Brasparts


Brasparts, sur ta lande
Brasparts sur ta montagne noire
Il n’y a pas une maison autour du marais
Et sur la route des monts d’Arrée
La nuit, l’hiver, pas même de brigands
Pas une voiture, pas un passant
C’est l’heure des moines rouges !
(Max Jacob)

Brasparts

Entouré aux deux tiers par la mer, 1.200 km de côtes, montrant des paysages variés et situé à l’extrémité de la péninsule armoricaine, le département du Finistère offre d’importantes possibilités de tourisme. La côte, à l’aspect souvent magique, est parfois battue par les flots lors des marées de l’automne et de l’hiver pendant lesquelles le temps peut être rude et même tempétueux.

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La région est habitée depuis au moins le mésolithique. Lalignement mégalithique de « an Eured Vein » témoigne d´une occupation de ce site au néolithique et le tumulus de Goaremm an Digui (près de Ty ar Moal) abrite une sépulture de l´âge du bronze.
Deux sites gallo-romains, signalés dès 1875, habités par des Osismes, se trouvent en bordure d’une ancienne voie romaine ; Vers 1910, François Joncour trouve une plaque de schiste portant un portrait, celui de Veus, le plus ancien Finistérien dont le nom soit connu.
Selon une interprétation de René Larguillère (in "Les saints et l’organisation chrétienne primitive dans l’Armorique Bretonne, 1924), Brasparts aurait fait partie du Plou de la montagne (Plouenez ou Ploumenez) une des paroisses primitives de l’Armorique La création de la paroisse remonterait au XIe siècle.

Toponymie
Bras-Partz signifie mot-à-mot grande paroisse. La fondation de Brasparts pourrait remonter au 6ème siècle, son premier nom étant Bratberth selon le Cartulaire de Landévennec vers le 10ème siècle.

Légende de Saint Jaoua
La légende veut que cette paroisse ait eu pour premier titulaire saint Jaoua (né vers 500 en Grande-Bretagne, disciple de saint Pol et envoyé à Brasparts pour lutter contre le paganisme, décédé le 2 mars 554 à Brasparts, enterré dans la chapelle Saint-Jaoua en Plouvien), compagnon de saint Pol, qui aurait succédé à saint Tujan, patron actuel de son église avec Notre-Dame, honoré en particulier à Saint-Tujen, en Primelin
"La Vie légendaire de saint Jaoua parle, quant à elle, non de Tujan, mais de Tusveanus, nom qui correspond à celui de saint Tusven, titulaire d’une chapelle à Ploudalmézeau et éponyme de Llandudwen, dans le Carnarvonshire, au Pays de Galles. Il y a donc eu confusion de deux saints différents".
Saint Jaoua aurait trouvé à Brasparts une population presque totalement idolâtre. Malgré son zèle, il eut beaucoup de mal à convertir les habitants. Dom Lobineau nous dit que Jaoua trouva à Brasparts « beaucoup de difficultez, à raison que les paroissiens, mal-instruits et peu catéchisez, se rendoient difficiles à gouverner : Jaoua, patient avec les uns, violent parfois avec les autres, les prêchait, les enseignait, les catéchisait, soucieux de les évangéliser, de leur montrer la voie du Seigneur ».

En 1692, une bulle du pape Innocent XII accorde "indulgence plénière et rémission de tous leurs péchés" à ceux qui "auront visité avec dévotion l’église de la bienheureuse Vierge Marie, à Brasparts, diocèse de Quimper".


Les bonnets rouges
Cette commune est connue pour des faits liés à la Révolte des Bonnets Rouges en 1675
La Révolte du papier timbré est une révolte antifiscale d’Ancien Régime, qui s’est produite dans l’ouest de la France, sous le règne de Louis XIV (d’avril à septembre 1675). La révolte eut plus d’ampleur en Basse-Bretagne, notamment en prenant un tour antiseigneurial sous le nom spécifique de révolte des Bonnets rouges. Elle est déclenchée par une hausse des taxes, dont celle sur le papier timbré, nécessaire pour les actes authentiques.
Elle est appelée révolte des Bonnets rouges* pour sa partie bretonne, car certains insurgés portaient des bonnets bleus ou rouges selon la région, et également « révolte des Torreben » (« casse-lui la tête »), un cri de guerre qui sert également de signature dans un des codes paysans.

La Révolution française a été accueillie à Brasparts avec enthousiasme. En frimaire an II (novembre 1793), trois des quatre cloches de l’église paroissiale sont fondues.
Des Braspartiates sont toutefois d’opinion contraire : en 1791, des habitants de la commune s’insurgèrent contre leurs prêtres constitutionnels, qui ne peuvent se rendre de leur presbytère à l’église que sous bonne escorte pour y dire la messe et les expulsèrent violemment en novembre 1791. En 1793, la municipalité refuse d’installer un autre curé constitutionnel, qui est insulté, victime de jets de pierre, etc.

Eglise Notre Dame et Saint Tungen (16ème)

En forme de croix latine, l’église de Brasparts comprend une nef de cinq travées avec bas-côté et un chœur.
On y distingue deux campagnes de construction : le clocher et la nef du milieu du 16ème siècle, le transept et le chœur du 18ème siècle.
Le chevet date de 1724 : il a ses contreforts surmontés de pinacles gothiques.
Elle est surmontée d’une flèche, aux arêtes ornées de crochets, soutenue par une chambre de cloches à deux galeries. On accède au clocher par une tourelle d’escalier.

Mobilier

Pietà bois polychrome (16ème siècle, restaurée en 1990).

Très belle sculpture, fait partie avec Saint André et Saint Roch, l’une des plus anciennes de l’église. La Pietà est de forme triangulaire, symbole de la Trinité, mais permettant de mettre en valeur le visage de la Vierge, recueillie et acceptant la volonté divine.


Pour la petite histoire. Un instituteur à Brasparts au 19ème siècle
En 1793, l’épouse de l’officier municipal Le Predour ouvre une école « pour enseigner à lire, à écrire et expliquer les droits de l’homme ».
Yves Lazennec, né en 1831, fut directeur et longtemps unique instituteur (200 élèves environ pour une classe unique !) de l’école publique des garçons de Brasparts en 1857.
L’arrivée d’un instituteur était à l’époque un événement dans une commune : il fut accompagné tout le long de son trajet entre Commana, son affectation précédente et Brasparts par tout un convoi de charrettes et de chars-à-bancs conduits par des habitants des deux communes. Il fut secondé à partir de 1883 par un deuxième instituteur, jusque vers 1889, avant d’être ensuite élu maire de la commune.
L’école de Brasparts, construite en 1865 en même temps que la mairie, était à l’époque très importante : on y venait de toutes les communes voisines (il y eut jusqu’à 130 élèves internes, mais logés chez l’habitant) car elle préparait au fameux certificat qui était le sésame de l’entrée dans la fonction publique. Décédé en 1895, son nom a été donné à l’école publique actuelle de Brasparts.


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jeudi 8 septembre 2011
par  gs

Le Saint Roch de Brasparts

Le Saint Roch de Brasparts en l’église Saint Tujan
technique : sculpture
désignation : statue Saint Roch en tenue de pélerin de Compostelle
localisation : Bretagne ; Finistère ; Brasparts
édifice : église Saint Tujan
dénomination : statue
matériaux : bois : peint
dimensions : dimensions (…)

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