Ardes sur Couze

Ardes est située dans le département du Puy-de-Dôme, en région d’Auvergne-Rhône-Alpes.
Le Pays d’Ardes entre Lembron et Cézallier fait partie de ces territoires hachurés par des failles que l’on nomme « Pays coupés ».
Toponymie
L’origine du nom d’Ardes n’est pas établie. Du gaulois ard, qui veut dire « hauteur ». Latinisation d’une dénomination celte comme artos, « ours » ou ard, concernant les lieux accidentés. Filiation du sanskrit ard, qui veut dire « blesser ».
Attesté sous les formes Radiatum, Villa Radicatensi en 911 et Vicaria Raditensi au Xe siècle, Sardes par Froissart dans ses chroniques de l’an 1390, Castrum ardusii en 1421 et Castrum Argidoneusisun en 1623, sur un parchemin, relatif au déplacement des reliques du Saint Patron.
Le bourg est accroché au pied des plateaux basaltiques du massif du Luguet - appelé le Cézallier par les géographes (soedzavèr en patois, « où est cultivé le seigle » - sur un promontoire qui s’allonge du sud-ouest au nord-est, au débouché de la vallée de Rentières, sous la protection du château de Mercœur.
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Tous les amoureux de la vie rurale, tous les nostalgiques des coutumes d’antan goûteront à travers le récit et les illustrations, le plaisir de retourner aux sources et, d’où qu’ils soient, celui de retrouver leurs racines. |
C’est au cours des XIIe et XIIIe siècles que la ville d’Ardes se fortifie en s’entourant d’une ceinture de créneaux et de tours et à l’extrémité septentrionale de la ville, « le palais des seigneurs », résidence plus confortable des Mercœur que leur château édifié à trois kilomètres sur un piton rocheux, rasé sur ordre de Charles IX en 1567, dont il ne reste aujourd’hui que les ruines d’une tour appelée communément « le doigt de Mercœur ».
« Le palais des seigneurs » n’a pas résisté à la politique de démantèlement par Richelieu des forteresses de France.
Un peu d’histoire…
Ithier de Mercoeur, fils du Comte de Poitiers, Hatton, et petit-fils d’Odon le duc d’Aquitaine, est nommé, en 778, Comte des Arvernes, la tribu qui du temps des gaulois occupait la région d’Auvergne.
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Au douzième siècle on disait « Partout où un sire de Mercoeur pouvait poser le pied, il s’établissait en maître » et au treizième siècle « Les seigneurs de Mercœur sont si forts dans le pays que personne ne peut leur résister ». Les Armes de la maison de Mercœur étaient « de gueules, à trois fasces vairées d’argent et d’azur » et la devise plus fidei quam vitae (Plus de fidélité que de vie). |
Cette lignée prestigieuse se poursuivit en ligne directe jusqu’en 1320 avec Béraud X qui sans héritier institua par testament du 26 mai 1314 pour unique héritier, son cousin, Jean II Comte de Joigny.
Ensuite d’alliances en héritages, Ardes passa aux Dauphins d’Auvergne, à la maison des Bourbons, à maison de Lorraine puis à celle de Vendôme pour être plusieurs fois vendue et enfin acquise par le roi Louis XV et être réunie au domaine royal.
La maison de Mercœur a été féconde en hommes religieux, des dignitaires au chapitre de Brioude, des évêques aux églises du Puy, de Mende et de Clermont, des abbés dans les importantes abbayes dont Saint Odilon, fils de Béraud Ier, qui prit l’habit de Saint Benoît en l’abbaye de Cluny. Grande figure du christianisme médiéval, Saint Odilon fut notamment l’instigateur de la trêve de Dieu et de la fête de la Toussaint.
Ses fils s’illustrèrent également dans le métier des armes et sont mêlés aux grands événements du Pays.
L’un s’est croisé avec Philippe-Auguste, deux autres Connétables, un Connétable de France maréchal du Bourbonnais et un connétable de Champagne.
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Les armoiries d’Ardes sont « D’or à trois fasces ondées d’azur ». Aux XIVe et XVe siècles, treize villes considérées comme les plus riches formaient les États Provinciaux de la Basse Auvergne appelées « les bonnes villes » et étaient dans l’ordre de la richesse Clermont, Riom, Montferrand, Billon, Aigueperse, Saint-Pourcain, Brioude, Issoire, Cusset, Langeac, Saint-Germain-Lembron, Auzon, Ebreuil. Ardes fut agrégée à ces treize anciennes à partir de 1588. |
L’église Saint-Dizaint (XIVe - XVe) et son clocher roman
L’église d’Ardes sur Couze est sous le patronage de Saint Dizaint (ou Saint Dizier), évêque de Saintes qui régissait l’évêché de Saintonge sous le règne de Pépin, et le patron secondaire Saint Adrier qui, fuyant les invasions normandes, a gagné en 918, cette terre de refuge apportant avec lui les reliques de Saint Dizaint à Ardes.
C’est au XIVe siècle que la ville d’Ardes a construit son église hors des murailles protectrices de la ville, à la ville basse entre la Couze et la ville, sous l’œil de Mercoeur.
Quelles raisons, quelle volonté ont prévalu à cette implantation ? La défense, un plan qui aurait été trop distendu ou plus souvent les relations qui existaient entre le seigneur laïque et le seigneur ecclésiastique ?
L’église, une nef unique, beau et vaste vaisseau de pierre (« L’Auvergne a construit des églises qui ressemblent à ses montagnes » nous dit Gabriel Hanetaux), renforcé de gros contreforts auxquels sont accrochées de petites chapelles arrondies. La structure est romane comme le montre encore son clocher, la porte murée au ras de terre pour emmener les moines décédées du monastère au cimetière et les modillons sous le larmier de la corniche extérieure. L’église présente aujourd’hui une facture gothique méridional.
La sonnerie qui se composait initialement de quatre cloches n’en conserve plus qu’une. Elles portaient les noms de Saint Jean, Saint Pierre, Saint Adrier et Saint Dizaint. C’est cette dernière qu’il reste, fondue en 1727 par T.L et L. Mutuelle porte gravée une invocation à Saint Dizaint.
L’ancienne croix du cimetière, jadis accolé à l’église, date du XVe siècle. Elle représente d’un côté une Vierge allaitante et de l’autre un Christ et ses compagnons qui ont disparus. Au-dessous le tétramorphe avec au centre, Matthieu, auteur du premier évangile tient un livre, à droite, un lion pour Marc, à gauche un bœuf pour Luc au-dessus, l’aigle pour Jean.
Enfin des rosaces terminent les croisillons.
L’intérieur
La lumière, image de l’esprit divin, y pénètre par d’étroits et hauts vitraux.
- Le chœur----------
Le maître-autel en bois doré magnifiquement sculpté remonte à 1634 comprend l’autel (face de l’autel l’antépandium présentant une huile sur toile), le gradin, le tabernacle et le retable. Deux statuettes en haut du retable représentent saint Dizaint et saint Adrier.
- L’antépandium du XVIIe siècle
L’huile sur toile représente sept personnages en pied : au centre la Vierge à l’Enfant avec de part et d’autre, à gauche saint Antoine ermite, un saint évêque (soit saint Augustin, soit saint Dizaint) et sainte Catherine d’Alexandrie. À droite saint Catherine de Sienne, saint Jean-Baptiste et soit un saint donateur soit le roi Saint-Louis.
- Le tabernacle
Le tabernacle en bois sculpté et doré comporte cinq statuettes : une sainte femme, saint Côme et saint Damien, le Christ aux liens et sainte Marguerite.
Une Sainte, saint Côme, Christ aux liens (Ecce homo)
Christ aux liens, saint Damien, sainte Marguerite
- Le retable
L’ancien retable du XVIIe siècle sert d’écrin à un ensemble de huit haut panneaux sculptés, pièce majeure de ce retable, en bois polychrome et doré du XVe siècle, illustrant des scènes de la Passion et de la Résurrection du Christ : La comparution devant Caiphe, la Flagellation, le Christ aux outrages, le portement de croix, la Crucifixion, la Descente de croix, la Mise au Tombeau, la Résurrection.
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Le Christ en tunique dorée, les mains liées, est présenté à Pilate par deux hommes. Pilate, barbu, la chevelure bouclée, la tête couverte d’un chaperon est assis tenant un sceptre à la main.
Le Christ les mains liées, le corps couvert de sang, est adossé à une colonne tandis que deux bourreaux le frappent, l’un d’un fouet en lui tirant les cheveux pour lui faire lever la tête et l’autre d’un bâton.
Le Christ porte une tunique dorée à revers bleu, assis, les mains liées. Deux soldats lui enfoncent violemment sur la tête la couronne d’épines, à coups de bâton et l’un prend même appui du pied droit sur le genou du Christ pour mieux enfoncer la couronne.
Jésus monte au calvaire une corde nouée autour de la taille qu’un soldat tire en le menaçant du poing. C’est Simon de Cyrène qui aide le Christ.
Jésus est cloué à la croix posée sur la pente en travers, sur un amas de rochers qui symbolise le Calvaire. Deux bourreaux attachent le Christ, le premier par un bras, le deuxième par les jambes et un troisième bourreau cloue la main gauche du Christ sur la croix.
Joseph d’Arimathie monté sur une échelle, reçoit sur ses épaules le corps sans vie de Jésus, les pieds encore cloués, avec une ceinture passé autour de la taille.
Nicodème et Joseph d’Arimathie déposent le corps du Christ recouvert d’un suaire, dans un sarcophage. La Vierge éplorée, que soutient saint Jean, regarde une dernière fois son fils.
Le Christ, enveloppé dans une grande étoffe, enjambe le tombeau devant lequel un soldat repose. De chaque côté du Christ, sur le tombeau, un casque de soldat romain.
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- Le Christ en croix
La poutre de gloire ornée du Christ
- Sainte Claire (à gauche du retable)
- L’ambon, lieu de la parole
Mobilier édifié à partir d’une ancienne chaire de la paroisse
- Les châsses
Situées de chaque côté du retable les deux châsses de noyer argenté et doré, où sont disposées les reliques de saint Dizaint et saint Adrier.
Elles portent en lettres gothiques et en latin : sur l’une, « Ici sont les os de Saint Dizaint, évêque de Xaintonge et confesseur » et sur l’autre « Ici sont les os du bienheureux Adrier, confesseur, qui porta le corps de Saint Dizaint en ce lieu d’Ardes ».
- Sur les murs de la nef----------
- Vierge de Pitié, en pierre polychrome du XVIe siècle
La Vierge de Pitié entre saint Jean et sainte Madeleine
La Vierge prie, les doigts croisés, assistée de saint Jean qui soutient la tête du Christ et de Marie-Madeleine éplorée qui essuie ses larmes avec ses longs cheveux.
Le voile de la Vierge est soulevé annonçant déjà l’Ascension
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- La conversion de saint Hubert, haut-relief en bois polychrome du XVe-XVIe siècle
En représentant saint Hubert de manière disproportionnée sans respecter la réalité anatomique exacte par rapport aux autres éléments, l’artiste a voulu traduire un message religieux ou social.
- Vierge à l’Enfant
- Le Christ en croix
- La chaire à prêcher
- Le monument aux Morts
Religion et Patriotisme avec la statue de Jeanne d’Arc en témoignage de l’Église aux enfants du pays morts à la Grande Guerre.
- Vitraux
- Chemin de Croix
- Chapelle du Rosaire----------
Au centre, un grand tableau de la Vierge à l’Enfant donnant le chapelet à une abbesse et à un Saint portant le même habit de religieux : si généralement il s’agit de Saint Dominique et de Sainte Catherine de Sienne mais en raison de la crosse d’Abbesse, il s’agit plutôt de Sainte Claire et de Saint François d’Assise dont la statue, en bois doré, est à gauche du retable. Saint François d’Assise est reconnaissable aux stigmates dans ses mains et à sa cordelière à trois nœuds.
Saint François d’Assise
Il faut noter que le culte à Saint François d’Assise était très présent à Ardes en raison du couvent des Récollets (frères franciscains) fondé le 4 octobre 1660.
Le socle à droite du retable supportait la statue de Sainte Claire déplacée dans le chœur.
En face de l’autel un magnifique confessionnal en bois de noyer et au-dessus un tableau du Christ sur son tombeau.
Le confessionnal
Le Christ sur son tombeau
- Chapelle Saint-Antoine----------
En haut du retable, une statue de Saint Antoine le Grand, en bois doré et au-dessous les statues en bois doré de Sainte Agathe, Saint Anne et la Vierge et Saint Jean l’Évangéliste.
Saint Antoine le Grand
Sainte Agathe représentée avec un plateau portant ses seins, Saint Anne et la Vierge : « l’Éducation de la Vierge » et Saint Jean l’Évangéliste représenté ici avec une coupe d’où sort un serpent.
En face un tableau : Saint Prosper d’Aquitaine. Il a été restauré par une jeune élève de l’école Condé de Lyon et a fait l’objet de son mémoire de fin d’études en octobre 2004. Le peintre, à l’origine, a fait une confusion entre le Saint laïc, ayant défendu Saint Augustin, et un Saint Évêque de même nom et de la même période.
Saint Prosper d’AquitaineDocteur de l’Église latine, Prosper d’Aquitaine (v. 390–v. 455) fut un disciple d’Augustin. Il est représenté en buste avec plume et codex.
- Chapelle Saint-Joseph----------
Au-dessus de la statue en bois polychrome de Saint Joseph, un tableau offert par l’État en 1880, une statue de la Sainte Famille (en plâtre ? ) et une très belle cuve baptismale en pierre.
Saint Joseph
Tableau représentant la Vierge et l’Enfant Jésus, Sainte Élisabeth, le petit Saint Jean Baptiste et deux anges dit aussi « La Sainte Famille aux Anges ».
Il s’agit d’une copie du tableau de Andrea del Sarto conservé au musée du Louvre et peint vers 1516 pour François Ier.
La Sainte Famille
Cuve baptismale
- Sacristie----------
Bronze sur la porte de la sacristie
Saint Éloi, bois très noirci
- Chapelle du "Trésor"----------
Vue générale de la chapelle du "Trésor"Cette chapelle conserve derrière une lourde grille fermée de nombreuses statues en bois peint ou doré des XVIIe et XVIIIe siècles, un lutrin, une cuve baptismale et des toiles marouflées sur bois.
- Statuaire
Les statues du retable : Saint Paul, saint Jean-Baptiste, saint Pierre : Bois doré du XIXe siècle
La Trinité dont seul Dieu le Père subsiste, bois polychrome des XVe-XVIe siècle. Le personnage est assis, les mains écartées et coiffé d’une tiare. Les mains portaient les bras de la croix dont le bas était fiché dans le socle. L’encoche est encore visible.
La Charité de Saint Martin, en bois polychrome du XVIIe siècle. Le mendiant, qui était probablement, à l’origine, rattaché à une autre sculpture.
- Lutrin
Le lutrin, Bois : taillé du XVe siècle
- Toiles marouflées sur portant du XVe siècle
L’Adoration des Mages - La Fuite en Égypte - La Présentation de Jésus au temple - La Dormition de la Vierge
Au dos de cette toile, les tableaux de l’Archange Saint Michel et un Saint Évêque (Saint Dizaint ?).
L’Annonciation - La Visitation - La Nativité - Le Massacre des Innocents
Au dos de cette toile, les tableaux de Saint Christophe et de Saint Bernardin de Sienne et sa vision du trigramme IHS dans un soleil à douze rayons
- Cuve baptismale
Aux alentours
La congère de La Volpilière, au-dessus de Saint-Alyre ès Montagne, traverse la route.
À mi-mars 2014, la route est toujours fermée.
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Le saint Roch d’Ardes sur Couze (Puy de Dôme)
Le Saint Roch en l’église Saint-Dizaint
technique : sculpture
désignation : statue : saint Roch
localisation : Auvergne ; Puy-de-Dôme ; Ardes
édifice : église paroissiale
dénomination : statue
matériaux : bois : peint
dimensions : dimensions non prises
siècle : 17e siècle ; 18e (…)
