L’artiste et la légende
Les dictons de saint Roch
- « C’est saint Roch et son chien » ou « Qui aime saint Roch, aime son chien » de deux personnes inséparables.
- « Peigné comme saint Roch » de quelqu’un de mal peigné.
- « La saint Roch annonce le temps d’automne »
- « À la saint Roch, les noisettes on croque »
- « À la saint Roch, grande chaleur prépare vin de couleur »
- « Après la saint Roch, aiguise ton soc et chausse tes sabots »
pour les laboureurs car le moment est venu pour eux de préparer les labours pour les semailles d’automne.
- « Qui voit saint Roch, voit bientôt son chien »
de deux personnes qui toujours se suivent.
- « À la saint Roch, à ta quenouille file gros »
- « Être comme saint Roch en chapeau »
pour dire qu’on est abondamment pourvu d’une chose, qu’on en a plus qu’il n’en faut.
- « Et par saint Roch vive la cyno »
la phrase qui vient clôturer un discours avant de commencer un repas ou prendre un pot dans le milieu de la cynotechnie militaire.
Saint Roch et les herbes miraculeuses
Saint Roch était surtout célébré dans nos campagnes pour la protection des troupeaux.
On fêtait le saint patron du bétail et de la volaille le 16 août qui était férié pour les animaux. Et ce jour là, personne ne devait lier les animaux.
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Et, étant très malade et presque boiteux, il retourna auprès de saint Pierre dans les bois. Nombreux furent ceux qui, ayant entendu dire qu’il se trouvait avec saint Pierre dans la vallée désertique, vinrent à eux et les trouvèrent tous auprès de lui. Devant eux, il accomplit des miracles. Les bêtes sauvages qui erraient dans les bois, quelles que soient leurs blessures, maladies ou enflures, accouraient aussitôt vers saint Pierre. Guéries, elles inclinaient la tête avec respect et reprenaient leur chemin. |
- L’aunée
Selon la tradition dans nos campagnes françaises, après la prière commune et l’eucharistie, on cueillait l’aunée, des fleurs jaunes dites ’herbes de Saint Roch’.
Une fois bénie, on les donnait à manger au bétail pour les protéger des maladies contagieuses et on en plaçait un bouquet dans l’étable et la bergerie.
L’herbe bénie protégeait aussi les paysans eux-mêmes et il était de coutume d’en suspendre à la porte de la maison pour attirer la protection divine et de la prévenir de l’incendie, de la grêle, de la foudre et autres calamités.
Légende
Autrefois, cette plante n’était pas seulement réputée pour ses propriétés médicinales : la légende raconte que la belle Hélène en tenait une branche à la main lorsqu’elle fut enlevée par Pâris (d’où son nom scientifique : Insula helenium).
Symbolisme
Dans la symbolique chrétienne, elle est associée, en raison de ses pouvoirs médicinaux, à la guérison des péchés.
« L’Inula résiste au poison, éclaire la poitrine malade et donne au cœur joie et plaisir. Celui qui aime la parole de Dieu et son église, qu’il traverse sans peine la vallée des soupirs de la vie… » (Hohberg, 1675)
- La cardabelle
Son nom serait tiré de Charlemagne guérie de la peste par cette plante : « de ceste herbe son exercite fut gueri de la peste » (cité dans le Littré).
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Les Représentations
- Saint Roch est quasiment toujours représenté en compagnie du chien qui lui apportait les nourritures terrestres, le pain, lorsque, réfugié dans la forêt, il était atteint de la peste.
- Dans les plus belles représentations, il est aussi accompagné de l’Ange qui lui prodigue les nourritures célestes, l’eau d’une source pour étancher sa soif et soigner sa blessure.
- En l’église de Soubrebost, il en va tout autrement : Fait rare, voire exceptionnel, Saint Roch n’est accompagné ni de l’ange, ni du chien et, de plus, il remonte le pan de sa robe quasiment jusqu’à l’aine : le bubon de la peste a disparu. Généralement il ne dévoile que le haut de sa cuisse pour montrer sa plaie.
Est-ce dire qu’il affirme sa guérison d’une part et son autonomie de l’autre, puisqu’il n’a plus besoin ni du secours terrestre, le pain apporté par le chien, ni du secours céleste, les soins apportés par l’ange ?
"Seul Dieu peut dévoiler sa jambe ou permettre à ses Saints de le faire", disent les textes.
Le Saint Roch de Soubrebost (Creuse).
Ces deux images illustrent le chemin de l’être humain qui, coupé de la Source de Vie par un ego séparateur, souffre la maladie et la mort, les pires pestes étant non celles du corps mais de l’âme.
Assumant la Matière, rétablissant le lien entre les énergies telluriques, terrestres, les nécessités du corps, et les énergies célestes, cosmiques, la vie de l’Esprit qui les féconde, l’humain est en voie de réalisation pour atteindre à l’Homme Parfait (c’est-à-dire “ fait par ”) à l’image du Créateur.
"Qui suis-je sur le Chemin ? Je suis une parcelle de la matière engendrée à l’Autonomie de la Conscience…".
- Parfois, par pudeur, la plaie transparaît sous le vêtement qui cache la cuisse.
Comme le Saint Roch du monastère Sainte Claire de Perpignan (Pyrénées Orientales).
- Saint Roch porte le plus souvent les attributs du pèlerin de Compostelle (au minimum, la coquille).
Ici Saint Roch de Solignat (Puy de Dôme).
- Il paraît toujours accompagné du chien portant dans la gueule le fameux pain quotidien qui rappellerait peut-être celui du Pater Noster : « Donnez-nous aujourd’hui notre pain quotidien ».
Ici Saint Roch de Saint Christophe d’Allier (Haute Loire).
- On le voit aussi en compagnie de l’ange et du chien.
Ici Saint Roch de Nohanent (Puy de Dôme).
- Rarement seul.
Ici Saint Roch de Clamecy (Nièvre).
- Exceptionnellement (Rencontré une fois).
Ici Saint Roch de Bastia (Corse).
- Entouré d’une profusion d’angelots.
ou ici le Saint Roch de Neussargues-Moissac (Cantal)
- Visage fermé et déroutant, masqué (?) consultant un ouvrage (de médecine ?).
Et même sur les portes d’entrée.
- Ici au 82 rue de l’Hôtel de Ville à Paris à la "Maison Association ouvrière des compagnons du devoir du Tour de France".

