Les saints Roch de Venise (Italie)

vendredi 25 novembre 2022
par  gs
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Le saint Roch de Burano

en l’église Saint-Martin.

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Les saints Roch en la sacristie de la Santa Maria della Salute (Sestiere Dorsoduro).

Les Saints Roch, Sébastien et Jérôme de Gerolamo da Treviso

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Le saint Roch de San Salvador (Sestiere San Marco).

PNG - 4.7 ko Le saint Roch de San Giogio Maggiore sur l’île de Giudecca

PNG - 4.4 ko Le saint Roch de San Eufemia sur l’île de Giudecca

1480-Bartolomeo Vivari.

PNG - 4.4 ko Les saints Roch de la Scuola Grande di San Rocco (Sestiere San Polo)

Saint Roch en gloire, Huile sur toile, Le Tintoret, 1564.

Comme en témoigne Giorgio Vasari en 1568, sur la base d’informations précises obtenues lors de son séjour à Venise en 1566, le grand ovale surplombant la Salle de l’Albergo est le tableau que le 22 juin 1564 Le Tintoret plaça au centre du somptueux plafond sculpté et doré, sans en soumettre une esquisse ainsi que l’exigeait le concours organisé par les conseillers de la Scuola di San Rocco réunis le 31 mai 1564 pour en rédiger le règlement et auquel Salviati Le Jeune, Paul Véronèse et Federico Zuccari avaient également participé. Le Tintoret avait pris au dépourvu aussi bien les commissionnaires que les autres participants au concours, suscitant un tollé général dans les milieux artistiques vénitiens et attisant les ressentiments des responsables de la Scuola. En effet, selon les faits rapportés par Vasari, ces derniers étaient particulièrement en colère après l’artiste, car « ils avaient demandé des esquisses, non un tableau terminé », Le Tintoret leur aurait répondu que c’était ainsi qu’il travaillait, qu’il ne savait pas faire autrement, et que les dessins et les modèles des œuvres devaient être réalisés de cette manière pour ne tromper personne ; et enfin, que s’ils ne voulaient pas lui payer ce tableau et le travail qu’il avait requis, eh bien, il leur en faisait cadeau. Ce disant, bien que très contrarié, c’est ce qu’il fit, son œuvre étant encore là où il l’avait placée. L’acte de donation de la toile du Tintoret est daté du 22 juin 1564 et celui par lequel la confrérie annule le concours est du 29 juin de la même année.

En représentant dans cet ovale Saint Roch, Dieu le Père et des anges par une contre-plongée fortement suggestive, Le Tintoret, artiste de talent consommé fait montre d’une habileté acquise à l’occasion de nombreux exploits analogues. En particulier, la figuration de Dieu le Père tombant tête la première rappelle le style de Michel-Ange par sa puissante structure plastique, peut-être atténuée, comme le suggère Schulz par les fresques inspirées de Michel-Ange réalisées par le Pordenone dans la coupole de l’église Saint-Roch, aujourd’hui malheureusement perdues.

Sans renoncer à son répertoire de foudroyants raccourcis, contre-plongées, mariages de tons contrastés et d’éclat orchestré des couleurs, tissé de chatoiements raffinés, Le Tintoret semble vouloir prouver qu’il est capable d’offrir des exemples de décoration non moins somptueux que ceux dans lequel s’était affirmé Paul Véronèse, nouvelle étoile de la peinture vénitienne. (In La Scuola Grande di San Rocco, Francesco Valcanover, Lineadacqua, 2021)

Apparition de Saint Roch, huile sur toile, 1588. Datable de 1588, comme La Visitation, qu’on peut admirer sur le palier du Grand Escalier, ce retable fut réalisé avec la participation de collaborateurs, comme il a été possible de le découvrir lors de sa restauration en 1967.

En particulier, du fils du Tintoret, Domenico, qui aida son père dans cette œuvre, et à qui nous devons d’ailleurs très certainement la création, concrétisée par la présence presque encombrante, en haut, au milieu des nuages. de saint Roch, qui surplombe ses adorateurs. (In La Scuola Grande di San Rocco, Francesco Valcanover, Lineadacqua, 2021)

Saint Roch et Saint Sébastien, huile sur toile, 1578-1581. Avec la lumière pour complice, les saints sont représentés avec force, montrant leur puissante structure physique, par des détails plastiques et un jeu habile des valeurs tonales, comme le souligne de Tolnay, de sorte que les deux saints semblent vraiment des « spectateurs pris » dans le mur qui fait face à l’autel, regardant ce que Le Tintoret a représenté sur le plafond et le long d’un mur de la Salle, qui reflète tout le sens de « Scuola de la “connaissance de Dieu” au sens religieux et extatique ».

Peter Eikemeier a attribué cette œuvre à Domenico Tintoretto, mais sa restauration, en 1971, n’a rien confirmé de tel. (In La Scuola Grande di San Rocco, Francesco Valcanover, Lineadacqua, 2021)


Dans la tradition les deux saints sont le plus souvent représentés ensemble. Sébastien martyrisé au IIIe siècle n’a pas contracté la terrible peste et depuis il est invoqué à titre de prévention contre la Peste.
Saint Roch a contracté la Peste et est invoqué pour guérir de la Peste et en vue de mettre fin à la peste.
Saint Sébastien patron des archers dont on dit que "la peste se répand plus vite que les flèches de saint Sébastien" et toujours représenté avec un nombre impair de flèches.

Considéré comme l’un des principaux défenseurs de l’Église, ainsi que le co-patron de Rome après Pierre et Paul, Saint Sébastien est une figure dominante du monde religieux et artistique.

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Œuvre en bois de Giovanni Marchiori, Saint Roch et Récits de sa vie (1741-1743), sculptée dans les portes des cabinets latéraux du maître-autel de la salle capitulaire, est d’un tout autre ton. Les vingt épisodes, entrecoupés de quatre tableaux représentant les Vertus, sont accompagnés de parchemins avec des versets bibliques. Le but de l’ouvrage, le premier qui illustre ici en détail la vie terrestre du patron, est celui de démontrer sa sainteté grâce aux miracles qu’il accomplit dans la vie. Ceci est garanti par la double apparition dans les dernières portes de la tablette trouvée à côté de son corps. L’épigraphe, avec le nom de Roch à invoquer, constitue la déclaration, le document écrit de provenance divine, qui certifie sa sainteté, malgré l’absence de toute reconnaissance par l’Église. Cela n’est jamais arrivé, bien que de nombreuses reconnaissances aient été faites dans les décennies suivantes.

Saint Roch en gloire, huile sur toile, 1754. Ce tableau décore le plafond de la Chancellerie de la Scuaola a été commandé à Giuseppe Angeli par le Guardian Grande Antonio Bianchi en 1754 et achevé avant le 18 septembre de la même année.
Si dans la fluidité de sa composition, cette œuvre semble inspirée de Tiepolo, elle montre pourtant la douceur de la palette argentée caractéristique de l’élève de Piazzeta, qui s’harmonise à la perfection avec la richesse, typique du XVIIIe siècle, des stucs de Carpoforo Mazetti Tencalla dans lequel elle est insérée. (In La Scuola Grande di San Rocco, Francesco Valcanover, Lineadacqua, 2021)

Saint Roch, huile sur toile, 1640. Indiqué par les sources du XVIIIe siècle dans la petite salle de la Chancellerie, cette toile du peintre génois Bernardo Strazzi, arrivé à Venise vers 1630, qui contribua, avec Fetti et Liss, à rénover la morne peinture lagunaire des premières décennies du XVIle siècle, est représentative du pictorialisme, riche en effets chromatiques, inspiré de Rubens.
Datable vers 1640, au cours des dernières années de l’activité vénitienne de l’artiste (1633-1644), ce Saint Roch ne fut pas commandé au peintre directement par la Scuola, mais acheté, en 1771, « pour être exposé et conservé à la Chancellerie », en complément de la décoration de la petite salle rénovée depuis peu. (MACMW). (In La Scuola Grande di San Rocco, Francesco Valcanover, Lineadacqua, 2021)

La crucifixion avec la Vierge Marie, huile sur toile, 1752 par Giuseppe Angeli. (In Saint Roch, Venice and the Plague, Antonio Manno, Marsilio, 2015)</font

PNG - 4.4 ko Les saints Roch de la Chieda di San Rocco (Sestiere San Polo)

Saint Roch au fronton de l’église.
San Rocco guérit les victimes de la peste par Giovanni Maria Morlaiter En façade de l’église.
Les reliques Saint Roch. 31 mars 1520, a eu lieu le transfert solennel de la relique du corps de Saint Roch qui repose dans le tombeau-retable surmonté d’une statue de Pietro Bon.
Ex-voto à Saint Roch.
Saint Roch frappé par la peste, Le Tintoret, 1549
Saint Roch guérissant les pestiférés, Le Tintoret, 1549
Saint Roch guérissant les animaux, Le Tintoret, 1549
Saint Roch capturé à la bataille de Montpellier, Le Tintoret, 1549
Saint Roch faisant l’aumône aux pauvres avant d’entreprendre le pèlerinage à Rome, dans une composition dramatique de style entièrement baroque : le saint apparaît en haut d’un escalier en forte perspective, bondés d’hommes, de femmes, et d’enfants, tous en attente de bénéficier de sa générosité par de Giovanni Antonio Fumianidi.
Saint Roch en prison visité par l’ange, Le Tintoret, 1549