Courlon sur Yonne

Courlon est un village rural situé sur la rive droite de l’Yonne, à 18 km au nord de Sens

Toponymie
Son nom, écrit aussi jadis Corlon et Courleon, s’est prêté à plusieurs étymologies. On retient plus ordinairement le « Curteleonis » du IXe, comme formé de « curtem », le domaine, et d’un nom d’homme germanique tel que Leto. Courlon eut donc été originairement : le « domaine de Leto ».

On propose aussi de faire dériver Courlon de l’expression latine « curule vadum » qui désignait un gué carrossable. Un tel gué se trouvait aussi en aval de Sens, sous le nom de Courchanvaux. Cette dernière étymologie a du moins le mérite d’expliquer l’implantation d’un village en ce point stratégique qui devait conditionner son histoire et le développement de son économie. Le gué de Courlon fut en effet pendant des siècles un important lieu de passage et de transactions entre les villages des deux rives de la basse Yonne.
Ce trafic fut encore amélioré en 1851 par l’établissement d’un bac ; mais la construction du pont de Champigny-sur-Yonne en 1865 lui fut fatal. Par contre, le barrage destiné à alimenter en eau le canal de dérivation creusé en 1878 lui fut bénéfique, créant un magnifique plan d’eau très apprécié des pêcheurs et aujourd’hui des amateurs de sport nautique.
C’est à la langue celtique que les habitants du département de l’Yonne doivent leur actuel nom d’Icaunais, dérivé du nom de leur rivière divinisée (Icauna en latin).

Histoire

L’occupation par l’homme de ce territoire est cependant bien antérieure : en témoignent notamment les grottes d’Arcy et leurs exceptionnelles peintures pariétales.
Dès le Moyen Âge, Courlon avait assuré sa protection par une enceinte que forcèrent néanmoins pendant les guerres de Religion les huguenots quand, pour punir les habitants de ne pas leur avoir ouvert leur porte, ils mirent à sac, à feu et à sang tout le village et incendièrent l’église, le 23 septembre 1567. Plus tard, quand Henri IV s’efforça, entre 1590 et 1594, de se rallier Sens et le Sénonais, le duc de Nevers, craignant que Courlon ne servit de refuge aux ligueurs, fit démanteler ses remparts, ne laissant subsister que les fossés..

Patrimoine religieux

Eglise Saint-Loup
L’église paroissiale fut d’abord sous le patronage de l’abbaye de Sainte-Colombe, fondée près de Sens en 620 et qui détenait à Courlon un fief important, dépendant de la seigneurie de Bray. Mais en 1196 le droit de nomination du curé fut remis à l’archevêque.
Toutefois, Sainte Colombe conservera sur le bourg et les lieux voisins, même après la transaction passée en 1736 avec le comte de Rochechouart, un droit de seigneurie qui lui rapportait environ 2 300 livres par an.
L’abbé de Sainte-Colombe était à Courlon gros décimateur pour le blé et partageait avec le curé la dîme du vin. Tous les ans, une partie de cette dernière dîme était prélevée pour distribuer à chaque habitant, après la première messe de Pâques, un pain de 10 onces ½.

Le site
Sur une terrasse où l’on accède par une quinzaine de marches, se dresse la masse large et trapue de l’église à laquelle les trois pignons de la façade et les deux autres de la face sud donnent, avec la tour du clocher, une silhouette caractéristique.

L’Église Saint-Loup

  • La partie romane (XIIIe)
    De l’église du XIIIe il ne reste que la partie basse du clocher, reconnaissable à ses baies en ogive, ses arcades et ses contreforts, et la sacristie voûtée sur ogives avec un pilier central. Cette partie constituait la chapelle Saint-Loup – ou Saint-Leu – évêque de Sens de 609 à 623 et patron de la paroisse et de l’église.
  • La partie gothique flamboyant et fin Renaissance (1550)

    Comme beaucoup d’églises du Sénonais, après la guerre de Cent Ans et encore après les guerres dites de Religion, il fallut relever celle de Courlon de ses ruines et la reconstruire dans les styles nouveaux. On y reconnaît en effet le style gothique flamboyant et celui de la fin de la Renaissance.
    On lisait sur une fenêtre du nord la date de 1551.
    Ce serait finalement en 1631 que sur l’ordre de Richelieu l’église fut mise en l’état où elle se présente aujourd’hui.
    Le clocher qui, faute de « château », était jadis une tour fortifiée, fut converti en beffroi pour recevoir des cloches.

Extérieur.

La porte centrale, qui ouvre sur la nef, en décor flamboyant, porte au sommet de son accolade la statue très endommagée de Saint-Loup. Au trumeau et de part et d’autre, trois autres statues assez abîmées où l’on croit reconnaître la Foi, l’Espérance et la Charité.
Les deux autres portes sont ornées d’un décor Renaissance, particulièrement soigné pour celle qui donne accès au bas-côté gauche.
Sur le côté sud, une porte, dite du Seigneur, a été bouchée. Il ne reste que d’infimes traces de son décor flamboyant.

  • La nef et le chœur

    Ce sont surtout les boiseries, qui attirent l’attention.
    D’abord dans la nef, la chaire et le banc d’œuvre ; ce dernier marqué du chiffre de saint Loup.

    Puis la très élégante balustrade en chêne qui ferme le chœur et dont l’entablement, à la manière d’une poutre de gloire, reçoit un grand Christ en croix, encadré par la Vierge et Saint Jean, groupe en bois du XVIIe.

  • Le sanctuaire

    La merveille est dans le sanctuaire, dont les murs sont eux-mêmes revêtus de hautes boiseries.
    Huit hautes colonnes corinthiennes forment un hémicycle et supportent un entablement surmonté de deux anges adorateurs.
    Du dôme, que forment six poutres arrondies en demi-cercle, descendent gracieusement des draperies formant baldaquin au-dessus de l’autel. Ce dernier est aussi un chef-d’œuvre d’ébénisterie, avec sa partie basse sculptée de somptueux rinceaux, sa lanterne du Saint-Sacrement surmontant le tabernacle, et sur les côtés ses anges adorateurs et ses têtes d’angelots joufflus.
    Ce prestigieux ensemble, préservé de toute peinture, a été sculpté au XVIIIe, sans doute par les mêmes artisans du Faubourg Saint-Antoine et œuvré dans le même style italianisant que celui qui fut réalisé pour le château de Bercy et par la suite transféré à l’Elysée. Si ce chef-d’œuvre a été dès l’origine créé pour cette église, on aimerait savoir qui en fut le généreux donateur. Mais n’aurait-il pas été transféré ici de quelque grande abbaye sénonaise condamnée sous la Révolution à être détruite ?

  • Statuaire
    Sur les abaques de chapiteaux toscans, dans la nef et le sanctuaire sont placées des statues de saints et de saintes, en pierre polychrome, de l’art populaire du XVIe ou XVIIe.

    A droite, saint Nicolas

    A gauche, saint Sébastien

    A droite, saint Pierre

    A gauche, saint Etienne

    Depuis 1935 surtout, des travaux de remise en état ont été réalisés grâce à la vigilance des services du Ministère des Affaires culturelles, de la municipalité et de la paroisse
    Puis en 1969 et 1970, sur un appel de M. l’abbé Etienne Potier, curé desservant pour un nettoyage général de l’église après la réfection des voûtes, une véritable restauration du baldaquin a été entreprise par des paroissiens, surtout des jeunes, sous la conduite bénévole de Françoise et Jean-Pierre Hamard (anciens élèves de l’école Boulle).
    Aussi Courlon a bénéficié le 7 octobre 1971 du 11ème prix du Concours de chefs-d’œuvre en péril.


Articles publiés dans cette rubrique

samedi 29 septembre 2018
par  gs

Le saint Roch de Courlon sur Yonne

Le saint Roch de Courlon sur Yonne en l’église Saint-Loup de Sens
technique : sculpture
désignation : statuette : saint Roch
localisation : Bourgogne ; Yonne ; Courlon sur Yonne
édifice : église Saint-Loup de Sens
dénomination : statue
matériaux : pierre
dimensions : h = 50 (…)

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