Sayat

Située dans une vallée et en zone de montagne, la commune de Sayat offre un espace préservé et une nature aux multiples visages : rivières, forêts épaisses, prairies verdoyantes, terres arboricoles, vignes, omniprésence de l’eau, le tout au pied des volcans.

Situé au Nord-Ouest de l’agglomération clermontoise, le territoire de Sayat s’étend sur une superficie de 829 hectares sur les contreforts du Parc Naturel Régional des Volcans d’Auvergne. Avec son point culminant à 818 mètres d’altitude, la commune de Sayat est classée dans sa totalité en zone de montagne.
L’habitat se répartit entre deux pôles : celui du bourg de Sayat (1650 habitants) et celui d’Argnat (650).
Commune d’accueil de la fromagerie Dischamp, des ateliers de maroquinerie Hermès et des éditions De Borée, Sayat vit au rythme du développement durable impulsé par la communauté de communes Volvic Sources et Volcans.

Histoire
Le site de Sayat a été habité dès la période préhistorique comme en témoignent les outils en os et pierre trouvés dans une grotte entre Sayat et Blanzat et qui sont exposés au musée Bargoin de Clermont-Ferrand.
La période gallo-romaine vit les premiers hameaux s’établir sur le terroir de Féligonde près de deux belles sources (en latin Felix Onda : « la source heureuse »). Des sarcophages en domite (roche volcanique gris clair, variété de trachyte qui constitue le Puy de Dôme) ainsi que des monnaies romaines ont été découverts dans cette zone. Les traces de ces villages sont très visibles et d’après une tradition orale, ils auraient été abandonnés lors des grandes épidémies de peste du 14ème siècle.
Les survivants allèrent défricher le vallon où se trouve maintenant Sayat. Ils disposaient de sources très abondantes, capables de faire mouvoir des ateliers artisanaux (moulins à grain et à huile, foulons pour le traitement des laines). L’omniprésence de l’eau et la forte dénivellation permirent la création de 17 chutes et autant de moulins, ce qui modifia considérablement les conditions d’existence. Les habitants passèrent d’une économie purement agricole à un artisanat qui améliorait la vie quotidienne.
La culture du chanvre dans les bonnes terres, son traitement dans les Rouissoires, son tissage par de très nombreux métiers fabriquant des toiles rugueuses et inusables occupèrent aussi les Sayatois pendant des siècles. Vers 1900, il existait encore des tisserands rue des Moulins ou rue des Thissets.
Le château de Féligonde, d’abord maison forte, puis transformé et embelli sous Louis XIII, eut de nombreux démêlés avec le puissant voisin de Tournoël (sur les terres de Volvic) et son propriétaire le vendit à Mathieu Pélissier, Echevin de Clermont, vers 1630. Ses descendants l’occupent toujours. Son histoire et celle de Sayat se confondent jusqu’à la Révolution et même au-delà.
Sous l’Ancien Régime, Sayat dépendait de la paroisse de Saint Vincent les Blanzat, l’actuelle commune voisine de Blanzat. Au milieu des années 1700, les Sayatois exprimèrent leur souhait de bâtir leur propre église. Erigée en commune en 1776, Sayat obtint l’autorisation de l’évêque de Clermont et du seigneur de Tournoël pour construire son église en 1787 : les travaux s’achevèrent en 1789, en pleine Révolution française.
En 1834 Blanzat récupéra une partie des terres sayatoises en échange des villages d’Argnat et du Mas d’Argnat qui furent rattachés à la commune et à la paroisse de Sayat. Ils constituent maintenant une section communale. Sur le territoire de cette section, une source débite en moyenne 3.317.801 m3 d’eau potable par an, soit environ 50% des ressources exploitées par le Syndicat Intercommunal d’Adduction d’Eau de la Basse-Limagne qui alimente 44 communes et environ 80.000 habitants.
Au cours du 19ème siècle, la révolution industrielle obligea la plupart des ateliers, moulins, tissages, fabriques de draps, à fermer. Vers 1890, la crise du phylloxéra ruina les paysans. Sayat semblait alors s’acheminer vers le déclin mais le voisinage de Clermont-Ferrand et de ses usines redonna vie à la commune. Grâce à l’urbanisation très poussée de la banlieue clermontoise, Sayat se développa.
Puisée entre les roches des coulées volcaniques, l’eau du captage d’Argnat qui alimente 44 communes est similaire à l’eau de Volvic.
Fin 2002, Sayat s’est regroupée avec les communes de Chanat la Mouteyre, Charbonnières-les-Varennes, Châtel-Guyon, Saint-Ours et Volvic au sein de la communauté de communes Volvic Sources et Volcans, qui s’est élargi à Pulvérières en janvier 2008. Situées dans le Parc Naturel Régional des Volcans d’Auvergne, ces sept communes dont la ressource en eau et la forêt sont deux des principaux pôles fédérateurs, constituent la majeure partie de la « couronne verte » de l’agglomération clermontoise.

Ancien village vigneron, la commune a néanmoins conservé ses nombreuses terres arboricoles qui produisent pommes, châtaignes et noix. A ce jour, Sayat perpétue sa vocation artisanale : une minoterie est toujours en activité, et trois des anciens moulins existent toujours en plein centre bourg, dont deux sont intégralement restaurés et accueillent des animations.

Église Saint Vincent et Saint Roch

Les 2 saints patrons sont représentés sur le blason de Sayat : la tête de chien tenant dans sa gueule un pain attribut de Saint Roch et une serpette, outil de vigneron, attribut de Saint Vincent.

Au 18ème siècle, Sayat voulut s’affranchir de la paroisse de Saint Vincent les Blanzat pour bâtir sa propre église communale. C’est en 1789, alors que la France vivait sa Révolution, que les travaux de l’église Saint-Roch furent achevés.

Néo-romane : Édifice élancé construit sur une butte, son architecture évoque l’art roman

Histoire de l’église
L’église est l’héritière d’une église plus ancienne des 10ème et 11ème siècles, située à mi-chemin entre le bourg de Blanzat et le hameau de Sayat, sur le plateau Saint Vincent, d’où son nom primitif : Saint Vincent les Blanzat.
Il, s’agissait probablement d’une église de taille moyenne d’aspect trapue rustique, coiffée d’un clocher à peigne supportant deux cloches.
Au 14ème, la paroisse Saint Vincent lès Blanzat fut érigée en doyenné et placé sous la dépendance de l’Abbaye de Saint Alyre.
Le territoire de cette paroisse qui desservait tous les villages et hameaux des alentours de Blanzat à Sayat, Chanat et Argnat était très étendu, aussi les paroissiens de Blanzat et de Ceyre utilisaient-ils la chapelle du château.
Au 18ème siècle, l’église était pratiquement tombée en ruines et inutilisable, faute d’entretien. Aussi à la demande des habitants de Sayat, l’évêque de Clermont et le seigneur de Tournoël, prirent la décision de transférer l’église Saint Vincent au bourg de Sayat, décision officialisée par les ordonnances des 25 mai et 4 juin 1787.
Les matériaux de l’église Saint Vincent déjà en partie détruite, furent récupérés pour la construction de la nouvelle église.
Les vases sacrés et les ornements sacerdotaux furent mis en lieu sûr et les cloches transportées à Sayat.
Construction de l’église
Les habitants du village se mirent aussitôt à l’ouvrage.
Les 10 février et 18 septembre 1788 les conventions sont passées avec le maître d’œuvre, le sieur Legay de Riom et les « Maîtres tailleurs de pierre » de Volvic Annet et Antoine Fretaud et Priest Laurent.
Cahier des charges :
Superficie totale et alentours : 1500 m2
Eglise : L : 20 m ; l : 8 m
Le clocher (à peigne) sera placé à l’ouest et la porte d’entrée au nord.
Entre 1789 et 1880 divers travaux de réparation sont entrepris.
Un escalier en pierre conduisant au presbytère.
En 1834, le village d’Argnat est rattaché à la paroisse de Sayat.
Entre 1880 et 1886, l’ancien clocher à peigne en très mauvais état est remplacé, en 1882, par un clocher moderne et plus important, le clocher actuel et une tribune qui peut contenir les 1150 paroissiens.
De 1886 à nos jours. Les 9 curés qui se sont succédé, ont effectué de nombreux travaux d’aménagement et de décoration.
(Sources : d’après un document aimablement fourni par la paroisse.)

Extérieur

L’entrée principale se trouve au nord, ce qui n’est pas coutumier.
Le clocher, qui surplombe le vieux quartier aux ruelles étroites, a la particularité d’être bâti uniquement en pierre de Volvic : le toit remarquable, en pierre lui aussi, était surmonté d’un geai en hommage au premier maire de la commune, le docteur Philibert Jay. L’église ayant été intégralement restaurée en 2008, un geai a été replacé au sommet du clocher.
Le clocher se termine par un polygone surmonté d’un lanternon qui contient les deux cloches.

La façade ouest qui supporte le clocher est percée d’un oculus sous lequel se trouve une vierge couronnée présentant l’Enfant Jésus au monde. (1881, pierre de Volvic).

Intérieur

L’édifice est entièrement couvert d’une voûte d’arêtes.
La porte nord s’ouvre sur la nef unique qui conduit au chœur légèrement surélevé.

Au-dessus de l’entrée : la tribune dont les boiseries ont été récemment rénovée.

Martyre de Saint Vincent.

Elle est éclairée, au centre, par une rosace et latéralement par deux vitraux circulaires à la gloire du Sacré Cœur de Jésus, rappelant les souffrances de la Passion par amour pour l’Humanité.

  • L’abside et le chœur

    L’abside est entourée de boiseries rénovées auxquelles s’adossent des stalles.
    Les boiseries se prolongent tout autour de la nef.
    Elle est éclairée par un ensemble de 3 vitraux :
    Au centre : la Transfiguration : le Christ entouré de Moïse et d’Elie apparait aux apôtres dans une gloire de lumière éblouissante.
    Vitrail signé : Baratte atelier de Clermont-Ferrand.
    De part et d’autres : les Evangélistes : Saint Luc et Saint Marc.
    Les murs latéraux sont percés de deux vitraux :

    A gauche, la Cène
    A droite, l’Ascension (Signé Baratte)

Au centre du chœur : l’autel en marbre dont le tombeau est orné de l’Agneau sur le Livre aux sept sceaux (Apocalypse).

De chaque côté du vitrail central

A gauche, Saint Vincent
Hagiographie de Saint Vincent
Diacre de Saragosse, martyr à Valence (✝ 304)
La vie du patron des vignerons s’est tellement améliorée au cours des temps qu’il est difficile de démêler l’histoire de la légende. Trois faits sont historiques : il était diacre ; il sut dominer les plus cruels supplices et, malgré ses souffrances, il chantait, riait et répondait avec humour aux humeurs de son tortionnaire.
Vincent offre le modèle accompli du service dans l’Église : ministre de l’évêque pour l’offrande du sacrifice et le gouvernement de la communauté, le diacre doit l’accompagner aussi à l’heure suprême du témoignage. Son culte, très répandu dans les pays de vignobles, le fut également à Viviers, où la Cathédrale lui fut dédiée dès le 6ème siècle.
Au cours des années 304 et 305, plus d’un millier de chrétiens périront en Espagne sous la torture.
Dans la persécution de Dioclétien, en 304, avec son évêque Saint Valère, il fut conduit à Valence, et là, après avoir subi la prison, la faim, le chevalet, des plaques brûlantes, il s’envola au ciel, vainqueur, pour recevoir la couronne du martyre
Le martyre de Vincent a été rapporté très tôt par le poète Prudence (348 - v.415) dans son ouvrage « La couronne des martyrs ».
Son culte s’étendait à la totalité de l’empire romain dès l’époque de Saint Augustin (354-430).
L’iconographie le représente, en habit de diacre portant l’évangéliaire (proclamé par lui au cours de la messe) et la palme du martyre. Il est entouré de deux ceps de vigne.

A droite, Saint Roch (portée en procession par les conscrits le jour de la fête du village.)
A l’entrée du chœur, à gauche, un lutrin en bois ciré et à droite, une grande vasque en pierre de Volvic qui provient probablement de l’ancienne église.

  • Mobilier
    • Vitraux

      De gauche à droite : Marie reine du monde tient un globe que bénit Jésus (atelier Champrobert Clermont)
      Le Christ Roi.
      Sainte Madeleine (atelier Félix Gaudin Clermont-Ferrand).

    • Peinture
      Tableau fin 17ème ou début 18ème siècle « L’Assomption de la Vierge » (Don de la famille de Laprade en 1876).

      A l’entrée du chœur, dans 2 niches :

      A gauche, Saint Jean-Baptiste.
      A droite, Vierge portant l’Enfant Jésus.

      A gauche, Saint Pierre.
      A droite, Saint Joseph.

      A gauche, petite statue de la vierge en bois doré, qu’on portait en procession dans le village à l’occasion du 15 août.
      A droite, Sainte Anne de facture romane.

      A gauche, la chaire à prêcher, ornée du tétramorphe. Le bord du drapée des vêtements est souligné par une bande dorée qui met en valeur la sculpture, et donne du mouvement aux personnages.
      A droite, le confessionnal curieusement enchâssé dans le mur, pour gagner de la place.


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mercredi 30 septembre 2015
par  gs

Les Saints Roch de Sayat

Les saints Roch de Sayat en l’église Saint Vincent et Saint Roch

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