Thiers

Le canton occupe le versant occidental des Bois noirs, le long de la ligne de faille et de la Dore, au contact de la Limagne.
Thiers s’étage en gradins au dessus de la plaine et sur les flancs du ravin où coule la Durolle.
La ville était à l’origine groupée autour de l’église du Moutier, au bord de la Durolle. Saccagée par les Francs en 535, elle se relève de ses ruines tandis que l’évêque de Clermont fait édifier un sanctuaire sur l’autre rive pour accueillir les reliques de Saint Genès. C’est autour de cette nouvelle église, puis d’un château fort construit à proximité, que se développera Thiers, siège d’une baronnie.
C’est au 15° siècle que Thiers devient une ville ouvrière, grâce à l’industrie de la coutellerie, de la papeterie et de la tannerie, ces deux dernières disparues aujourd’hui.

  • La ville médiévale est parfaitement conservée.
    Place du Pirou
  • Château du Pirou (Construction vers 1410)
  • Pignons pointus et façade de deux étages à croisillons de bois.
  • Résidence des gouverneurs de la cité.
Rue de la Coutellerie

A gauche, au n°19, maison d’angle
A droite, au n° 21, maison de l’Homme des bois (15ème), décorée d’un personnage hirsute (d’où son nom)

Rue Grenette

Au n°8, la maison du Duc de Lauzun (Porte du 17ème avec pilastres et fronton)

L’ancienne collégiale Saint Genès (Début 9ème)

Eglise paroissiale

Cette église est placée sous le vocable de Saint Genès, jeune martyr dont on célèbre la fête le 28 Octobre.
En 575 une première église fut fondée par Saint Avit, évêque de Clermont, sur le lieu même de la sépulture de Saint Genès, dans les bois. Elle fut détruite et remplacée, en 1107, par l’édifice actuel.
En 1016, le baron de Thiers dota Saint Genès d’un chapitre de chanoines. Ses successeurs firent restaurer l’église
Les chanoines de Thiers reçurent des barons de grands biens et levèrent jusqu’à la Révolution des taxes sur une grande partie de la ville et des alentours.
Au 18ème, à l’occasion des guerres de religion, l’église fut prise par les Huguenots en 1568 et fut sauvée grâce à l’intervention d’un marchand de Thiers qui acheta le départ des protestants. Il semble que ce soit à cette occasion que le clocher qui surmontait la croisée du transept, disparut.
Aux 16ème et 17ème les chanoines imposent aux constructeurs le style gothique, de gros travaux de réparations ayant été entrepris à la suite de l’effondrement d’un pilier.
La Révolution n’altéra pas l’édifice.
Au milieu du 19ème, l’accès à l’église fut modifié et on supprima le porche couvert de la façade ouest et un arc en béton couvert de pierre vint renforcer la façade.

De nouvelles orgues furent construites entre 1853 et 1863.
A la fin du siècle, l’église fut décorée de peintures, dans le goût de l’époque. Elles cachèrent les délabrements intérieurs mais de gros travaux furent nécessaires pour consolider l’édifice. On en profita pour nettoyer l’intérieur de l’église et remettre à nu les pierres. On mit aussi au jour, d’anciennes peintures qui avaient été cachées par l’enduit.
Longtemps fermée, l’église Saint Genès, a été rendue au culte en 1981.

En haut, Façade ouest-Christ bénissant (12ème) - croisillon sud restauré.
En bas, Coupole du transept et nef principale.
Cette église romane possède la plus grande coupole de la région. Elle couvre une surface de 101 m. Elle était surmontée d’un clocher qui fut abattu pendant les guerres de religion.
La nef principale devait être recouverte à l’origine d’une toiture, remplacée plus tard par la voûte actuelle sur croisée d’ogives. Cette nef, par ses dimensions, est unique en Auvergne.
Elle épousait la forme de l’éperon rocheux sur lequel elle était édifiée et présentait une succession de paliers en marches d’escaliers.
Cette ancienne structure apparaît au bas des piliers
Les piliers ont été enterrés et plus on se dirige vers le fond de l’église, plus les piliers sont enterrés (plus d’un m)
En 1863 au moment où on remettait en place le buffet d’orgue, on découvrit à environ 60 cm du niveau actuel, de très intéressantes mosaïques qui devaient servir de pavage à l’église. Elles furent enlevées et attendirent longtemps, dans des caisses, avant d’être exposées. Il n’en reste que des fragments très endommagées. C’est semble-t-il, au 18ème siècle que l’on égalisera le sol de l’église et que les mosaïques seront enfouies.
Les chapelles latérales furent édifiés à partir de 1520. L’église était alors trop petite pour accueillir la population croissante de la ville qui connaissait une très grande activité économique.
La plus ancienne chapelle, mises à part les absidioles latérales, est située au bout de la partie nord du transept.
Elle est remarquable par la qualité de ses sculptures et son aspect élancée. Les médaillons de la voûte représentent les quatre évangélistes et les quatre vertus cardinales. La clé de voûte porte les armoiries de la famille qui l’a fait édifier. Une peinture endommagée orne le dessus de l’autel. Elle représente le couronnement de la Vierge et rappelle le passage des Huguenots en 1568.
Les autres chapelles furent construites dans la première moitié du XVIIème siècle. Les chanoines imposèrent aux constructeurs une unité de style afin de ne pas déparer l’ordonnance de l’église. Deux chapelles situées dans la partie sud de l’église furent édifiées en « pierre de Ravel ».
La troisième, dite chapelle du Saint Sacrement, a été décorée au 17ème siècle de boiseries.
Son autel monumental est l’œuvre de Gilles Buchot (1610-1680). Il est de style baroque. Les deux statues qui l’entourent sont celles de Saint Genest qui porte la palme du martyre et de Saint Etienne de Muret Baron de Thiers et fondateur de l’Ordre de Grandmont.
Le mobilier de l’église, considérable sous l’Ancien Régime a été dispersé au moment de la Révolution.

Miséricordes

A gauche, dans le chœur, Christ (noyer). du couvent de Gramont fondé par Etienne de Thiers. Œuvre de Gilles Buchot.
A droite, Christ reposant les pieds sur une tête de mort. Probablement d’origine espagnole. De nombreux courants commerciaux existaient entre Thiers et l’Espagne.

Pietà

Le saint Roch de Tiers en l’église Saint Genès

L’église Saint-Symphorien et logis abbatial du Moûtier

Au pied de la ville, près du site originel du Castrum, se trouve l’ensemble constitué de l’abbaye du Moûtier et de l’église Saint-Symphorien qui en a dépendu pendant près de dix siècles.
L’église Saint-Symphorien, dans le quartier du Moûtier, a été rebâtie aux 11ème et 12ème siècles à un emplacement qui accueillait déjà une église peu après l’évangélisation de la région à la fin du 3ème siècle.
La légende veut qu’un fidèle y ait apporté trois pierres tachées du sang du saint martyrisé à Autun. Ce premier édifice en bois a été détruit au 6ème siècle en même temps que le « castrum ».
L’église reconstruite dépendra désormais de l’abbaye bénédictine voisine. Comme Saint-Genès, elle sera remaniée au 19ème siècle.
L’abbaye du Moûtier aurait été fondée en 765 par Aldebert, évêque de Clermont et placée sous l’égide de saint Benoît. Elle a été rattachée à l’ordre de Cluny au 11ème siècle. Pierre, abbé, réorganise l’abbaye à partir de 1002 et offre, avec le consentement du seigneur de Thiers, sa soumission à Odilon, abbé de Cluny en 1011. Le contrat de pairiage passé avec Alphonse de Poitiers (frère de saint Louis) en 1251 assure la protection royale et « l’indépendance » de l’abbaye qui peut exercer ses droits seigneuriaux (et de justice) sur la partie basse de la ville. Après la ruine d’une partie des bâtiments conventuels par une crue de la Durolle et la chute de ses effectifs, l’abbaye est supprimée par le pape Pie VI en 1782. De l’édifice qui reste aujourd’hui on peut dater les tours qui encadrent la porte principale du 15ème siècle. Les galeries de bois de la façade sont postérieures.
L’église Saint-Jean (place Saint-Jean) a donné son nom au quartier qui la borde. Elle est aujourd’hui désaffectée. D’époque romane, elle fut presque entièrement reconstruite au 15ème siècle pour être englobée au siècle suivant dans les fortifications qui devaient protéger la ville lors des guerres de religion. Des éléments propres à sa vocation défensive sont toujours visibles aujourd’hui. Après avoir servi de dépôt d’armes pendant la Révolution, elle fut rendue au culte et à nouveau restaurée au 19ème siècle.
Le cimetière du même nom qui la jouxte au sud est très pittoresque. Situé sur un à-pic surplombant la Durolle, il offre de jolis points de vue sur la vallée et le bas de la ville
La chapelle Saint-Roch (rue Saint-Roch) sur le puy Seigneur, édifiée après de l’épidémie de peste de 1629. Un office y est célébré chaque 16 août suivi de la bénédiction des enfants.

Voir sur le site http://roch.jaja.free.fr/spip.php?rubrique173


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