Jouy sous Thelle

Jouy sous Thelle, commune de France, dans le département de l’Oise en région Picardie.

Eglise Saint Pierre et Saint Paul

L’église de style Renaissance bâtie en pierre de taille sauf en ce qui concerne les soubassements des fenêtres réalisés en très petits moellons de silex (un matériau local fréquemment utilisé en pays de Thelle) présente un plan tréflé.
On doit l’église au cardinal Nicolas de Pellevé, un des derniers chefs de la Sainte Ligue catholique originaire de Jouy sous Thelle qui fit venir, en 1560, un architecte italien. Les biens du cardinal ont été confisqués en 1585 et les travaux de l’église stoppés, notamment la nef et le portail de la façade.
La voute de la nef est reprise en 1606.
Une courte allée de tilleuls relie le rond-point au porche édifié en briques au 19ème siècle.
La nef est précédée d’un petit porche ou narthex moderne.

Visite virtuelle 360° de l’église

La Commission du Patrimoine a mis en ligne une visite virtuelle 360° de l’église :
http://www.svl360.com/vt_def/eglisejouysousthelle/htdocs/index.html.

  • Le clocher

En 1743, le clocher assis sur le toit du chœur est démoli pour être remplacé par un nouveau clocher au-dessus de la croisée du transept.
Or, la règle est que le chœur est à la charge des gros décimateurs alors que la nef est à la charge des habitants.
La croisée du transept appartenant à la nef, le déplacement du clocher en faisait passer sa charge des décimateurs aux habitants.
Après querelle et vives protestations de la part des habitants, la raison l’emporta et le clocher, en charpente, apparaît aujourd’hui dans sa conception du 18ème siècle.
Toutes les couvertures des toits de l’église sont réalisées en ardoise.

  • La Nef

L’ensemble de l’église est voutée en berceau, sauf la croisée du transept, où une voute d’arêtes résulte de la rencontre des voûtes en berceau.

  • L’autel

L’ensemble formé par le maître-autel, le tabernacle et le retable est de style Rocaille. En bois taillé, vernis de blanc, avec rehaussement de tous les éléments sculptés par des dorures, il est daté du milieu du 18ème siècle.
Le retable est un grand panneau incurvé, avec fronton cintré avec en son centre une grande gloire rayonnante, agrémentée de cinq paires de têtes de chérubins.
A gauche et à droite, de grands anges sculptés en demi-relief sont agenouillés sur des nuées.
Le couronnement du retable est formé par une rocaille, qui sert de support à un globe terrestre, sur lequel se dresse le Christ bénissant.
Le tabernacle, présente un décor sculpté surabondant, ailes, guirlandes, têtes de chérubins, grappes de raisin, feuilles de vignes, épis de blé et le pélican mystique.
L’autel de forme galbé, arbore en son centre l’Agnus Dei allongé sur une croix placée sur le livre des sept sceaux.

  • La voute

La voûte est décorée de larges bandeaux qui correspondent à la ligne faîtière. Des bandeaux perpendiculaires commencent au-dessus de chaque pilastre, ainsi qu’au-dessus des trumeaux de la nef.

Ces bandeaux présentent à chaque intersection des nervures sculptées et les armes de la famille De Pellevé, « des gueules à une tête humaine de carnation au poil hérissé d’or ».

  • L’oculus du chevet
  • Les niches

Les soubassements des fenêtres des croisillons comportent un total de six niches ou enfeux, qui abritaient les gisants de la famille de Pellevé , seigneurs de Jouy sous Thelle.
Les niches furent démantelées et vendus à la révolution.

Le plafond à caissons de la niche au chevet du croisillon sud est particulièrement soigné. Porté par deux chérubins potelés, placés horizontalement à sa retombée, qui tiennent un cartouche avec les emblèmes héraldiques meubles du cardinal de Pellevé : de gueules, à la tête humaine d’argent, posée de profil, les cheveux hérissés d’or (de Pellevé), et d’argent semé de fleurs de lys de sable.

  • Pierre tombale

Jehan de Pellevé et Renée de Bouvery sa femme, morts respectivement en 1558 et 1568.

  • L’escalier carré

Situé dans l’angle sud-ouest l’escalier, à vis en bois, effectue quatre rotations autour de son axe avant de parvenir à l’orifice dans la voûte qui permet d’accéder aux combles. L’escalier dessert également la tribune occidentale.

  • Les retables

Les retables latéraux à gauche et à droite de l’entrée du chœur servent d’encadrement à des tableaux de grand format.

    • A gauche, retable Notre Dame du mont Carmel

Le tableau représentait initialement la réception du Saint-Rosaire par saint Dominique de Guzmân et sainte Catherine de Sienne, des mains de la Vierge à l’Enfant.
Elle est assise sur une nuée au milieu du ciel, entourée de nombreux angelots. Les chapelets ont été remplacés par des scapulaires.
(Anonyme, 18ème siècle)

    • A droite, retable Saint Roch

Le tableau du retable de droite montre Roch de Montpellier en habit de pèlerin de Saint Jacques de Compostelle se reposant en cours de chemin, un livre ouvert à côté de lui, tandis que son fidèle chien lui apporte une tranche de pain.
(Anonyme, 18ème siècle)


Le retable de Saint Roch
A droite en entrant dans l’église se trouve le retable de saint Roch qui fut un des saints les plus vénérés entre la fin du Moyen Age et le XIXe siècle. On ne sait pourtant presque rien sur ce personnage mystérieux. Mais la légende veut que, revenant de pèlerinage à Rome, il ait contracté la
peste et dut se retirer dans un bois, où il fut nourri par son chien qui volait du pain pour lui jusqu’à ce qu’un ange de Dieu lui apparaisse et le guérisse miraculeusement. Il devint ainsi le grand protecteur des pestiférés.
L’essor du culte de saint Roch coïncide avec les grandes épidémies de peste qui s’abattirent sur la plus grande partie de l’Europe, dont la fameuse « peste noire » de 1348, qui fit vingt-cinq millions de morts en Europe, soit la moitié de la population de l’époque. Cette épidémie fit des retours périodiques, provoquant chez les hommes de ce temps une angoisse permanente qui explique le succès du culte de saint Roch, de même que celui de saint Sébastien réputés protéger et guérir de la peste.
Le tableau s’inspire ici de l’épisode de sa vie qui intéressait le plus les fidèles. Saint Roch y est représenté comme un homme dans la force de l’âge, d’une stature élevée, dans le costume traditionnel du pèlerin : tunique bleue serrée à la taille par une courroie, manteau rouge flottant autour de lui, chapeau à large bord rejeté derrière son épaule gauche, sur sa poitrine les deux coquilles rappelant les pèlerinages de Jérusalem et de Saint-Jacques de Compostelle. Puis les accessoires traditionnels posés au sol devant lui : le bourdon ou bâton du pèlerin, et la gourde. Assis sur un muret de pierre, montrant un livre ouvert de sa main gauche, il a, à côté de lui, son bon chien assis, qui le regarde et lui apporte une belle tranche de pain.
Saint Roch, ayant relevé sa tunique, découvre le bubon pesteux saignant qu’il désigne de son index droit. Au-dessus de lui, venant du ciel déchiré par un rayon de lumière perçant les nuages, un ange et deux petits angelots se penchent ; l’ange avec sa main gauche dirigée vers le ciel et sa main droite vers saint Roch appelle sur le malade la puissance de guérison venue d’En-Haut.
Le décor est composé, comme le veut la légende, d’un petit bois sur la droite et sur la gauche, la lumière pâle d’un paysage qui s’estompe dans le lointain.
(Hélène Mauvais, in fiche signalétique de l’église).
  • La poutre de Gloire

La poutre de Gloire
L’église de Jouy sous Thelle renferme des trésors artistiques dont l’in des plus originaux est la « Poutre de Gloire », ensemble de statues sculptées dans le bois et élevées sous la voûte au-dessus de la limite du chœur. Cet ensemble, réalisé dans la seconde moitié du XVIe siècle, date de la construction de l’église, a été classé par les monuments historiques, au titre du mobilier, en 1912 ; il devait autrefois reposer sur une poutre en bois et il est maintenant fixé sur un arceau cintré en fer forgé ; une fixation au sommet de la voûte du chœur en assure la stabilité.
La composition s’organise autour du Christ crucifié, attaché sur la croix par de longs clous en fer forgé, revêtu d’un périzonium, linge flottant qui entoure les reins.
Sa tête couronnée d’épines, est inclinée vers le sol et son côté ouvert montre qu’il est mort. Autour de la croix, trois anges volent, deux à la gauche du Christ et un à sa droite, ils recueillent dans des calices le sang qui s’écoule de ses plaies aux mains, aux pieds et au côté droit ; des éléments en fer forgé matérialisent les jets de sang et permettent aux anges de se maintenir dans les airs, comme en plein vol.
La croix est ornée à chacune de ses quatre extrémités de médaillons dans lesquels prennent place les symboles des quatre évangélistes, avec leur nom : en bas c’est l’homme de Saint Matthieu, à la droite du Christ, le lion de saint Marc, à gauche le taureau de saint Luc et en haut, au-dessus du Christ, l’aigle de saint Jean. Au-dessus du Christ également, l’inscription JNRJ signifiant : Jésus de Nazareth Roi des Juifs, voulue par Pilate.
La partie inférieure de la croix repose sur une prédelle où figure un cadavre transi, allongé, entouré de deux têtes de mort : c’est Adam, dont la tombe d’après une très ancienne croyance chrétienne, se trouvait au Golgotha, juste sous la croix. Cela signifie que le sang du Christ a coulé sur les restes d’Adam et lui a obtenu, ainsi qu’à tous ses descendants, la rédemption, le pardon. Désormais, la mort est vaincue pour toute l’humanité.
Prenant appui sur l’extrémité droite de la prédelle, la Vierge Marie, à demi tournée, joint ses deux mains en prière et regarde son fils ; elle est vêtue d’un manteau bleu et d’une robe rouge dont la couleur a passé avec les années. En pendant, de l’autre côté, se tient saint Jean la tête levée vers le Christ ; il tient le livre de son évangile dans la main gauche et retient de l’autre main son vêtement rouge.
Inspirée par l’Evangile selon saint Jean, le seul où Marie et Jean sont présents au calvaire, cette impressionnante crucifixion montre à ceux qui la contemplent que l’élévation de Jésus sur la croix est aussi son exaltation dans la gloire de Dieu ; saint Jean ne sépare pas mort et exaltation : la croix de-vient le trône de gloire, d’où Jésus fonde son Eglise. La croix et la gloire ne font plus qu’un. D’où le beau nom de poutre de gloire.
(Hélène Mauvais, in fiche signalétique de l’église).
  • Statuaire

    A gauche, Sainte Anne

    A gauche, Saint Fiacre, le patron des jardiniers
    A droite, Saint Antoine de Padoue


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dimanche 10 avril 2016
par  gs

Les Saints Roch de Jouy sous Thelle

Les Saints Roch de Jouy sous Thelle en l’église Saint Pierre et Saint Paul
technique : sculpture
désignation : statue : saint roch
localisation : Picardie ; Oise ; Jouy sous Thelle
édifice : église Saint-Pierre et Saint-Paul
dénomination : statue
matériaux : bois : taillé, peint (…)

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