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Cette scène biblique raconte l’un des miracles les plus célèbres accomplis par Jésus-Christ, tel que relaté dans l’Évangile selon Jean (chapitre 11). Lazare, mort depuis quatre jours, est rappelé à la vie par Jésus devant une foule stupéfaite. La Résurrection de Lazare d’Usson : enquête sur une énigme iconographique
Claire Dechamps - Extrait de : REVUE DE L’ART, n° 219/2023-1, p. 18-29 L’église Saint-Maurice d’Usson, dans le Puy de Dôme, abrite une Résurrection de Lazare peinte sur un panneau de bois, datant du XVe siècle. L’œuvre a été peu étudiée à ce jour et on ignore les circonstances dans lesquelles elle y a été déposée. Est-elle conservée dans ce lieu depuis cinq siècles ? C’est envisageable puisque la plus ancienne visite paroissiale conservée, datée de 1623, mentionne déjà sa présence. Dans l’angle gauche de la composition est agenouillé un commanditaire dont l’écu, placé derrière lui, est illisible. S’agit-il de Louis bâtard de Bourbon, seigneur d’Usson de 1465 à 1486 ? Au vu de la datation des costumes, l’hypothèse paraît plausible. Le miracle de la Résurrection s’accompagne ici de plusieurs détails inhabituels et intrigants. En l’absence de données plus précises, ils ont servi de points de départ à la recherche et ont été croisés avec une étude approfondie du contexte historique un sens caché, comme il en existait au Moyen Age, a semblé émerger peu à peu au fil de cette enquête. Dans un article consacré au mobilier de l’église, Henri Salveton livra une description du panneau et en situa la réalisation au XVe siècle sans fournir cependant aucun élément susceptible d’en éclairer l’historique. L’œuvre fut restaurée en 1936, dans l’atelier de Lucien Aubert, puis présentée à l’exposition universelle de 1937 à Paris. Elle suscita alors l’intérêt d’E. Michel, conservateur au Louvre, qui présuma une origine brabançonne et proposa de la rapprocher de La Résurrection de Lazare (Paris, Musée du Louvre), donnée aujourd’hui à Colin d’Amiens. Peu après, dans le cadre d’une étude consacrée à la Crucifixion du peintre bernois Nicolas Manuel Deutsch, conservée dans l’église d’Usson et rapportée de Suisse par Louis d’Augerant, ambassadeur de Françoi Ier, François-Georges Pariset suggéra d’attribuer la même origine à la Résurrection de Lazare. Cette hypothèse a été récemment invalidée par Frédéric Elsig qui a pensé reconnaître une œuvre de jeunesse (vers 1470) du groupe "Guillaume Lambert", et une commande du seigneur d’Usson de ce temps, Louis bâtard de Bourbon, mais sans plus approfondir cette hypothèse.
La composition est formée sur une horizontale. Au centre le Christ, main droite dressée, index et pouce pointés vers le haut ordonne à Lazare de se lever. Il est accompagné des sœurs du défunt, Marthe et Marie, et de deux disciples : Jean, le seul des quatre évangélistes à relater l’épisode, et Pierre qui délie les mains de Lazare. L’odeur dégagée par le cadavre est forte et les Juifs, vêtus de tenues chatoyantes, se pincent le nez. À gauche figure une église de style gothique flamboyant. À l’opposé, un rocher formé de trois blocs monolithes ferme la composition. Au second plan, une succession de collines creuse l’espace, rythmée par de puissants donjons et leur enceinte. Dans l’angle gauche un homme, entière ment vêtu de noir, est agenouillé en prière. Rien n permet de l’identifier, mais sa taille plus réduite, sa position en retrait et la trace de son écu évoquent la représentation d’un commanditaire. On revient alors à l’hypothèse Louis bâtard de Bourbon. Ce fils illégitime de Charles Ier duc de Bourbon et de sa maîtresse Jeanne de Bournan avait épousé la fille, également illégitime, de Louis XI le 26 novembre 1465. C’est à cette occasion qu’il avait reçu Usson. Épouser la fille du roi était une élévation sociale conséquente pour un bâtard, même issu de la famille ducale de Bourbon. Se voir décerner le titre de seigneur d’Usson n’avait rien d’anodin non plus : la châtellenie était une des principales places fortes de l’Auvergne et elle était l’enjeu d’importantes négociations entre les Bourbons et la couronne. Pour le comprendre, il faut revenir à l’épisode du Bien public. En 1465, Louis, assisté de ses frères, Jean II, Charles cardinal de Bourbon et Pierre de Beauieu, avait défendu vaillamment les intérêts des princes coalisés, au point d’attirer l’attention du roi. Celui-ci, inquiet de la montée en puissance de cette famille rivale, chercha à la contrer par une alliance avec l’une de ses filles bâtardes. Moins d’un mois après la signature du Traité qui mit fin à l’épisode du Bien public, le contrat de mariage fut négocié entre Louis XI et Jean II de Bourbon et les noces célébrées. S’ouvrait alors pour Louis une brillante carrière d’officier dans l’entourage royal au cours de laquelle, choyé par le roi, il s’enrichit considérablement. Ainsi Jeanne fut dotée de 40.000 écus d’or assortis d’une rente annuelle et perpétuelle de 6.000 livres tournois qui constituait son héritage. Son assiette était formée du revenu de diverses seigneuries, parmi elles figurait Usson. Dans cette perspective, l’épouse de Louis bâtard, d’un rang supérieur et qui lui apportait Usson par le mariage, devrait figurer à ses côtés sur le panneau de la Résurrection. Or seules deux femmes, les sœurs de Lazare, sont présentes à droite de la composition. Marthe se tient debout, les mains jointes, et devant elle est agenouillée Marie-Madeleine, de taille plus imposante et richement vêtue d’une robe de brocard. La pécheresse, dont les attributs sont bien reconnaissables, apparaît clairement en pendant du commanditaire, situe à l’opposé dans une position similaire. Faut-il alors reconnaître un portrait caché dans la figure de Marie-Madeleine, qui n’est pourtant pas la sainte patronne de Jeanne ? Il convient alors d’interroger d’autres particularités iconographiques intrigantes et, en particulier, la multiplication ou le choix des personnages, comme leur gestuelle appuyée qui utilise abondamment le motif de l’index pointé, pour désigner. Se démarquant des représentations habituelles de cette scène, seuls deux apôtres accompagnent ici le Christ. Ils sont reconnaissables à leurs caractères physiques : âge, chauve et barbu pour Pierre, jeune et imberbe pour Jean. Ils le sont aussi à leurs tenues, de strictes robes unies qui se distinguent de celles des Juifs, ornées de perles, de gemmes ou de détails précieux. Parmi ces derniers, à l’arrière-plan, l’attitude des deux vieillards à la barbe blanche s’avère singulière. Le premier, placé en retrait du Christ, désigne clairement de l’index le commanditaire et non Lazare comme on pourrait le penser au premier abord. À l’opposé, le second pointe quant à lui le rocher placé dans l’angle inférieur droit. Quelle signification revêtent ces gestes ?
Et que dire des deux jeunes garçons, à l’arrière-plan encore, vêtus à l’identique de pourpoints blancs et de chausses rouges : celui de droite accoste d’une main et montre de l’autre l’homme qui le jouxte, tout en baissant les yeux en direction de Marie-Madeleine ; le second pose la main sur l’épaule de son voisin comme pour le désigner à son tour. Plus que de simples témoins, ils semblent placés là à seule fin d’attirer l’attention du spectateur sur ces deux personnages, dont l’identité est tout aussi énigmatique.
Le premier homme ainsi signalé, à droite, est vêtu d’une lourde robe écarlate doublée de fourrure, sur laquelle est posé un camail moucheté, accessoire qui dans l’iconographie participe des attributs royaux. Il se détourne du Christ et de Lazare pour pointer du doigt, dans un même geste, le rocher et la pécheresse. Son importance dans la scène semble soulignée par le positionnement de la dalle du tombeau qui aboutit précisément à ses pieds.
Cette figure royale, Marie-Madeleine et le rocher pourraient renvoyer alors directement au récit de La Légende dorée, où Jacques de Voragine évoque les origines de Marie-Madeleine. Ses parents, Syrus et Eucharie, possédaient de nombreux biens qui avaient été divisés, à leur mort, entre leurs trois enfants. Lazare reçut une partie de la ville de Jérusalem, Marthe celle de Béthanie et Marie Madeleine la place forte de Magdala. La représentation ferait alors référence à ce partage. L’homme à la robe rouge et au camail moucheté serait Syrus. Il donnerait à sa fille, agenouillée devant lui, la place forte de Magdala, représentée ici sous la forme d’un rocher et désignée explicitement du doigt par le vieillard. Une telle hypothèse pourrait alors justifier le mouvement des regards et des index pointés.
Dans l’iconographie, Marie-Madeleine se distingue parfois par la richesse de ses vêtements. La référence à la place forte de Magdala en revanche ne se retrouve pas sur d’autres Résurrection de Lazare. Il s’agit donc ici d’une composition spécifique, probablement exécutée à la demande des commanditaires : elle est en l’occurrence, parfaitement compatible avec ce que l’on sait de l’érudition de Jeanne et son implication dans la réalisation de certains manuscrits. Le couple possédait d’ailleurs un exemplaire de la légende hagiographique qui avait été copié, en 1480, dans leur château de Montpensier et illustre par le peintre Evrard d’Espinques. Il s’agit de comprendre ce que cette iconographie toute particulière pouvait signifier dans le contexte historique particulier d’Usson : le château édifié par les comtes d’Auvergne, au sommet d’un neck volcanique à proximité du principal axe de communication reliant la Méditerranée à Paris, offrait au Moyen Age un intérêt stratégique majeur. Il avait été racheté par Jean de Berry, en 1387, qui à la place de l’ancienne bâtisse avait fait ériger une forteresse dotée de trois enceintes.
Entre 1483 et 1484, selon Baluze, elle était réputée comme "la plus forte place du royaume" et "le lieu capital du Comté d’Auvergne". Sa force défensive et sa situation privilégiée constituaient un moyen essentiel d’affirmer la puissance ducale sur une région difficile à soumettre. Usson n’était donc ni une résidence de plaisance, ni une source de revenus destinée à asseoir l’assiette de la dot de Jeanne : c’était un des lieux stratégiques majeurs de l’Auvergne. On peut s’interroger alors sur les raisons d’un tel cadeau à une fille bâtarde. En réalité, la châtellenie était convoitée de longue date par les Bourbons. Lorsque le duc Jean Ier mit la main sur l’Auvergne, en épousant Marie de Berry le roi Charles VI accepta l’annexion par cette famille mais à la condition gu’Usson, Carlat et Montferrand, en raison de leur situation stratégique, demeurent dans le domaine royal. Le parlement, qui en revanche voyait d’un mauvais œil l’appétence des Bourbons à former une vaste principauté au centre de la France, s’y opposa. En 1425 seulement, Charles VII accorda enfin l’Auvergne aux Bourbons, toujours amputée de Montferrand et d’Usson, où un bailliage royal fut mis en place afin d’y maintenir l’autorité royale. À Montferrand, les conflits permanents entre officiers royaux et ducaux ont montré à quel point la situation déplaisait aux Bourbons. On est peu documenté sur Usson mais, en tant que place forte, elle devait être tout aussi convoitée. Jean II l’avait placée en tête de ses revendications lors des négociations du Bien public. Louis XI était conscient du danger d’abandonner la forteresse à l’un de ses principaux opposants. C’est pourquoi il promit d’abord ; se rétracta ensuite et finit par choisir la voie du compromis. La manœuvre était habile. En rattachant Usson à la dot de sa fille, il se réservait le droit de la racheter à tout moment, elle devait aussi revenir à la couronne à son décès et en l’absence d’héritier légitime. Pour Louis bâtard c’était inespéré. Par ce geste le roi lui témoignait sa confiance et l’élevait au rang des favoris les plus choyés mais surtout il lui octroyait ce qu’il avait refusé à son frère le duc Jean II. Après soixante-cinq années de négociations, les Bourbons obtenaient enfin Usson, Jean II ratifia cet accord. Le choix de La Résurrection de Lazare, et surtout l’évocation inhabituelle d’un passage de Jacques de Voragine (la place forte de Magdala), permettrait-il de faire le parallèle avec le don de la forteresse royale à Jeanne bâtarde de France ? Les figures de la légende hagiographique abriteraient alors des portraits cachés : Marie-Madeleine pour Jeanne, Syrus pour son père Louis XI. Aucun portrait de Jeanne n’a été conservé et ceux du roi sont rares. Au demeurant, plus qu’une représentation exacte, c’est une figure royale qui semble avoir été choisie ici, comme le montrent des éléments de son costume : le camail moucheté, la robe d’écarlate et le bonnet de feutre gris. Ces derniers étaient très appréciés par Louis XI comme l’ont révélé les comptes de sa trésorerie. Ne faut-il pas s’interroger aussi sur les costumes des faire-valoir ? Le blanc et le rouge étaient les couleurs attribuées au roi par le héraut Berry. On sait aussi que le 13 août 1482, Jean de Doyat, gouverneur d’Auvergne, ordonna que tous les consuls, procureurs et gouverneurs des villes d’Auvergne s’habillent de drap mi partie blanc et rouge à la livrée du roi. La juxtaposition de ces couleurs relève-t-elle alors du hasard ou faut-il y voir un lien avec la figure royale ? La posture de cet étrange personnage retient également l’attention. Comment expliquer en effet qu’il se détourne du Christ pour regarder et désigner à la fois, de son index pointé, Marie-Madeleine et le rocher ? L’importance accordée à ce geste semble confirmée par l’examen du dessin sous-jacent, où un repentir du peintre permet de rallonger sensiblement le doigt. S’il peut sembler étrange aujourd’hui de désigner un rocher, cela peut s’expliquer par les particularités du lieu. En effet Usson est avant tout un "roc". La forteresse aux trois enceintes, réputée imprenable, était construite au sommet d’un mamelon rocheux formé de prismes basaltiques qui dominait toute la plaine environnante. Le dessinateur de l’armorial de Guillaume Revel a représenté l’affleurement pierreux entre les deux enceintes. Masqué en grande partie par la végétation aujourd’hui, il est bien visible sur des vues plus anciennes. La place du rocher dans la composition prend alors son sens. Elle répond à la figure de Louis XI qui en accordant sa fille en mariage à Louis bâtard, désigné ici par le vieillard ; lui ferait don de la place forte d’Usson.
Revenons maintenant au personnage placé à proximité du commanditaire et désigné par le second garçon qui pose lui-aussi la main sur son épaule. Comme pour le premier, cette mise en valeur par le geste suscite, elle aussi, une attention particulière. L’individualisation du visage et du costume évoque un nouveau portrait caché, et suggère de voir en celui-ci, plutôt qu’un Juif venu assister à la scène, un proche impliqué dans le mariage des époux. Il porte lui aussi un camail de fourrure, mais de taille plus réduite que celui du roi, peut-être pour souligner une hiérarchisation du titre nobiliaire. Il pourrait alors s’agir de Jean II. Son rôle dans les négociations qui suivirent la Ligue du Bien public justifierait sa place ici. À l’issue du premier accord, il avait obtenu la promesse de recevoir Usson. Mais, comme on l’a vu, le roi se rétracta et le donna à Louis avec la signature du contrat de mariage négocié par le duc. Quelques mois plus tard, le 18 mars 1466, il lui fit signer une ratification dans laquelle il en acceptait l’aliénation au profit de son frère illégitime. L’iconographie complexe de ce panneau a de toute évidence été soigneusement élaborée et relevait très probablement d’un prix-fait, destiné à définir les termes de la commande. Si intégrer des laïcs dans des scènes bibliques était courant en Italie, vers la fin du XVe siècle, cela l’était moins en France. Cependant il ne s’agissait pas ici, en se taisant représenter sous les traits d’un personnage pieux, d’intercéder pour gagner plus facilement son salut, mais bien d’utiliser l’histoire sainte à son profit. En effet, si la finalité de l’œuvre visait à enregistrer dans la mémoire collective le don de la vicomté aux Bourbons, c’est à un détournement de la légende hagiographique au profit d’un acte civil que l’on assisterait ici. Seul un commanditaire de haut rang pouvait avoir de telles prétentions. Il fallait aussi que la transaction revête pour lui une importance majeure, ce qui était le cas de la donation à Jeanne bâtarde de France et à son mari. On peut dès lors penser que la Résurrection de Lazare s’est accompagnée d’une fondation plus importante à l’église. L’absence de sources incite certes à la prudence mais l’édification de la chapelle, qui flanque l’extrémité du collatéral sud de l’église, pourrait être, d’après ses caractères stylistiques, contemporaine de la commande du panneau. Elle s’articule au chœur par une large baie en plein cintre, fermée autrefois par un grillage de fer, et par une porte en arc déprimé à moulures croisées dont les arcs retombent sur des bases buticulaires. Une porte basse, percée dans le mur sud, assure la communication avec l’extérieur. Ce qui la destinait, dès sa fondation, à la fonction de chapelle seigneuriale. Ses détails formels, voûte à liernes et tiercerons retombant sur des fûts à pénétration, plaident en faveur d’une construction vers la fin du XVe siècle, quand le couple possédait la seigneurie. Elle peut être rapprochée d’une chapelle édifiée dans l’église saint jean-Baptiste de Langeais et qui porte encore leurs armes à la clé de voûte. L’église flamboyante, représentée sur le retable, pourrait alors évoquer la fondation accomplie par les Bourbons. On sait également, par les visites paroissiales, que l’église détenait plusieurs reliques. Parmi elles figurait un morceau d’étoffe portant l’inscription : Miracula Beatae Mariae Virginis ainsi qu’un fragment de la Vraie croix. Serti dans un reliquaire cruciforme, couvert de lames d’argent, il était conservé dans la muraille du chœur du côté de l’Évangile. On connaît l’importance de cette relique pour les Bourbons. Elle participait de la construction d’une sacralité autour de la figure de la Vierge et de Saint Louis, dont ils étaient les descendants. Comme son père Charles Ier, ou encore son frère Jean II, et malgré sa bâtardise, Louis se réclamait de cette descendance royale. L’étude de sa sépulture, fondée dans l’église du couvent des Cordeliers de Valognes, a bien montré comment il cherchait à honorer la mémoire de ses ancêtres, et en particulier celle du duc Louis Ier. Le retable de La Résurrection de Lazare pourrait s’inscrire alors dans une fondation plus importante, incluant l’édification de la chapelle seigneuriale et le don de ces reliques sacrées. Une nouvelle piste de recherche s’ouvre donc avec l’étude architecturale de la chapelle gothique qui aurait été édifiée, dans le chœur de l’église, vers la fin du XVe siècle. Elle devrait permettre d’inscrire dans un spectre plus large la fondation par les Bourbons à Usson et d’affiner plus précisément sa datation.
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Les principaux axes de la recherche conduisent donc vers une commande par le couple, Louis bâtard de Bourbon et Jeanne bâtarde de France. L’intention pourrait être double, célébrer la donation d’Usson aux Bourbons, dans l’enthousiasme qui a suivi leur mariage et entériner les droits de Jeanne de France sur la seigneurie. C’est ce que semble révéler la mise en relation de l’iconographie et du contexte historique qui permet d’en mesurer tout l’enjeu. Pour l’appréhender, il était nécessaire cependant de connaître les modalités précises de la donation d’Usson aux époux, il fallait aussi maîtriser chaque détail de la légende relatée par Jacques de Voragine. Ce qui limitait grandement la compréhension de ce double-sens. Seul alors peut-être des membres de l’entourage royal ou encore ducal, avaient accès à cette lecture. (In La Lanterne d’Usson, Bulletin municipal, Janvier 2024)
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