Gonesse

Gonesse est une commune française située dans le département du Val-d’Oise, en région Île-de-France.
Située à 16 km au nord de Paris, aux portes de la Plaine de France.

Toponymie
Gaunissa en 832 (dérivé de Gauwinus du nom d’une personne ou de Waux qui signifie Gué), Gonesa en 1110, Gonessa en 1226.

Histoire
La Châtellenie ou domaine royal : Gonesse fait partie du fisc royal, un château y aurait été édifié par Robert le Fort au IXe siècle, pour défendre la capitale des incursions normandes.
Gonesse fut réuni au domaine de la couronne par Hugues Capet (939-996).
Le premier châtelain serait Baudoin de Gonesse en 1177.
D’aucuns affirment que Philippe Auguste, roi de France, y serait né le 21 août 1165, d’autres le font naitre à Melun ou à l’abbaye du Jard près de Melun.
Les habitants de Gonesse sont affranchis par Saint Louis.
Du XIe au XIVe siècle, Gonesse est réputé pour son drap de laine, appelé la gaunace et ses peaux, exploités par ses moulins installés le long de rivière Crould.
Les fabriques de draps de Gonesse tombées en discrédit, les moulins à foulon sont remplacés par les moulins à farine. Dès le XIIIe siècle, les farines et les pains de Gonesse étaient fort recherchés et du XVe au XVIIe siècle, Gonesse fabriquait un pain de qualité, le pain mollet de Gonesse. Connu sous l’appellation de pain de chapitre, ainsi nommé du fait que le boulanger du chapitre de Notre-Dame de Paris aurait été le premier à le fabriquer
En 1358, Charles le Mauvais, roi de Navarre, nommé capitaine de Paris, campa à Gonesse et la même année, les Anglais y restèrent durant le mois de septembre.
Gonesse fut fortifié au XIVe siècle et la légende raconte que Jeanne d’Arc se serait désaltérée en 1429 à la fontaine Dame-Jeanne.
En 1465, sous Louis XI, la ville est ravagée par les Bourguignons.
En 1590, le roi Henri IV tente de s’emparer de la ville de Paris contre la Ligue catholique commandée par le duc de Nemours. Après avoir échoué dans sa deuxième tentative contre Paris, Henri IV se retira à Gonesse.
Pendant les troubles de la Fronde (1648-1653), le prince de Condé (Louis II de Bourbon-Condé, pair de France, premier prince de sang) s’empara de Gonesse.
En 1815, le maréchal d’empire Grouchy (il avait poursuivi une armée fantôme de prussiens tandis que Napoléon était battu à Waterloo, le 18 juin 1815), arriva à Gonesse à la tête de 25.000 hommes et de 100 pièces d’artillerie ; mais Napoléon Ier avait abdiqué (22 juin 1815).
Le 2 juillet, le duc de Wellington établit son quartier général à Gonesse et traita la reddition de Paris.
Durant le siège de Paris en 1870 le quartier général de la Garde prussienne fut installé à Gonesse.

François Ier, dont l’esprit caustique est bien connu, se qualifiait de seigneur de Gonesse et de Vanvres, pour se moquer du fastueux Charles-Quint et de sa longue énumération de titres.

Eglise Saint Pierre et Saint Paul

Placé sur une éminence, l’église Saint Pierre Saint Paul est construite au cours des XIIe et XIIIe siècles sur les bases d’un édifice qui abritait des sépultures d’époque mérovingienne (6e-7e siècle) mais aussi des meules d’époque gallo-romaine ou gauloise.
Le chevet est du XIIe siècle, la charpente est du XIIe ou XIIIe siècle et sa réfection du XIVe siècle. La sacristie est construite au XVIIIe siècle.
Des documents d’archives indiquent l’ancienneté de cet édifice comme une Charte d’Hervé de Montmorency à l’abbaye Saint Florent de Saumur où il est écrit "sepulturae ecclesiae de Gonessia" en 1100 et une Charte de Galon, évêque de Paris aux religieux de Deuil où est indiqué "sancti Petri de Gonessa".

La façade de l’édifice est tripartite. Le portail central possède un trumeau central sous la forme d’une statue de Saint Pierre, un linteau à deux arcs trilobés.

Les niveaux supérieurs ont été modifiés par le percement de 3 occuli juxtaposés et la mise en place d’une balustrade flanquée de deux tourelles.
La tourelle droite a été édifiée pendant la première Renaissance. Elle est dotée de chapiteaux fantaisistes interprétant librement les modèles de l’Antiquité.

Sur le tympan deux inscriptions de la période révolutionnaire : "Temple de la raison" et "Le peuple français reconnaît l’existence de l’être suprême".

Le plan rectangulaire est composé d’une nef, de deux larges collatéraux et d’un chœur terminé par un hémicycle entouré d’un déambulatoire.
Le clocher se situe dans la travée sud du chœur et remonte au XIIe siècle.
Le plan s’inspire de celui de Notre-Dame de Paris, il possède deux bas-côtés et un déambulatoire sans chapelle rayonnante.

L’élévation rappelle celle de la basilique Saint-Denis : 3 niveaux dans le chœur (grandes arcades triforium à baies géminées et fenêtres hautes) et à 2 niveaux dans la nef à alternance de piliers forts et faibles.
Les ressemblances avec Saint-Denis sont telles que certains historiens d’art pensent qu’elle a été conçue par le même maître d’œuvre.

L’orgue comporte un buffet exceptionnel, plat conformément à l’usage de l’époque (7 compartiments) et une tribune unique (8 panneaux décorés d’anges musiciens dont les 4 centraux sont du XVIe siècle)
Souvent daté de 1508, il a été déplacé et agrandi au XVIIIe siècle.

<détail des 4 panneaux aux anges musiciens du XVe siècle.

La facture évoque les dais d’autel de Berville et Commeny. À l’origine, il n’y avait que les quatre larges panneaux. Chacun est peint de trois anges, sur fond de ciel étoilé, jouant de différents instruments de musique : trompette, sacqueboute, cromorne, flûte traversière et à bec, viole, orgue portatif, luth, harpe, triangle.

Ces peintures « constituent un splendide témoignage de la fin du XVe , mais aussi une extraordinaire source de documentation sur les instruments de musique de cette époque »

Maître-autel et Christ en croix
Mise au tombeau

Huile sur bois, de 150 cm de largeur pour 79 cm de hauteur. Il a été peint en 1521 par un artiste peintre de l’entourage de Jean Bourdichon.

« La mise en scène particulièrement élaborée et équilibrée, le soin minutieux apporté à tous les détails corroborent en effet une attribution à l’un des meilleurs ateliers français de la fin du Moyen Âge. Pour l’iconographie, l’influence des Mystères et des drames liturgiques est confirmée par les gestes de Joseph d’Arimathie et de l’une des Saintes Femmes, l’un pointant le doigt sur le corps du Christ, l’autre désignant la Vierge évanouie » In patrimoine de France

Pietà

Huile sur toile, de 200 cm de hauteur pour 180 cm de largeur, et constitue une copie du XVIIe siècle d’une œuvre originale d’Annibale Carracci (1560-1609) conservée au musée Capodimonte de Naples.

Christ (mort, de trois quarts), Vierge (assise, de trois quarts), putto, angelot. Le Christ est représenté allongé

Vierge à l’enfant

Vierge (debout, de face), enfant (assis, de face, sphère dans main gauche, main droite bénissant)

Bois : h = 113 ; 18e siècle

Retable (bas-côté nord, au droit de la façade)

La statuaire est du XVIIIe siècle.
A gauche, éducation de la Vierge.
A droite, Saint Jean Baptiste et l’Enfant Jésus.
La composition de plâtre doré qui occupe la niche centrale est une copie du Baptême du Christ de la rotonde des baptêmes aménagée dans l’église Saint-Sulpice à Paris, 6e arrondissement, par Jean-François-Thérèse Chalgrin.

Statues offertes par N.E ; Dechard en 1839

A Gauche, Saint Nicolas est flanqué du cuvier de la légende, où figurent les trois clergeons.
A droite, Saint Jacques.

Autres édifices

  • L’Hôtel Dieu

La fondation de l’hôtel-Dieu remonte au 26 septembre 1208. Robert, évêque de Bayeux confirme que Pierre de Theilley et sa femme Aveline de Saint Cyr ont donné des terres à Gauthier de Gonesse pour la construction du bâtiment.
Pierre de Theilly est prévôt de Paris en 1200. Proche du roi Philippe Auguste, il est, au moment de la conquête de la Normandie, nommé bailli de Caen où il reste en poste jusqu’en 1224.

  • La léproserie de la Madeleine

Sa date de création est inconnue mais elle est certainement due à Guillaume III de Garlande, seigneur de Livry (1100-1132).
Les léproseries sont ouvertes pour isoler les malades de la population saine et à cette époque le bourg-centre ville est concentrée autour de l’église Saint Pierre Saint Paul.
On trouve la mention de cette léproserie en 1220.

Les événements

  • Le ballon de Gonesse

Lancé le 27 août 1783, un ballon part du Champ de Mars à 17 heures et 45 minutes plus tard, il s’écrase sur Gonesse.
Les habitants de Gonesse effrayés ont cédé à la panique. Il a fallu que le gouvernement distribue un avertissement au peuple garantissant le caractère inoffensif des ballons.
Il s’agit d’un ballon à hydrogène construit par les frères Robert et le savant Charles. Cette aventure suit les expériences des frères Montgolfier avec leurs ballons gonflés à l’air chaud dès 1782.

  • Le miracle de Gonesse ou la guérison de Genevière Baffart

Geneviève Nicole Baffart native et habitante de Gonesse, paralytique âgée de 16 ans aurait été guérie le 30 juin 1785 suite à l’intercession de Saint Pierre en faisant sa prière devant la statue du Saint au portail de l’église.

  • Le crash du Concorde

Le 25 juillet 2000, le Concorde immatriculé F-BTSC assurant le vol 4590 d’Air France, un trajet de type charter à destination de New York, s’est écrasé au décollage sur un hôtel à Gonesse, une minute et vingt-huit secondes après son décollage de l’aéroport de Roissy.
113 personnes sont mortes : les 100 passagers et les 9 membres d’équipage ainsi que 4 personnes se trouvant dans l’hôtel.


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dimanche 29 janvier 2017
par  gs

Le Saint Roch de Gonesse

Le Saint Roch de Gonesse en l’église Saint Pierre et Saint Paul

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