucoup d’autres.
On remarquera le nom de l’abbé Gouttefangeas qui fut archiviste et historien. On lui doit en particulier de connaître la « bulle » du pape Clément VII rendant compte du culte et de la dévotion mariale en ce lieu.

Une tombe contient les restes non-identifiés de Missionnaires entre 1686 et 1787.

La chapelle, sans clocheton, est construite à l’emplacement d’une ancienne église.
Elle a été construite au 19ème siècle en hommage au Père Gaschon, membre de la Mission Royale, décédé à Ambert en réputation de Sainteté.

Les fresques un peu naïves ornant son intérieur évoquent sa vie.

On remarque aussi une plaque apposée à sa façade : "A la mémoire de Mathieu Royret, diacre aspirant missionnaire de Notre-Dame de l’Hermitage, né à Thiollier (Noirétable) le 9 avril 1770, mort pour la foi sur l’échafaud à Lyon le 17 03 1794."


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vendredi 27 janvier 2017
par  gs

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