Saint-Jean de Luz

Saint-Jean de Luz (en basque Donibane Lohizune) est située dans le département des Pyrénées-Atlantiques, en région Nouvelle-Aquitaine.

La commune fait partie de la province basque du Labourd et de l’aire urbaine de Bayonne située dans son unité urbaine ainsi que de l’Eurocité basque Bayonne - San Sebastian.

Saint-Jean de Luz partage avec Ciboure la Baie de Socoa, sur le Golfe de Gascogne, les deux villes formant la même agglomération.
La baie de Socoa est la seule rade abritée entre Arcachon et l’Espagne. Grâce à ses digues qui la protègent des colères de l’océan Atlantique, elle a la faveur des baigneurs et est devenue une station balnéaire réputée de la côte basque. La station balnéaire est de création relativement récente mais le port, lui, est très ancien, puisqu’il date de la préhistoire.
Saint-Jean de Luz ne fut à l’origine qu’une modeste bourgade sur les dunes, entre mer et marais, à l’entrée de l’estuaire de la Nivelle, face à la colline de Bordagain. Jadis propriété des chanoines de la cathédrale de Bayonne, la communauté, bien que devenue autonome, ne posséda jamais d’enceinte ; elle ne fit par conséquent pas véritablement figure de ville avant l’époque moderne.
Au XVe siècle, les pêcheurs basques du port de Saint-Jean de Luz explorèrent les premiers les bancs de Terre-Neuve et la pêche à la morue jointe à la chasse à la baleine accrurent considérablement la prospérité de la commune.
Du XVIe au XVIIIe siècle, la ville devint un nid de corsaires qui combattaient pour le compte du roi de France.
Le début du XVIe siècle en Labourd est marqué par l’apparition de la peste. La lecture des registres gascons permet de suivre son expansion. Le 11 avril 1518, la peste sévissant à Saint-Jean de Luz, la ville de Bayonne « fait inhibition et défense à tous les manants et habitants de la cité et autres étrangers d’aller entretenir des relations au lieu et paroisse de Saint-Jean de Luz où les gens sont morts de la peste ».
Au début du XXe siècle, Saint-Jean de Luz devint une ville moderne et pour partie ouvrière.
Les Luziens, en 1914-1918 puis en 1939-1945, payèrent un lourd tribut aux deux guerres mondiales.
De nos jours, la « cité des corsaires » vit de plus en plus ouvertement du tourisme. Sa grande plage, très sûre pour les enfants, est très appréciée.
Saint-Jean de Luz est sur le chemin de Saint-Jacques de Compostelle.


Jacques le Majeur
Frère aîné de l’apôtre Jean, Jacques le Majeur est réputé avoir évangélisé l’Espagne dont il est devenu le Saint-Patron.
De retour en Palestine, il aurait été décapité en l’an 44 sur ordre d’Hérode Agrippa ler et son corps enseveli en Galice par ses disciples.
Au IXe siècle, l’ermite Pelage, attiré par des lumières surnaturelles aurait découvert sépulcre du Saint, d’où le nom de Compostelle (champs d’étoiles).
La nouvelle de la manifestation miraculeuse se répand dans toute l’Europe médiévale et marque le début du pèlerinage de Saint-Jacques, le plus important d’Occident après celui de Rome.
Durant deux siècles, des milliers de pèlerins partent des quatre coins de l’Europe vers Puente la Reina, en Espagne, départ du « Camino Francés », à 800 km de Compostelle.
Des monastères et des hospices sont construits sur les chemins pour accueillir les « jacquets », et un guide est édité à leur attention.
Certains, effrayés par la traversée du massif montagneux par les cols d’Ibaneta ou de Ronceveaux préfèrent suivre la route du littoral passant par Saint-Jean-de-Luz (la « voie littorale », aussi surnommée « voie des Anglais »).
Devant l’afflux de pèlerins, la ville fait bâtir un premier hôpital au quartier de la Barre, à l’entrée du port. Trop petit il est cédé vers 1639 aux Ursulines qui en font leur couvent.
Un nouvel établissement, plus important, est fondé par l’armateur Joannis de Haraneder de l’autre côté de la plage, au lieu-dit Lturburu, près de l’actuelle Pergola.
II offre 16 lits de paille aux pèlerins qui sont hébergés durant trois jours car selon l’adage, Arrina eta arrotza, herenegunak katarez, kampora deragotz, « le poisson et l’hôte, sentant mauvis au bout de trois jours, sont à jeter dehors ».
Il accueille aussi des pauvres et des naufragés mais pas les gens qui par tradition, doivent être soignés et mourir domicile.
Mais, à partir du XVe siècle, le mouvement s’essouffle.
L’arrivée de la Réforme au XVIe siècle puis le développement de l’esprit humaniste au XVIIIe siècle vont y mettre un terme.
Sous la Révolution, les pèlerins finissent persécutés.
Il faut attendre la fin du XXe siècle pour que renaisse l’esprit du pèlerinage.
En 1987, les chemins sont classés « itinéraires culturels européens » et de nombreuses étapes inscrites au Patrimoine mondiale de l’humanité de l’UNESCO. (In fiche signalétique de la Ville)

Toponymie
Attestations anciennes : Le toponyme Saint-Jean de Luz apparaît sous les formes : Sanctus-Johannes de Luis en 1186 ; sen johan de luis en 1257 ; Sanctus-Johannes-de-Luk en 1315 ; Sanctus-Johannes-de-Luys en 1438 ; Lohitz en 1414 ; Sent-Johannes-de-Luxs en 1450 ; Sent-Johan-de-Luus en 1490 ; Sent-Johan-de-Lus en 1491 ; Sainct-Jehan-de-Lux et Sanctus-Johannes-de-Luce en 1526 ; S-Iean de Luz en 1650 ; Chauvin-le-Dragon en 1793.
Le toponyme Lohitzun apparaît sous les formes L’Hohutzun en 1337 ; Lohitzsun en 1476 ; Lohitzssun en 1690 ; Lohixun au XVIIe siècle ; Lohitcun en 1793 (an II).
Fusionnée avec Ciboure le 24 novembre 1793, elle porta en effet (du 21 novembre 1793 au 20 mars 1795) le nom de Chauvin-Dragon, d’après le patronyme d’un dragon de la commune, tué par les Espagnols en défendant une redoute.

Étymologie
Jean-Baptiste Orpustan indique quant à lui, la graphie Donibane-Lohitzun, Lohitzun signifiant « lieu d’alluvion ».


Les Armoiries
PNG - 219 ko Ce ne sont pas les plus anciennes armoiries mais celles qui furent officiellement enregistrées le 26 septembre 1698 par Jean de Haraneder-Putil, bayle (maire) de la cité.
Le lion d’or, la crosse épiscopale et le trois-mâts sont les témoins de l’histoire de Saint-Jean-de-Luz. Le lion d’or couronné indique l’appartenance de la ville à la province du Labourd.
La paroisse, mentionnée pour la première fois dans les écris au XIe siècle sous le nom de Sanctus Johannes de Luis appartient alors à la vicomté du Labourd créée en 1032 par le roi de Navarre..
La crosse épiscopale est le symbole du chapitre de la cathédrale qui devient seigneur-baron de la ville.
En 1154, à la suite du mariage d’Aliénor d’Aquitaine avec Henri II Plantagenêt, le Labourd, comme l’ensemble de l’Aquitaine, passe pour trois siècles sous domination anglaise.
En 1570, les chanoines, lassés des conflits avec les édiles luziens, leur accordent l’autonomie contre 2000 livres : Saint-Jean-de-Luz devient alors ville noble.
Le trois-mâts évoque l’importance et la richesse du port depuis le XV siècle.
Saint-Jean-de-Luz est alors le seul port actif au sud de Bordeaux car l’Adour est ensablé dès Capbreton.
En 1473, le roi Louis XI accorde le statut de port franc à la ville et l’exemption du droit d’entrée des marchandises arrivant par terre ou par mer.
Ces privilèges économiques, confirmés par tous les rois de France puis les grandes chasses à la baleine et la pêche à la morue, l’armement de bateaux corsaires font de Saint-Jean-de­Luz l’une des villes les plus prospères du Labourd jusqu’au XVIIe siècle. (In flyer de l’OT)


La cité des corsaires
L’activité des navires corsaires de Saint-Jean-de-Luz représente l’un des aspects les plus spectaculaires de l’histoire de la ville, lui valant le nom de « cité des corsaires ».
Si la ville a toujours vécu de la mer, elle connaît la prospérité dès le XIVe siècle grâce aux grandes pêches à la baleine puis à la morue à Terre-Neuve.
Mais à partir du XVIe siècle, le commerce maritime est entravé par les guerres européennes qui vont se succéder durant deux siècles.
Possédant des navires bien armés pour défendre leurs expéditions de pêche, les Basques sont parmi les premiers à se porter volontaires pour « courir sus aux ennemis de l’Etat » d’où guerre de course.
Les prises sont si nombreuses que le Duc de Gramont écrit au Roi : « Sa Majesté pourrait aller de Saint-Jean-de-Luz à Ciboure sans se mouiller les pieds en empruntant les ponts des bateaux pris à l’ennemi ».
Baleiniers et morutiers sont équipés en guerre par des armateurs qui disposent d’une commission royale, leur donnant le droit d’attaquer tout bâtiment voguant sous pavillon d’un pays ennemi de la France.
Un marin corsaire est donc un militaire alors qu’un pirate est considéré comme un criminel.
L’acte de guerre est aussi un acte commercial très lucratif qui permet aux familles d’armateurs de s’enrichir.
En 1640, Joannot de Haraneder fait construire la maison Joanoenia, dite Maison de l’Infante.
Trois ans plus tard, l’armateur Johannis de Lohobiague érige la future maison Louis XIV et le capitaine Duconte acquiert le domaine de Ducontenia grâce au butin d’une seule sortie.
Deux siècles durant, des familles entières vont se distinguer dans le commandement de navires corsaires : les Dargainaratz, Ducasse, Larralde, Harismendy, Larreguy, Dufourcq, Cépé, Sopite, Etchebaster, Dolabaratz…
Certains seront hautement récompensés comme Jean d’Albarade, nommé ministre de la Marine en 1793 ou Jean Dornaldeguy, décoré de la Légion d’Honneur en 1811.
Le dernier corsaire, Etienne Pellot Monvieux, dit le Renard Basque, meurt en 1856, année de l’abolition de la course.
De nombreuses rues de Saint-Jean-de-Luz portent le nom de ces marins qui ont fait la richesse de la ville. (In fiche signalétique de la Ville)


L’Hôtel de Ville : Harriko Etxea (la maison populaire)
Au XVIIe siècle, Saint-Jean-de-Luz est, grâce à son activité maritime, une ville florissante de 12000 habitants.
En 1656, Jean de Casabielhe, bayle (maire) de la ville, las de tenir les assemblées communales sous le porche de l’église, décide la construction d’une grande maison commune. Le nouveau bâtiment, de taille imposante, permet d’abriter la justice, les archives de la communauté, les prisons et les magasins d’armes. Il est flanqué de deux avancées destinées à des logements indépendants mais aussi, dit-on, à masquer la vue à l’occupante de la maison Lohobiague, Marie-Sol de Hirigoyen, jeune veuve ayant refusé les avances du bayle.
En 1660, la maison accueille les divertissements organisés pour la Cour lors du mariage de Louis XIV et de l’Infante Marie-Thérèse d’Espagne, ainsi que ceux célébrant le passage du Duc d’Anjou, Philippe V, futur roi d’Espagne, en 1701.
Le coût d’entretien du bâtiment contraint longtemps la commune à en louer des parties pour des logements ou des commerces.
En 1706, la ville vend la moitié de l’aile Est à François Rivière dont les initiales sont toujours visibles sous le balcon du second étage.
Cette partie, baptisée « maison Claret » du nom de l’un de ses occupants, est encore aujourd’hui une propriété privée.
Durant la Révolution, la guillotine est dressée dans la venelle entre la maison Louis XIV et la maison Claret, et la Mairie sert de prison.
En I960, le bâtiment est rénové par l’architecte Maurice Darroquy qui crée de nouvelles ouvertures dotées de balcons. La grille en fer forgé date de cette époque.
L’intérieur de la mairie, maintes fois transformé, ne conserve aucun élément décoratif original.
La statue de Louis XIV
Cette belle statue équestre représentant Louis XIV en costume d’empereur romain a été acquise en 1932.
En bronze moulé au sable, c’est, malgré la signature de Bouchardon gravée sur le socle, une reproduction d’une œuvre de François Girardon réalisée vers 1680. (In fiche signalétique de la Ville)


Joanoenia dite « Maison de l’Infante »
Construite vers la fin du XVIe siècle, cette demeure aurait été offerte par la ville à Joannot de Haraneder, capitaine de navires et riche armateur, en remerciement de ses libéralités envers la communauté luzienne.
Son blason, un prunier dont le tronc sert de stangue à une ancre, orne la porte d’entrée.
Bénéficiant d’une situation exceptionnelle sur, le port, la maison possède une indéniable beauté architecturale.
Ses doubles arcs de galeries à la vénitienne, ses fenêtres régulièrement espacées, ses colonnades, ses frontons, son porche altier, l’élégant mariage de la pierre fauve et de la brique rose lui confère un classicisme que ne possèdent pas les demeures aux alentours, d’une architecture plus sobre.
Le 8 mai 1860, Joanoenia accueille Anne d’Autriche, venue à Saint-Jean-de-Luz avec la Cour pour le mariage de son fils, Louis XIV.
Elle est rejointe le 7 juin par l’Infante d’Espagne, future Reine de France, qui y réside jusqu’au 15 juin 1660. Depuis, Joanoenia est appelée « Maison de l’Infante ». Une plaque de marbre noir, apposée au-dessus de la porte d’entrée, et le buste de Louis XIV réalisé par le sculpteur Maxime Real del Sarte rappellent présence royale.
En 1701, la maison offre l’hospitalité à Charles, Duc de Bercy et à Louis, Duc de Bourgogne, qui accompagnent leur frère Philippe, Duc d’Anjou, héritier du trône d’Espagne.
En 1854, Napoléon III découvre la baie du haut de la tour de vigie de Joanoenia et décide la fermeture de la rade par trois grandes digues
La maison de l’Infante, appartenant à la même famille depuis 1872, est inscrite à l’inventaire des monuments historiques. (In fiche signalétique de la Ville)

Quai de l’Infante
Place Louis XIV

Lohobiaguenea dite « Maison Louis XIV »
C’est l’une des plus belles maisons de la cité.
Elle est érigée entre 1643 et 1645, sur un terrain humide en bordure du port, par Johanis de Lohobiague, armateur fortuné et bayle (maire) de Saint-Jean-de-Luz.
Constituée d’un corps de bâtiment massif sur trois niveaux, de plan presque carré, reposant sur pilotis en châtaignier, elle est encadrée par d’élégantes tourelles d’angle qui élancent sa silhouette.
La façade principale, donnant sur la place Louis XIV est un bel exemple de l’architecture civile du style Louis XIII.
La façade Sud, donnant sur la place des Corsaires, est plus sobre. Jusqu’au XVIIe siècle, elle jouxte le port et sert de quai pour amarrer les navires.
Les dix grandes baies de la façade Ouest permettent aux occupants de bénéficier, jusqu’au milieu du XVIIe siècle, d’une vue superbe sur la Nivelle et Ciboure.
Mais en 1656, Jean de Casabielhe, bayle (maire) de l’époque, fait ériger la maison commune (mairie) devant les fenêtres de Lohobiaguenea, pour se venger, dit-on, de la propriétaire de l’époque, Marie-Sol de Hirigoyen, jeune veuve ayant refusé ses avances.
Le 9 juin 1660, la paix est scellée par le mariage de Louis XIV et Marie-Thérèse, Infante d’Espagne, en l’église Saint-Jean-Baptiste.
Louis XIV loge, du 8 mai au 15 juin, au second étage de Lohobiaguenea, d’où le nom de « Maison Louis XIV ».
En 1701, elle reçoit le Duc d’Anjou, qui fait étape à Saint-Jean-de-Luz avec ses 1000 hommes de troupe avant de se rendre à Madrid pour accéder au trône d’Espagne, sous le nom de Philippe V.
Lohobiaguenea appartient toujours à la même famille.
Elfe est inscrite à l’inventaire des monuments historiques depuis 1925. (In fiche signalétique de la Ville)


Alexandrenia et la maison « Des Trois Canons »
Ces deux maisons sont caractéristiques de l’architecture de Saint-­Jean-de-Luz des XVIIe et XVIIIe siècles.
Si elles possèdent les mêmes dimensions de parcelle et une façade orientée vers l’est, tournant le dos au mauvais temps qui vient de la mer, la maison labourdine obéit à une logique régionale tandis que la maison bourgeoise répond à une logique économique.
Alexandrenia est la transposition urbaine de l’Etxe, la ferme traditionnelle labourdine.
Construite au XVIe ou XVIIe siècle sur le parcellaire médiéval, elle est transformée en 1690 comme en atteste la poutre ouvragée du premier niveau. La belle porte d’entrée et les deux œils-de-bœuf datent aussi de cette époque.
La façade est constituée d’un maillage de pans de bois ou colombages, chaque étage venant en encorbellement sur le précédent.
Au début du XXe siècle, la toiture est surélevée pour créer un quatrième niveau avec loggia.
La Maison « des Trois Canons » est l’exemple des maisons de la bourgeoisie, armateurs ou riches négociants soucieux de signifier leur réussite sociale. Elle doit son nom aux trois canons décoratifs, sorte de gargouilles en terre cuite fixées sur la corniche permettant d’écarter les eaux pluviales de la façade.
De même facture que la précédente, elle fait l’objet de transformations au XVIIIe siècle. La toiture est remplacée par un toit à la « Mansart » et la façade traditionnelle disparait au profit d’une façade en pierre de taille, dotée de portes-fenêtres avec balconnet en pierre et garde­-corps en fer forgé. (In flyer de l’OT)


Les Halles
Saint-Jean-de-Luz ou Donibane Lohizune (Saint Jean des Marais) s’est développée sur une vaste zone humide à l’embouchure de la Nivelle. A la fin du XIXe siècle, il subsiste encore un marécage, entre la gare construite en 1864 et la Rue du Marais, actuel Boulevard Victor Hugo. En 1870, la municipalité de Vincent Barjonnet décide de remblayer cette zone dangereuse et nauséabonde et de créer un nouveau quartier. On y prévoit une halle pour abriter le grand marché, installé depuis des temps sur la Place Royale devenue la Place Louis XIV. On envisage aussi d’y transférer le foirail, marché aux bœufs, aux chevaux et aux cochons, qui se tient depuis 1819 à l’angle de la Rue Gambetta et du Boulevard Thiers.
Quatorze années seront nécessaires pour que la Ville puisse racheter tous les terrains et remblayer le marais. Le 1er octobre 1884, le maire Martin Guilbeau inaugure l’école communale des garçons, la halle et le foirail.
Le bâtiment est agrandi en 1925 par l’architecte André Pavlovsky et le pavillon de la poissonnerie est créé, cinq ans plus tard, par l’architecte Gelos.
En 1992, l’extérieur est rénové et l’intérieur entièrement réhabilité en 1997. (In flyer de l’OT)

Phare de Saint-Jean de Luz de l’architecte A. Pavlovsky

André Pavlovsky
Au lendemain de la Première Guerre mondiale, Saint-Jean-de-Luz est une station à la mode fréquentée par une clientèle aisée.
Alors que l’architecture locale est marquée par le modèle de l’exte, la ferme traditionnelle labourdine, les nouveaux arrivants, fortunés et épris de modernité font appel à de jeunes architectes pour réaliser leurs villas. André Pavlovsky (1891-1961) est l’un des représentants les plus inventifs d’une architecture contemporaine qui a profondément transformé le paysage luzien.
Issu d’une famille russe installée à Paris, il passe ses étés à Saint-Jean-de-Luz avant de s’y installer définitivement en 1924.
Il rallie alors le courant néo-basque,véritable « modernité » de l’art régional dont le chef de file est l’architecte Henri Godbarge. Peu à peu, il se tourne vers une architecture plus moderniste privilégiant le béton, les grandes baies et les effets d’ombre et de lumière.
En 1929, il innove dans la réalisation de l’hôtel Edouard VI à Aice Errota, transforme le Moulin de Billtorte et, avec le concours du peintre Louis Floutier, réaménage le Bar Basque, haut lieu de la vie luzienne.
La même année, il est sollicité par les nouveaux résidents du quartier Chantaco, attirés par le golf créé par René Thion de la Chaume.
Il met en chantier cinq grandes villas dont Lacostenia pour René et Simone Lacoste puis, réalise San Fermin, Santa Barbara et Los Escudos sur Sainte-Barbe pour le riche et excentrique Chevalier belge Firmin Van Bree.
Ses réalisations allient architecture moderne internationale et interprétation personnelle des éléments basques, néo-basques et hispaniques.
Elles sont reconnaissables à des motifs originaux, véritables signatures de l’architecte : cartouches triangulaires évidés, losanges sur fronton, fenêtres ovales ornées de clés, oculus…
En 1936, il réaffirme son style, marqué par la verticalité, dans la rénovation des feux du chenal d’entrée du port.
A la fin de la Seconde Guerre mondiale, la demande pour les grandes villas se fait plus rare.
Pavlovsky réalise des appartements et des bâtiments publics et se consacre à la photographie.
Dans les années 1950, il crée les célèbres Motels Basques sur les hauts de Sainte-Barbe.
Au terme de sa vie, il écrit « …Il ne faut jamais copier servilement mais interpréter et ne respecter que l’idée générale des anciens, en un mot, évoluer ». (In fiche signalétique de la Ville)

Gare SNCF Saint-Jean de Luz - Ciboure

La Pergola de Robert Maillet-Stevens
A la fin de la Première Guerre mondiale, Saint-Jean-de-Luz, station balnéaire réputée attire une riche clientèle internationale.
William Marcel, architecte de renom, se voir confier l’étude d’un hôtel-casino à édifier sur la terrasse de l’établissement de bains.
Il projette un monumental complexe d’inspiration régionaliste qui reçoit un début d’exécution.
Mais en 1927, l’ambitieux programme est amputé et William Marcel dessaisi au profit de Robert Mallet-Stevens.
Robert Mallet-Stevens, (1886-1945) est, avec Le Corbusier, la figure la plus marquante de l’architecture de l’entre-deux-guerres. Influencé par le mouvement cubiste, il privilégie la ligne droite, la lumière et un nouveau matériau : le béton armé.
Construit en une seule année, le nouveau complexe « La Pergola » ouvre ses portes en 1928.
Par sa situation privilégiée, l’ensemble, qui propose un hôtel, un casino, des boutiques et un cinéma, devient le pôle d’attraction de la ville.
A l’image d’un paquebot posé sur le sable, le bâtiment se caractérise par une pureté de lignes et de volumes, combinant asymétrie et équilibre.
La réalisation anti-régionaliste est à l’image de la clientèle internationale éprise de culture moderne.
Dans les années cinquante, l’édifice est défiguré par de nombreuses transformations et surélévations.
Le jardin cède la place à un hôtel dans les années quatre-vingt. (In fiche signalétique de la Ville)


Les premiers établissements de bains
A la fin du XVIIIe siècle, les bains de mer, dont les vertus thérapeutiques viennent d’être reconnues, sont à la mode.
La beauté et le calme de la baie de Saint-Jean-de-Luz en font un lieu de prédilection pour la baignade.
En 1843, le Conseil Municipal adopte le projet de « former un établissement de bains de mer afin d’attirer les étrangers » pour augmenter les revenus de l’octroi, alors unique ressource de la commune.
Un premier établissement de bains en bois est créé en 1843, au pied des dunes de Sainte-Barbe.
Il propose des cabines de bains chauds et froids, des salons de lecture, de musique et de conversation.
Les travaux de fermeture de la rade ayant modifié les courants, il est miné par la mer et fermé en 1879. Il est remplacé par un bâtiment en dur, construit sur la grande plage à l’emplacement actuel de la Pergola.
Inauguré le 1er juillet 1880, l’établissement propose 60 cabines de bains. Dès la première année on enregistre 25000 bains.
En 1910, l’établissement est rénové.
Sur la terrasse, on édifie un ensemble de bâtiments légers prolongés par une pergola aux poutrelles d’acier qui abrite un célèbre dancing, le plus couru de la Côte basque. Les jeux y sont autorisés.
Saint-Jean-de-Luz devient la station à la mode. On y croise Alphonse XIII d’Espagne, le prince de Bavière, le prince de Galles, le maharadjah de Kapurtala, les grands ducs Boris et Paul de Russie… En 1912, la ville est classée « station thermale et climatique ».
La Pergola fonctionne jusqu’en 1928, date de création du bâtiment actuel qui en conservera le nom. (In fiche signalétique de la Ville)

La grande plage vue depuis la promenade Jacques Thibaud

Jacques Thibaud
Né en 1880 à Bordeaux. Jacques Thibaud est considéré comme l’un des plus grands violonistes fronçais du XXe siècle. Précoce, il donne son premier concert public à l’âge de 12 ans et obtient un premier prix au conservatoire de Paris à 15 ans.
Violoniste d’orchestre à ses débuts, il entame très tôt une carrière de soliste. En 1905, il crée avec Alfred Cortot au piano et Pablo Casals au violoncelle, le fameux trio Casals-Thibaud-Cortot qui se produit avec succès pendant plus de trente ans à travers le monde. Jacques Thibaud est reconnu pour sa sonorité et son style unique, une chaleur et une tendresse conjuguées, ce que Yéhudi Menuhin appelait un « enchantement ». Jacques Thibaud aimait passionnément Saint-Jean-de-Luz. En 1926, l’architecte André Pavlovsky lui construit une villa de style néo-basque baptisée « Zortziko » en souvenir d’une danse populaire. Il en fait sa résidence principale à partir de 1941. Il fréquente alors l’Hôtel de Chantaco, haut lieu de rencontres musicales.
Golfeur chevronné, il disait que le violon était son « golf d’Ingres ».
Le 1er septembre 1953, en route pour le Japon, Jacques Thibaud meurt dans un accident d’avion. Son fameux Stradivarius de 1709 disparaît avec lui.
Ses obsèques ont lieu en l’église Saint-Jean-Baptiste. Il repose au cimetière Aïce Errota.
La ville de Saint-Jean-de-Luz lui a dédié l’une de ses plus belles promenades, en bordure de mer. (In fiche signalétique de la Ville)


Le quartier disparu
Bien à l’abri derrière les imposantes falaises de Socoa et de Sainte-Barbe qui ferment alors partiellement la baie, Saint-Jean-de-Luz est, jusqu’à la fin du XVIIe siècle, une ville prospère grâce à une importante activité maritime.
Mais au fil du temps, la mer, la pluie et le vent effritent peu à peu les protections naturelles et à partir de 1670, la ville est régulièrement inondée.
Dès 1686, le Maréchal de Vauban préconise la fermeture partielle de la baie par deux grandes digues. Faute de moyens, le projet est abandonné.
Malgré un mur de protection de 400 m édifié sur la plage en 1707, la ville vit tous les ans au rythme des tempêtes.
Régulièrement le mur est reconstruit, allongé, renforcé, doublé mais les dégâts sont de plus en plus importants.
En 1782, la mer anéantit les ouvrages de protection et envahit tout le quartier de la Barre détruisant 40 maisons dont l’important couvent des Ursulines.
L’entrée du port, régulièrement ensablée, est impraticable et l’activité portuaire est ruinée. Découragés, les luziens quittent la ville, la population chute des deux tiers en 25 ans.
Les quelques travaux de protection réalisés sous Louis XVI, ne vont pas empêcher huit jours de tempête de balayer tout le quartier en 1822, soit plus d’un quart de la cité. (In fiche signalétique de la Ville)

Vue depuis la Grande Plage

Les ouvrages de protection
Bien protégée par les imposantes falaises de Socoa et de Sainte-Barbe, Saint-Jean-de-Luz est, au XVIIe siècle, une grande ville de 12000 habitants, prospère grâce à son activité maritime.
Mais au fil du temps, mer, pluie et vent sapent ces protections naturelles, livrant la ville aux attaques des flots. A partir de 1670, le quartier dit « de la Barre » est régulièrement dévasté.
Les ingénieurs du Roi, à la recherche d’un port de refuge dans le golfe de Gascogne, multiplient les projets de fermeture de la baie mais, faute de moyens, aucun ne voit le jour.
Malgré l’édification de plusieurs murs de garantie sur la plage et la construction de 175 m de digue à Socoa sous Louis XVI, les tempêtes ravagent la ville. Au milieu du XIXe siècle, après deux cents ans de lutte incessante contre la mer, Saint-Jean-de-Luz est au bord de la ruine. Un quart de la ville a été balayé par les flots et la côte recule de 1 à 3 mètres par an.
Sensibilisé lors de ses séjours sur la Côte basque par une population en désarroi, Napoléon III autorise les travaux de fermeture de la baie en 1854.
Le projet est considérable : trois grandes digues sont projetées pour recréer les défenses naturelles disparues.
Les travaux débutent en 1864 par la construction de la digue de Socoa.
Achevé douze ans plus tard, l’ouvrage mesure 325 mètres de long.
La construction de la digue de l’Artha dure près de trente ans. Quinze ans et 8000 blocs de 50 tonnes sont nécessaires pour rehausser le massif de l’Artha, situé à des profondeurs variant de 6 à 14 mètres, puis à nouveau dix ans pour bâtir une maçonnerie de 250 m de long.
La digue de Sainte-Barbe, commencée en 1873, est achevée dix ans plus tard. Elle mesure 180 m au lieu des 225 m prévus.
En 1895, la ville bien protégée retrouve enfin la sécurité.
Depuis, les digues sont régulièrement entretenues et, chaque année, près de 50 blocs de 50 tonnes sont coulés selon la même technique qu’il y a un siècle. (In fiche signalétique de la Ville)

Vue depuis la pointe Sainte-Barbe

L’église Saint-Jean-Baptiste

Rue Gambetta

Bordée de maisons typiques du style labourdin, avec leurs colombages et leurs balcons colorés, rouges, bleus, verts, la rue Gambetta, très commerçante, traverse le centre-ville historique jusqu’au port.


L’église Saint-Jean-Baptiste
Dédiée à Saint-Jean le Baptiste, patron de la ville. L’église actuelle a vraisemblablement été édifiée sur les ruines d’une église primitive.
Les parties les plus anciennes, comme le clocher-porche et quelques fenêtres donnant sur la rue Gambetta datent du XVe siècle.
Le bâtiment fut maintes fois détruit par les nombreux incendies qu’a connu la ville, régulièrement ravagée par les invasions espagnoles.
Au XVIIe siècle, le développement de la chasse à la baleine et de la pêche à la morue fait de Saint-Jean-de-Luz une ville florissante de près de 12000 âmes et les fidèles sont à l’étroit. En 1649, on fait appel à Louis De Milhet, architecte du Roi fixé à Bayonne, qui établit les nouveaux plans de l’église.
Ceux-ci visent à doubler la superficie de l’édifice en repoussant le mur Nord au détriment du cimetière qui s’étend autour de l’église.
Les travaux s’achèveront vers 1680 et verront la construction de l’abside et des chapelles latérales. C’est dans une église en chantier que se marieront Louis XIV et l’infante Marie-Thérèse, en 1660.
Le portail principal, orné de la statue de Saint-Jean-Baptiste, tenant son bâton de berger à la main, est créé entre 1664 et 1666. L’ancienne porte dite « Louis XIV », devenue inutile, aurait été murée à cette époque.
Tout en décrochements, le bâtiment mesure 50 m de long, 17 m de large et 20 m de haut. Il est dominé par un imposant clocher-porche dont le dernier étage, octogonal, culmine à 35 m.
L’escalier extérieur et sa balustrade, qui permet d’accéder aux tribunes, datent de 1755. (In fiche signalétique de la Ville)

L’église, typiquement basque, elle est renommée par son retable monumental mais aussi par le souvenir d’un événement exceptionnel : c’est ici que fut célébré le mariage du roi de France Louis XIV avec l’infante Marie-Thérèse d’Espagne, le 9 juin 1660.


Le mariage de Louis XIV
En 1659, le traité des Pyrénées met fin à une interminable guerre entre la France et l’Espagne. Les 124 points du traité prévoient des concessions territoriales ainsi que l’union du Roi de France, Louis XIV (1638-1715) à l’infante Marie-Thérèse d’Autriche (1638-1683), fille aînée du roi d’Espagne, Philippe IV.
Saint-Jean-de-Luz, ville de 12000 habitants, au sommet de sa prospérité grâce à son activité maritime. Est choisie pour accueillir la cérémonie du mariage.
Le 8 mai 1660, le roi, accompagné de la cour fait une entrée triomphante dans la cité.
Le 9 juin, à midi, le couple royal, se rendit de la maison Joanoenia à l’église par un chemin en parquet recouvert d’un tapis parsemé de fleurs.
La cérémonie fut célébrée dans une église en plein travaux d’agrandissement qui se révéla trop petite pour accueillir la totalité de la cour.
A l’issue de la cérémonie, Louis XIV fit don à l’église d’un mobilier religieux (chapelle), ainsi que des ornements sacerdotaux, toujours conservés par la paroisse et classés par les monuments historiques.
Il confirma, surtout, par lettres patentes, les privilèges qui conféraient la noblesse à la cité et à son bayle (maire) pour trente ans, exemptant la ville de nombreuses impositions.
La porte, par laquelle le couple royal est entré, n’aurait pas été murée à l’issue de la cérémonie comme l’indique la plaque commémorant l’événement, mais en 1669, suite au percement du grand portail. (In fiche signalétique de la Ville)

La voûte de la nef, en châtaignier, évoque la carène d’un immense vaisseau renversé encadrée de trois étages de galeries face à un exceptionnel retable.
Le retable du XVIIe siècle en bois doré, le plus monumental sans doute des retables du Pays basque. En bois doré sculpté, occupe toute la hauteur du mur de fond de l’abside, et les deux ailes qui le flanquent. Dix-huit statues de saints et saintes, deux allégories, la colombe représentant l’Esprit-Saint, la figure de Dieu le Père et le Pélican symbolique entourent le tabernacle à double tambour, cernés par des colonnades de fûts torses ornés de pampres, de fleurs, de feuillages, d’oiseaux, de bambins rieurs. Le tout ordonné selon la rigueur des canons classiques et agrémenté de motifs à l’antique : grandeur et pompe à l’image des goûts du Roi-Soleil, bâtisseur, au même moment, du château de Versailles.
Martin de Bidache, entrepreneur-menuisier du pays, mena à bien l’exécution de cet ouvrage de dimensions considérables. Il fallut cinq charrettes pour en amener les éléments de Bayonne à Saint-Jean de Luz, pour leur mise en place dans l’église, en 1669. On ne sait qui fut le dessinateur concepteur de l’ensemble. Il est probable que Joannis de Haraneder-Monségur, marguillier du conseil de la Fabrique de 1666 à 1672, riche armateur, fut le maître d’ouvrage de ce retable grandiose. Son père, Martin de Haraneder, était bayle de la ville au moment du mariage de Louis XIV.

L’autel est surélevé de douze marches au-dessus du niveau de la nef, comme dans la plupart des églises du Labourd, donnant avec les galeries latérales qui courent le long des murs un air de théâtre.

Saint Michel terrassant le démon, œuvre du peintre Chevalier d’Etchegaray, Peinture à l’huile, XIXe siècle.

De gauche à droite : Saint Augustin, Saint Etienne, Saint Fabien, l’archange Gabriel, la Vierge Marie, le tabernacle.

De gauche à droite : le tabernacle, Saint Joseph, Saint Pierre, Saint Léon, Saint Antoine de Padoue, Saint Roch.

De gauche à droite : Saint-Louis, Saint François-Xavier, Saint Jean-Baptiste (patron de l’église), Saint Benoî, Jeanne de France.
Au-dessus : l’Assomption, entre l’allégorie du dogme et l’allégorie de la foi chrétienne.

Antependium (devant d’autel)

Brodé de minuscules perles de verre coloré, est un don du roi Louis XIV à l’occasion de son mariage.

Orgue de tribune, installé en 1659 en prévision de mariage de Louis XIV, a connu de nombreuses restaurations jusqu’au XIXe siècle ; Suspendu : Maquette ex-voto de bateau, XIXe siècle.


Le bateau votif
Aviso à voiles et à vapeur, muni d’aubes, rapporté de Terre-Neuve par la famille Soudre, qui en fit don à l’église en 1865. Sur sa poupe, une inscription : a.s.m. l’impératrice eugénie. La légende l’attribue à l’impératrice pour remercier les marins de l’avoir sauvée d’un naufrage.

Trois statues de calvaire

Christ en croix, Vierge de douleur et Saint Jean Baptiste avec tableau : Remparts de Jérusalem.

Les galeries

Avant les années 1970, seuls les hommes avaient accès aux galeries ; la nef était réservée aux femmes. Les galeries furent reconstruites en 1857, grâce à un don de Napoléon III et de l’Impératrice Eugénie, alors en villégiature à Biarritz.

Saint Jacques le Majeur ; Saint Sébastien

Les Kaskarots
Les villes de Saint-Jean-de-Luz et Ciboure ont vu subsister, jusqu’à la fin du XIX siècle, une population particulière dénommée kaskarots (kaskar : de peu de valeur).
Leur origine est mal connue : on les dit descendants des cagots, ces « fils de goths » établis dans la région dès l’an mil.
Dès le Moyen-Age, les cagots sont exclus de la société car soupçonnés de transmettre la lèpre.
Repoussés à l’extérieur des villages, tenus de se marier entre eux, il leur est interdit de boire l’eau des fontaines ou de toucher les aliments.
En 1320, le Roi Philippe Le Long les accuse d’empoisonner les puits et ordonne leur massacre. La plupart se réfugient en Pays Basque, protégés par le parlement de Navarre qui échappe à l’autorité royale. Le bois étant la seule matière réputé ne pas transmettre la lèpre, ils deviennent bûcherons, charpentiers de bateaux, tonneliers …
Les femmes sont cartomanciennes ou guérisseuses et souvent de réputation légère. Elles seront les victimes toutes désignées des procès de sorcellerie du XVIIe siècle.
En 1684, le Roi Louis XIV lève les interdits pesant sur les cagots contre le paiement de leurs impôts.
Au fil des années, ils se mêlent à la population de Saint-Jean-de­ Luz et de Ciboure participant à la vie économique, centrée sur l’activité maritime.
Une communauté s’installe au quartier de la Barre, face à la Rue de la République, dans les maisons ruinées par les inondations. A la guerre ou à la pêche, les hommes sont absents plusieurs mois par an. Les femmes occupent les emplois les plus durs, notamment dans la préparation et la vente des petits poissons.
Jusqu’en 1778, la pêche est débarquée directement sur la plage car les marchands de morue interdisent l’accès du port aux sardiniers.
Ce sont les kaskarots qui négocient le poisson directement au bateau et courent le vendre, panier sur la tête au marché de Bayonne.
La nuit, elles sont filetières, remaillant les filets des pêcheurs.
Quelques années plus tard, l’abondance des pêches fait naître toute une industrie. Les kaskarots fournissent alors une partie de la main d’œuvre des « presseries » où l’on apprête et où on sale la sardine.
La Rue de la République, dernier bastion des kaskarots, se souvient de ces femmes hautes en couleurs qui ont marqué l’histoire de la ville. (In fiche signalétique de la Ville)


Orage à Saint-Jean de Luz
Le golfe cantabrique est sens dessus dessous
et le ciel aussi
la côte entière est pleine de bruit
j’entends
des colloques franco-espagnols sur l’île aux Faisans
et des bribes de vieux chants baleiniers
tandis que les Compostelliens dorment dans la maison
Esquerana
le capitaine Etcheverry rêve de Sumatra
manifestes météorologiques !
convolutions, évolutions
d’eros, logos, cosmos
la rhétorique de Saint-John Perse
se mêle aux délires d’Hôlderlin
tonnerre et éclairs
pluie biblique !
Je marche sur la jetée de Socoa
pour saluer le chaos et le vide
bienvenue, apocalyptica !
montagnes d’océan
(Kenneth White, Limites et Marges, Mercure de France)

Ciboure

Socoa


Le port de Socoa
Le petit port de Socoa (le coin en basque) fut aménagé en 1624. Pour le protéger, il fallut construire un fort militaire. En 1627, les travaux de construction d’une tour en pierre et d’une chapelle dédiée à Saint Pierre débutèrent sur u îlot rocheux. La tour n’était pas terminée quand elle fut occupée pendant près d’un an par les envahisseurs Espagnols. A leur départ en 1637, elle fut incendiée et il fallut la reconstruire. Lors de ses voyages en France de 1681 à 1686, le maréchal de Vauban visita les places fortes d’Aquitaine et préconisa des modifications importantes sur Socoa. L’ingénieur Ferry mit en application les plans de Vauban et donna sa forme actuelle à la tour ; il adjoignit des casernements affectés à des militaires invalides. Le « Fort nouveau » eut un rôle militaire pendant la Révolution et l’Empire et bien plus tard pendant les deux guerres mondiales. Habité par les douaniers au XIXe siècle, et une garnison de la Marine Nationale au début du XXe, il ne fut rendu aux civils qu’en 1935, avant l’arrivée des troupes allemandes. A la libération, après avoir été incendié, il fut restauré par l’architecte A. Pavlovsky. De 1947 à 2002, il fut occupé par les activités liées à la voile. La tour est inscrite à l’inventaire des Monuments Historiques depuis 1925 et l’ensemble du fort depuis 2008. (In fiche signalétique de la Ville)


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lundi 15 mars 2021
par  gs

Le saint Roch de Saint-Jean de Luz (Pyrénées Atlantiques)

Le saint Roch de Saint-Jean de Luz en l’église Saint-Jean-Baptiste
Dénomination de l’objet : Retable
Appelation d’usage : Du maître-autel
Titre courant : Retable du maître-autel
Localisation : Nouvelle-Aquitaine ; Pyrénées-Atlantiques (64) ; Saint-Jean-de-Luz
Nom de l’édifice : Eglise (…)

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