Locmaria (Ile de Groix)

L’île de Groix [gʁwa] (du breton Enez Groe) est une île et une commune bretonne du département du Morbihan. Elle se trouve au large de la côte sud de la Bretagne, au nord-ouest de Belle-Île en Mer, dans l’océan Atlantique en face de Lorient. Elle constitue le canton de Groix ainsi qu’une commune (commune de l’Île de Groix). Elle est accessible par bateau au départ de Lorient et de Port-Louis. Historiquement, elle fait partie du pays vannetais et du Kemenet-Héboé.
On donne aussi aux Groisillons le nom plaisant de Greks, les Groisillonnes ayant autrefois toujours une cafetière (grek en breton) sur le feu pour réchauffer les pêcheurs de la famille à leur retour.
Cette île de 1.500 hectares, offre une grande diversité de paysages littoraux, cultivés ou sauvages. On peut ainsi découvrir les landes à bruyère des littoraux de l’ouest de l’île (Piwisi) ou les plages blanches et rouges de grenats de l’est de l’île (Primiture).

Toponymie
Groix : Attestée sous les formes Groë Insula en 1037, Groaye en 1357, Groys en 1370, Groye, Groy, Groyas, Groas. En breton Groe (prononcé grwé).
Son nom est issu du breton groa (« cordon (de galets)) », groa est formé sur la racine celtique graua qui donnera le « gravier ».
Dans les textes anciens Groix est appelé Ronech croy puis Croylan lan « terre habitée ».

Histoire

On divisait culturellement Groix en deux :
À l’ouest Piwisy (prononcer « puisi »), à l’est Primiture (prononcer « prumtur »).
Le parler y était du type bas vannetais "groisillon", avec des nuances sous-dialectales entre l’ouest et l’est mais l’île n’a jamais été divisée en deux paroisses et ne forme qu’une seule commune. Les services religieux étaient assurés par le clergé insulaire et par les moines bénédictins de l’abbaye Sainte-Croix de Quimperlé.
Les incursions scandinaves laisseront à Groix une tombe viking à barque incinérée dont le tumulus (17 mètres de diamètre) a été fouillé et détruit en 1906. Cette barque de 14 mètres de long contenait les ossements d’un chef, d’une personne de son entourage, d’un chien et d’oiseaux. Elle contenait aussi de nombreuses armes de tous types (épées, boucliers-pavois, hache, lance, flèches, couteau) et des jeux de société.

Groix a appartenu au Kemenet-Héboé, machtiernat puis seigneurie centrée à Hennebont, qui passera ensuite à la famille de Rohan, jusqu’à la Révolution.

L’existence de fossés défensifs et de palissades à Kervedan (lieu-dit du « Camp des Romains ») indique de possibles luttes contre des envahisseurs venus de l’extérieur de l’île dès l’âge du fer.
À l’époque des incursions des Vikings, les reliques de saint Gunthiern, de saint Guénolé et des saints Paulennan, Symphorien, Trénennan, Guédian, Guénael, Isunet et autres saints ont été cachées à Groix. Elles furent redécouvertes vers 1069. (d’après B.Yeurc’h, Le Mene, 1878)
Au XVIIe siècle, Groix a fait périodiquement l’objet de pillages et d’attaques de toutes sortes, principalement de la part des marines anglaises et hollandaises. Malgré la création de la ville de Lorient et de la Compagnie des Indes, il faut attendre 1744 pour qu’une première structure défensive soit construite sur l’île. Plusieurs autres suivront, jusqu’à l’occupation allemande au cours de la Seconde Guerre mondiale.
Aux XVIIIe et XIXe siècles, la portée des canons ne permet pas d’atteindre les bateaux navigant dans les Coureaux. Tout au plus permettent-ils de défendre les bateaux mouillant à l’abri de l’île. Les ouvrages défensifs ont donc joué un rôle mineur dans la bataille de Groix qui opposa le 23 juin 1795 les flottes française et britannique.
Étant un lieu stratégique, Groix a depuis longtemps abrité un stock important de munitions notamment au lieu qui porte encore le nom de « Kermunition », lequel abritait en 1906, 16 maisons où logeaient 21 ménages (89 personnes au total), et qui dans les années 2000 fait l’objet d’un nouveau projet de lotissement et de route.
À proximité de l’île de nombreux stocks de munitions ont été jetées en mer entre 1914 et les années 1970, dont on peut craindre qu’elles libèrent peu à peu leur contenu toxique (dont le mercure du fulminate de mercure des amorces).

Locmaria

Sur l’île de Groix, les principaux villages sont Port-Tudy, le Bourg et Locmaria. Les autres villages sont une myriade de lieux-dits, partout sur l’île, sur la côte ou à l’intérieur. Des villages au charme authentique, aux petites ruelles fleuries, aux petites chapelles.

Toponymie
Locmaria : du breton lok, « lieu consacré, ermitage, monastère » et Maria, « Marie ». Soit « lieu consacré à Marie », en référence à la Vierge.

Chapelle Notre-Dame de Plasmanec

Toponymie
Plas : du breton plas, « place, cour, demeure seigneuriale », mais dans la toponymie religieuse désigne un « enclos, emplacement consacré ».
Manec : issu de manac’h, « moine ».
Plas-Manec se traduit par « la place des moines » ou « l’emplacement du moine ».

Notre-Dame de Plasmanec : Bois, peint (polychrome) du XIXe siècle

La Vierge, debout, les bras écartés, émerge d’une grande couronne végétale.

Notre-Dame de Plasmanec : Bois, peint (polychrome) du XIXe siècle

La Vierge lève la main droite et s’appuie de l’autre sur une ancre marine.

Saint joseph et l’Éducation de la Vierge
Croix de procession
Tableau ex-voto Naufrage de la chaloupe des douanes
Peinture, 2e quart, XIXe siècle


Naufrage de la chaloupe des douanes, 1826, par Dussault (Groix, chapelle Notre-Dame de Plasmanec)

« Monsieur le Sous-Préfet, l’épidémie de typhoïde qui règne dans plusieurs villages de l’île de groix ayant fait de nouveaux progrès (…) Cette île étant presque sans communication avec le continent pendant l’hiver, Monsieur melieval, Inspecteur divisionnaire des Douanes au Port-Louis me sachant en fonction de Médecin des épidémies, avait eu la bonté de donner l’ordre au lieutenant de douane à groix, de mettre à ma disposition, pour effectuer mon retour au Port-Louis, la chaloupe consacrée au service de la douane armée de 4 hommes auxquels s’était joint un marin passager nommé baron.

Nous avons quitté l’île de groix, vers 4 heures du soir, hier dimanche 4 courant, ayant le vent et la marée favorables. Nous avons ainsi heureusement navigué pendant une heure, quand nous avons été surpris par le calme au milieu des courreaux (…) Nous ignorions totalement notre position quand l’orage, précédé d’une pluie abondante et suivi d’un vent impétueux, a fondu sur nous avec une extrême violence. Le pilote avait, par prudence, amené la grande voile et nous courions au hasard sur notre misaine quand tout à coup notre chaloupe a été jetée en travers sur des rochers qu’aucun brisant n’avait annoncés et qui nous étaient à tous absolument inconnus.

Je ne pourrais vous dépeindre l’horreur de notre position (…) C’est en vain que nous redoublions d’efforts pour nous sortir de cette horrible situation ; chaque flot nous y enfonçait davantage, les cris de deux malheureuses que nous avions à bord augmentaient encore l’effroi de cette scène horrible. Notre gouvernail était démonté ; nous n’avions plus qu’un aviron, les deux autres venaient d’être emportés ; la carcasse de la chaloupe s’entrouvrait par le fond (…) nous nous aperçûmes que l’eau entrait avec rapidité par tous les endroits enfoncés de la chaloupe.

C’’est alors que nous hissâmes une voile pour courir vers une lumière, que nous apercevions au loin, sans savoir si elle était sur la côte Est ou Ouest, car l’obscurité était telle qu’elle ne permettait à personne de se reconnaître (…) Ne pouvant plus étancher nous décidâmes alors de nous jeter à la côte dans l’endroit le moins défavorable, s’il était possible, à l’embarcation, et qui pût nous offrir le plus de chance de salut.

La Providence ayant permis que sans gouvernail nous ayons évité une énorme roche, la chaloupe s’est échouée du devant sur un fond de sable ; nous nous mîmes à l’eau et, grâce à Dieu, personne n’a péri, les deux femmes ayant été également sauvées (…). Quand le jour est venu, nous avons reconnu que les rochers sur lesquels nous avions d’abord touché n’appartenaient pas à la terre, et que le flux de la mer les recouvrait à chaque marée. Dans ce moment, la mer devant encore monter près de trois heures, notre perte était d’autant plus probable que l’eau nous gagnant, nous n’aurions pu savoir de quel côté essayer de nager. »

Extraits du rapport lestrohan d. m. (Médecin des Épidémies de l’Arrondissement au sous-préfet de Lorient, le 6 décembre 1825) (In fiche signalétique du tableau)

Les autres chapelles de Groix

La Trinité : chapelle Sainte-Anne
Le Méné : chapelle Notre-Dame du Calme
Quelhuit : chapelle Saint-Léonard

Articles publiés dans cette rubrique

lundi 22 septembre 2025
par  gs

Les saints Roch de Locmaria (île de Groix) Morbihan

Les saints Roch de Locmaria de l’île de Groix en la chapelle Notre-Dame de Plasmanec
Dénomination de l’objet : Groupe sculpté
Titre courant : Groupe sculpté : Saint Roch et l’ange
Localisation : Bretagne ; Morbihan (56) ; Groix ; chapelle Notre-Dame-de-Plasmanec
Lieu-dit : Locmaria (…)

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