Langeac

Au sud de l’auvergne, Langeac est située sur la rivière Allier, descendue des hauts plateaux du Gévaudan, à travers des gorges profondes à Langeac au centre d’une petite plaine, environnée des volcans du Velay et des massifs de la Margeride.
C’est une petite cité reconnaissable à ses façades ocre, sa collégiale Saint Gal typique avec son clocher polygonal, son pont à deux arches sur l’Allier.

Pont en arc à tablier suspendu construit entre 1927 et 1929 pour franchir l’Allier. Il est constitué de deux arches de 69 m de portée. En 1979, il a fallu changer les suspentes transférant le poids du tablier aux arcs.
Langeac peut également s’écrire "Langheac", cette orthographe vient de l’ancien Laugiaco. La ville était capitale d’une ancienne baronnie et du Langeadois, petite région du Brivadois.
Le saint patron de la ville est Saint Gal. Eugène Bonnemère rapporte l’histoire suivante :


À Langeac, le jour de Saint Gal, patron de la ville, le seigneur de Chilac arrivait monté sur son char avec les officiers de sa justice, et saluait les habitants en leur jetant des œufs.

La pierre des fées (Pèira de las Fadas en occitan) est un des plus importants groupes de dolmens décrits en Auvergne. Ils se trouvaient notamment aux environs de la ville de Langeac.

Etymologie
Probablement, Langius, un gallo-romain, cultivait ici au IIème siècle.

Le martyre de Saint Julien, soldat romain, au 4ème siècle à Brioude, fut le point de départ d’un développement du christianisme. En 960 Raymond Pons, comte de Toulouse fait de son fils Etienne le premier seigneur de Langhac.

Histoire

En 1007 naissance de Pierre de Chavanon, archiprêtre de Langeac, fondateur de l’abbaye de Pébrac.
Au 13ème siècle, la cité s’entoure de fortifications. Langeac fait partie des 13 bonnes villes de France. Pour sa fidélité pendant la guerre de Cent Ans Charles VII lui accorde le droit d’avoir un corps municipal, un sceau et des armoiries (1487).

La Bonne Ville d’Auvergne.
Au cours du 14ème siècle, Auzon bénéficie d’une reconnaissance du pouvoir. Sous protection immédiate du roi et sous sa tutelle administrative, la cité devient l’une des « treize bonnes villes » de Basse Auvergne.
C’est une ville close et autonome avec une municipalité consulaire, elle possède une milice et peut assurer sa défense. Comme certaines de ces bonnes villes, Langeac possédait un rôle administratif et judiciaire avec de nombreuses institutions. Ces Bonnes Villes se démarquaient par leur antiquité ou l’ancienneté de leurs privilèges, d’autre par leur caractère commercial qui était l’un des critères d’élection au titre
Ce sont les villes suivantes :

Aigueperse
Auzon
Billom
Brioude
Clermont
Cusset
Ébreuil
Issoire

Langeac
Montferrand
Riom
Saint-Germain-Lembron
Saint-Pourçain

Au début du 17ème, extinction de la branche ainée des de Langhac et de la seigneurie de La Rochefoucauld.

Pour l’expansion de la vie religieuse, c’est un grand moment :
1619 : établissement d’une confrérie de Pénitents : chapelle Saint Jean de Jérusalem.
1620 : fondation du monastère de Sainte Catherine de Sienne dont la prieure mère Agnès (1602-1634) est à l’origine avec le père Ollier de la création des séminaires de Saint Sulpice.
1631 : fondation du couvent des capucines et du monastère Notre Dame.

Enfin en 1786 Lafayette achète le marquisat de Langhac et devient ainsi le dernier seigneur de Langhac.

Collégiale Saint Gal

Au bord de l’Allier la Collégiale Saint Gal prend des allures de forteresse. Le tuf volcanique ocre provient de la colline Saint Roch toute proche, surmontée du calvaire.

Collégiale Saint Roch
Colline Saint Roch et calvaire
  • Extérieur
    Un donjon de défense de 35 m de haut domine l’ancienne église du Chapitre, devenue depuis le milieu du 18ème l’église paroissiale.
    Une grande verrière surmontée de 2 échauguettes font deviner un ensemble imposant reconstruit aux 14ème et 15ème siècles.
    La façade présente un porche gothique, abritant des degrés d’archivoltes encadrés de flèches sculptées, d’animaux allégoriques, de motifs floraux. Au centre le blason de la ville : coq et fleurs de lys. Une grande rosace couronne le tout.
    Rosace de façade (15ème) vue de l’intérieur
    Vitraux, milieu du 19ème siècle

    Le portail est fermé par deux grands vantaux de chênes, serrures et peintures du 15ème siècle.

  • Intérieur
    • La nef unique est composée de trois travées de type gothique occitan.
    • Le chœur, accentué par les chutes des croisées d’ogive ferme cet édifice peu commun.
    • Grand autel à baldaquin, bois doré du milieu du 17ème.
    • Le tabernacle, encadré de 6 colonnes torsadées, abrite au centre, le Bon Pasteur, Sainte Madeleine, Saint Jean l’Evangéliste, Saint Jérôme et un évêque.
    • Au-dessus un édicule supporte une statuette « le Christ triomphant » sortant du tombeau.
    • La table d’autel est soutenue par des têtes d’angelots et le tombeau est orné en son centre d’un cartouche : l’agneau symbolisant le Christ. Il est couché sur le livre aux sept sceaux de l’Apocalypse.
    • Les stalles.

      En 1526 le chapitre de Saint Gal fait ériger cet ensemble.
      De style encore gothique, parfois purement Renaissance, ces 44 stalles de chêne montrent sur les dorsaux, les miséricordes, une foule de sculptures allégoriques et fantastiques, mélange des bestiaires du Moyen Age et de la Renaissance

  • Statuaire

    A gauche, Vierge Marie, bois doré d’inspiration italienne (18ème).

    A gauche, Crucifixion.
    A droite, Bienheureux Jean-Baptiste de La salle, ecclésiastique français, innovateur dans le domaine de la pédagogie, qui a consacré sa vie à éduquer les enfants pauvres. Il est le fondateur de l’institut des Frères des Écoles chrétiennes.

    Sainte Barbe (18ème attribuée à Vaneau), martyre au 3ème siècle, fut enfermée dans une tour par son père, un roi d’Orient, à cause de sa conversion à la foi chrétienne. Il l’aurait lui-même décapité. Pour ce crime il fut frappé par la foudre.
    Elle est devenue patronne des artificiers, pompiers et mineurs.

    A gauche, copie de Notre Dame de Langeac, Vierge de majesté du 12ème siècle, vénérée dans l’église Notre Dame construite vers 172 détruite au 18ème siècle.
    A droite, Sainte Anne Education de la Vierge Marie.

    A gauche, cuve baptismale du 12ème provenant de l’ancienne église paroissiale.
    A droite, reliquaire (Trésor).

    A gauche, Saint Gal.
    A droite, Saint Pierre de Chavanon.

Hagiographie Saint Gal
Saint Gal né en Auvergne en 499, sous le règne de Clovis, est mort le 1er juillet 563 après 27 années de prélature. L’an 530 le vît promu évêque de Clermont. Saint GAL fût le protecteur de la paroisse de Langeac à partir de la fin du 10ème siècle. Vers l’an 996, Langeac possédait plusieurs lieux de culte dont Saint Gal. En 1142, le cartulaire de Pébrac fait état d’une église nommée Saint Gal et d’une forêt appelée Pourcheresse qui est un intense lieu de culte. Cette forêt devient un lieu de pèlerinage. Pourcheresse est offert aux gens de Langeac par les seigneurs de Mercœur jusqu’au 15ème siècle, la municipalité prendra le relais jusqu’au milieu du 19ème siècle ou elle vendra à l’état cette propriété le 27 octobre 1892.

Au cours des siècles, la fête de Saint Gal d’abord religieuse devient fête patronale. Au Moyen Age une association constituée d’une royauté éphémère était responsable de l’organisation et du financement de celle-ci en l’honneur de Saint Gal. Ainsi, à l’aube du 1er juillet, date anniversaire du décès du saint patron, s’ébranlait un chariot de victuailles en direction de la forêt de Pourcheresse. Les pèlerins assistaient à une messe puis déjeunaient sous les arbres. Rôtis froids, tripes, cochonnailles et vins de la Ribeyre étaient au menu. Cette ripaille était offerte en partie par les seigneurs de Mercœur jusqu’au milieu du 19ème siècle puis par la municipalité avec souscription à l’exception des pauvres de la commune à qui on réservait une table. Au retour de Pourcheresse, chevaux, charrettes et voitures ornées de ramures défilaient dans les rues de Langeac jusqu’à l’église afin d’y célébrer la messe de Saint Gal.
L’après-midi, après un bon festin arrosé de vin de messe, était consacré aux jeux, aux courses de chevaux, aux danses aux sons de la cabrette et de la vielle.


Saint Pierre de Chavanon
Au 11ème siècle, la réforme grégorienne vise à corriger les dérives de l’Église et Pierre de Chavanon, archiprêtre de Langeac (Haute-Loire), est appelé à la conduire à l’église paroissiale de Saint Amable à Riom.
C’est en 1077, que l’évêque de Clermont, remit l’église paroissiale de Saint-Amable à Pierre de Chavanon.

Les Amis du Vieux Riom racontent pourquoi
C’est un ouvrage d’érudition bénédictine, la Gallia Christiania, qui, au début du 18ème siècle, explique « les commencements » de l’abbaye Saint Amable : « En l’année 1077, Durand, évêque de Clermont, remet pour la réformer l’église paroissiale de Saint Amable à Pierre de Chavanon, fondateur de l’église de Pébrac ».
Voilà qui pose bien des questions : pourquoi faut-il « réformer » l’église riomoise, et pourquoi faire appel à un homme qui vit à des dizaines de lieues, dans une petite vallée écartée, aux confins de l’Auvergne et du Gévaudan ?
En fait, les mœurs ecclésiastiques de l’époque laissent à désirer. Le clergé riomois est alors sans doute plus soucieux de profiter matériellement de l’afflux des pèlerins au tombeau de saint Amable que du salut des âmes. C’est pourquoi le pape Grégoire VII lance « la réforme grégorienne » visant à corriger les défauts de l’Église. Et c’est en 1076 que Durand devient évêque de Clermont.
Celui-ci était un disciple de Robert de Turlande (saint Robert) qui, en 1043, a fondé La Chaise-Dieu dans les solitudes forestières du Haut Livradois, et il lui a succédé comme abbé de cette nouvelle abbaye. Désireux d’appliquer la réforme grégorienne dans son diocèse, rien d’étonnant alors qu’il pense pour Riom à Pierre de Chavanon qui fut, lui aussi un ami de saint Robert !
Pierre de Chavanon était archiprêtre de Langeac, quand, en 1062, il décide, à l’instar de Robert, de tourner le dos à l’agitation du monde, pour aller, non loin de là, dans la petite vallée perdue de la Desges, restaurer l’église en ruines de Pébrac. Il y installe une communauté de chanoines de Saint-Augustin, qui se consacre à la prière, mais aussi au ministère paroissial. C’est exactement ce qu’il faut faire à Riom : l’église de Saint Amable, sous la direction des chanoines de Saint-Augustin, mis en place par Pierre de Chavanon, se transforme (comme Pébrac, d’ailleurs) en une véritable abbaye.
Si Pierre de Chavanon n’a pas laissé de traces de son passage à Riom, en revanche l’abbaye de Pébrac conserve sa chape (ou pluvial) qui fut taillée dans une soie brochée du 10ème ou 11ème siècle. Tissu byzantin ou arabe, avec des motifs d’animaux affrontés (lions dévorant des onagres, autruches paissant).

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samedi 23 novembre 2013
par  gs

Le Saint Roch de Langeac

Le Saint Roch de Langeac en la Collégiale Saint Gal

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