Le Dorat

Le Dorat, une petite bourgade de la Basse-Marche, abrite un joyau de l’art roman, l’un des plus importants monuments d’art roman en Limousin : la Collégiale Saint-Pierre des 11ème-12ème siècles.
Construite dès 1013 pour accueillir un collège de chanoines, cet édifice de 77 m de long sur 39 m au transept en granit gris du pays est un subtil mélange d’art roman limousin et d’art mozarabe.
Ce majestueux et imposant édifice de granit datant des 11ème et 12ème siècles suscite en effet l’admiration avec son portail ouest d’inspiration mozarabe, son clocher octogonal surmonté d’une flèche de pierre, ses trois nefs et sa crypte du 11ème siècle.
La collégiale fut fortifiée au 15ème siècle lui donnant cet aspect massif.

La collégiale

Le clocher octogonal surmonté d’une flèche de pierre portant un ange doré (pièce d’orfèvrerie limousine du 13ème siècle) culmine à 60 m.

Le clocher est formé de trois étages asymétriques car ces étages sont en retrait les uns par rapport aux autres et ont chacun leur propre style architectural.
Au premier étage, la lumière pénètre les huit vitraux afin d’inonder la croisée du transept de lumière. Chaque vitrail est entouré d’une triple arcature de roman limousin avec de très petits chapiteaux en granit non sculptés.
Au deuxième étage, arcature trilobée aveugle. Aveugle pour le fait que les ouvertures ne sont pas percées avec arcatures terminées par des trilobes (trois petits ronds).
Au troisième étage, présence d’abat-sons, grandes plaques de bois, qui permettaient à l’époque la concentration du son des cloches tout autour de la collégiale.
Le clocher est entièrement construit en granit et a été conçu sans aucune charpente intérieure !

Les petits clochetons participent à l’esthétique de la collégiale mais ont servi de points défensifs.

Le portail ouest, Saint-Pierre, à quadruple arcature polylobée : art mozarabe

L’ondulation des formes des tracés polylobés, rappelle l’architecture mozarabe de l’Espagne Musulmane.
Le tympan nu présente Saint-Pierre juché sur sa console de pierre où est gravée une date, 507, allusion à la légende selon laquelle la ville du Dorat aurait été fondée par Clovis.
Les quatre colonnes adossées sont soutenues par des chapiteaux en serpentine (pierre d’origine volcanique de couleur verte a la particularité de ressembler au marbre).
Chaque vanteau de bois est rehaussé d’une double arcature et sur chacune des arcatures supérieures est inscrite une locution latine se traduisant par « Pierre tu es Pierre, sur cette pierre je bâtirai mon église ».

Intérieur

La nef s’élève à 17 mètres et compte 5 travées voûtées en berceau brisé.

L’autel, œuvre de Philippe Kaeppelin (1973), est placé sur un dallage comprenant cinquante dalles de granits aux joints à la chaux. Il comprend quatre cadres de bois latté extrêmement résistant, recouverts d’une épaisse feuille de plomb battue sur la pierre. La table d’autel est une épaisse plaque d’ardoise d’Angers de 3 cm. d’épaisseur, soutenue par deux piliers intérieurs. Il est surmonté d’une croix suspendue, et à proximité un Christ de chêne couvert d’une feuille de cuivre, réalisée par le sculpteur Gubellini (1961).

A droite, la statue de Saint Pierre en plâtre avec le pied droit en bronze. Il est sur son trône, en train de bénir les fidèles d’un geste de la main droite.

Au bas de l’escalier monumental de 12 marches (12 apôtres), la cuve baptismale carolingienne

De forme rectangulaire est en granite rose monolithe.
Ses dimensions (Sa hauteur est de 68 cm, sa longueur de 167 cm, sa largeur de 152 cm, et sa profondeur de 40 cm) indiquent qu’il s’agit d’une cuve qui servait aux baptêmes par immersion.
Son grand côté ouest est sculpté de deux lions opposés dos à dos, dont les queues se terminent en palmette. Ces queues feuillues sont le symbole de la fécondité. La tête du lion de gauche, placée dans l’angle, est commune à un lion sculpté sur le côté nord. (De semblables lions sculptés se retrouvent dans la chapelle de Charlemagne à Aix-la-Chapelle).

Les chapiteaux

Les chapiteaux en calcaire blanc (partie nord), en granit (partie sud), en serpentine (transept) présentent une riche décoration : des motifs végétaux, des palmettes et rinceaux très fouillés, des animaux adossés mordant les jambes d’un homme qui a la tête renversée, des masques, etc.

Châsses reliquaires (17ème siècle) des deux saints patrons de la ville, Théobald et Israël, en bois doré

Elles reposent sur des stèles de granit avec un entourage en fer forgé, en médaillon des émaux de Georges Magadoux (1967).


Les ostensions
Ostensions vient du latin "ostendere" qui signifie "montrer". On donne ce nom dans l’église à l’exposition et à la vénération des reliques des Saints.
Elles donnent lieu à de nombreuses cérémonies religieuses.
Les Ostensions sont une tradition religieuse et populaire, profondément ancrée dans l’histoire du Limousin qui remonte à l’an 994, époque où Limousin, comme une grande partie de l’Aquitaine, se trouvait aux prises avec le "Mal des ardents", ou ergotisme, épidémie qui se déclenche à la fin des moissons.
En ces années reculées, cette maladie due à un champignon parasite, l’ergot de seigle est perçue comme un châtiment de Dieu. À Limoges, les malades, venus implorer la protection divine, s’entassent dans les églises. Face à l’étendue du drame, l’évêque Hilduin et son frère Geoffroy, abbé de Saint-Martial, décident d’organiser un grand rassemblement autour des reliques de plusieurs saints limousins.
Le 12 novembre 994 le corps du saint, placé dans une châsse d’or est monté sur au sommet du mont Jovis en pleine ville de Limoges.
C’est la première ostension.
4 décembre, alors que le corps de saint Martial est ramené jusqu’à son tombeau, l’épidémie a cessé de sévir. Les chroniques de l’époque font état de plus de sept mille guérisons.
Le rite s’est alors développé au fil des ans, ponctuellement, sans date fixe, à l’occasion d’événements jugés exceptionnels.
Au Dorat, il faut attendre l’ordonnance de Monseigneur de la Fayette, Evêque de Limoges en 1659 pour que les ostensions septennales soient autorisées.

De nos jours, les Ostensions limousines ont été érigées au rang de manifestation d’intérêt patrimonial, social et touristique. Les dernières ostensions, 71ème du nom, se sont déroulées du 13 avril au 4 octobre 2009. Les prochaines sont donc prévues en 2016…

Vitraux des deux saints patrons de la ville, Théobald et Israël
Christ en bois du 17ème siècle

La chapelle du transept nord est le baptistère, sa cuve est monolithe, côtelée et dominée par une statue de saint Jean Baptiste.

Les orgues (la partie instrumentale de cet orgue de chœur est de la facture d’Aristide Cavaillé-Coll, facteur d’orgues à Paris). Une plaque au-dessous de la plate-face centrale du buffet indique : « Cet orgue a été donné l’an 1876 par M. et Mme Robert du Dorat, bienfaiteurs insignes de cette église ».

En ville

Les somptueuses portes de caractère témoignent de l’importance de la ville depuis le 16ème siècle.

A gauche, l’ange doré. Sur la toute dernière pierre du clocher de pierre, repose une boule sphérique de 36 cm de diamètre sur laquelle se trouve l’ange doré. Pièce d’orfèvrerie limousine datant du 13ème siècle. Il mesure environ 1,50 mètres de haut et pèse entre 30 et 40 kg.

La porte Bergère du Dorat

La porte du Dorat (15ème siècle), dite Porte Bergère en raison des gardiennes de troupeaux qui l’empruntaient. Elle est située à l’ouest des remparts, du côté le plus inaccessible du coteau. Elle est la seule porte fortifiée conservée en Haute-Vienne, et la seule subsistante des quatre portes de la ville au Moyen Age.

Pays d’élevage

Un jeune taureau limougeaud à la robe rouge acajou

Nous sommes rentrés avec la pluie et arrivés avec l’arc en ciel. Clin d’œil au concept du pont qui relie le Ciel et la Terre.


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mardi 1er mai 2012
par  gs

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SAINT ROCH, XIXe siècle. - Collégiale du Dorat.
Tête nue, le visage enveloppé de barbe, les yeux levés vers le ciel, le saint porte une courte robe, un collet décoré de coquilles et un manteau rejeté derrière le dos. Les jambes sont protégées (…)

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