Noiretable

Noirétable, bourg de 1800 habitants au cœur des Monts du Forez est un point de passage obligé entre les régions Rhône-Alpes et Auvergne. C’est une commune accueillante qui se développe et progressivement devient le moteur des Monts du Forez. La Commune est adhérente à la Communauté de Communes des Montagnes du Haut-Forez et aussi au Pays du Forez et au Parc Naturel Régional Livradois Forez.

Toponymie
Nigrum stabulum viendrait d’une étape, un relais, dans la sombre forêt, sur l’une de ces antiques voies romaines qui constituaient un réseau routier aussi extraordinaire par sa qualité que par son étendue : , celle de Lyon à Clermont-Ferrand et au-delà.

Puis, ce fut un lieu d’évangélisation, de mise en valeur, de peuplement au début du XIème siècle, époque du plus beau développement des Bénédictins de Cluny dont l’Abbé, Saint-Odilon fut peut-être le fondateur du Prieuré de Noirétable.

En parcourant les vieux registres paroissiaux du canton de Noirétable, on trouve mention à plusieurs reprises des diverses calamités qui ont assailli autrefois notre pays, la peste noire de 1348, et surtout la peste de 1628 et la famine de 1694.

A partir de 1632, il n’y eut plus de victimes de la peste dans notre région.

Eglise

XVème ; style gothique flamboyant dans son ensemble

Le porche s’étendant en avant de la façade. Au sommet du fronton se dresse la statue de St Jean-Baptiste, dans une pose évoquant un empereur romain ; de part et d’autre, Moïse et Elie. Toutes ces statues du 17° s, en pierre noire de Volvic, proviennent du monastère de l’Hermitage d’où elles furent apportées sous la Révolution.
Le porche, autrefois beaucoup plus vaste, servait de marché couvert.
Sous la voûte, à gauche, une statue représentant Madeleine étendue (17°s), la main sur un crâne, provenant elle aussi de l’Hermitage.

  • Cadran solaire : Place de la Mairie

Au sol : Cadran analemmatique, gravé sur pierre et marbre chiffres dans dalles, échelle des dates avec repères et initiales des mois.
Tableau de l’équation du temps, style humain, daté 2000.

  • Le "Baiser de la Paix" de Noirétable

est probablement la plus belle œuvre d’art que nous possédions dans la région.
C’est une œuvre d’ivoire ciselé, épousant la forme arrondie d’une défense d’éléphant. Il mesure 24 cm dans sa plus grande hauteur et 13 cm de diamètre.

Il représente la Vierge glorieuse tenant son enfant qui égrène le rosaire. De chaque côté, aux pieds de la Vierge, St François et St Dominique, propagateurs du Rosaire, avec un frère de leur ordre. Tout autour quatre anges portent les instruments de la Passion. C’est une merveille de ciselure minutieuse : la Vierge en gloire est située dans un ovale de petites roses admirablement sculptées. La pièce d’ivoire est sertie dans un cadre d’argent, alors que dans la concavité de la défense une poignée a été taillée dans la masse.

Origine de cette œuvre :
Par son testament du 24/06/1675, le chanoine de la Mure donnait le dit « Baiser de paix » à la collégiale de Montbrison.
Vendu à l’encan à l’époque de la Révolution, il se trouvait, vers 1820, entre les mains de M. Antoine Barge, Médecin à Noirétable, Recteur de la confrérie des Pénitents, à laquelle il en fit don. M. Barge tenait-il cette pièce de son frère, avocat à Montbrison ?

Une décision ministérielle du 7/10/1935 a classé cet ivoire monument historique.
Cette pièce est datée du XVe s ou du début du XVIe s.
Les spécialistes hésitent sur son origine flamande ou allemande.
D’autres, bien que la Madone paraisse à première vue une Madone allemande, estiment que cette œuvre est française du centre ou du nord.

Cette œuvre d’art a fait partie de l’exposition d’art marial, à Lyon, en été 1954.
(Article tiré de "Lien" de Novembre 1954)

Notre Dame de l’Hermitage (15ème)

L’Hermitage est située au sud-ouest de Noiretable, à 1.110 m d’altitude dans une forêt de conifères.

Perchée sur son éperon à plus de 1100 mètres d’altitude, la bâtisse massive et austère de Notre-Dame domine tout le pays. A perte de vue, l’œil ne voit que les étendues vertes-noires des sapinières clairsemées parfois de clairières.

Les deux rochers de Peyrotine, en granit

A gauche, une statue de Saint-Joseph portant l’enfant-roi dans ses bras, installée en 1873, domine le premier.
A droite, l’autre est surmonté d’une grande croix blanche. Ce dernier porte à sa base une petite niche

A gauche, la statuette de Saint-Roch évoquant, en Forez, les ravages de la peste.
A droite, au pied de la croix blanche, une cuvette ronde creusée au sol et une rigole. Dernier témoignage du moulin qui s’élevait ici au 17ème.


Tout autour de ces rochers s’égrènent les stations d’un chemin de Croix qui serpente au milieu de blocs de granite imposants.
Les pénitents montent les marches à genoux, en priant, d’un Scala sancta, un escalier saint dont il y a peu d’exemples en France (Lourdes, Bastia…).

Christ agonisant de Lhomeau dont un modèle identique se trouve à Rome.

L’histoire de ce lieu fut tumultueuse.

La première église fut desservie par les Bénédictins de Noirétable dépendant de Cluny. Au 17ème siècle, lutte contre le Protestantisme oblige, les Missionnaires investissent les lieux. Notre-Dame porte alors le nom de ’’ Mission de Saint-Sauveur au désert ’’ puis est rebaptisée ’’ Mission Royale de Notre-Dame de l’Hermitage ’’. C’est messire Jacques Planat qui décida de construire le monastère à l’emplacement actuel, achevé en 1669 au prix d’efforts considérables. Le bâtiment tel que le visiteur peut le voir de nos jours date de 1746. Ces deux années importantes se lisent sur un médaillon en pierre de Volvic, sur le bâtiment dans l’allée du jardin.

On y voit aussi un sapin et une fleur de lys. En dessous, le mot latin quarentana évoque les 40 jours du Christ dans le désert et la vocation de l’ermite. La Mission devient alors le noviciat des apprentis missionnaires.

La Révolution frappe de plein fouet l’établissement. Des prêtres sont guillotinés ; d’autres entrent dans la clandestinité. Il fallut attendre près d’un siècle pour voir revenir une petite communauté, celle des Pères de l’Union au Très Saint Sacrement, qui relance le pèlerinage et restaure les bâtiments.

En 1889, la communauté est remplacée par les Missionnaires de La Salette qui doivent s’en aller en 1905 (loi de Séparation des Églises et de l’État )pour revenir en 1925, jusqu’à nos jours.

A gauche, l’église et à droite l’Hôtellerie

L’église date des années 30 et se soude à la chapelle de 1746
L’église est une construction assez originale : par le porche ouvert sur un côté nous descendons quelques marches pour arriver devant l’entrée de la nef.
On peut y voir les fresques du Lyonnais Luc Barbier.
Réalisées entre 1946 et 1947, elles évoquent l’histoire de l’Hermitage depuis les origines et la passion du Christ.

Notre Dame des neiges (17ème) ; Notre Dame de l’Hermitage (13ème)

Dans le fond de l’église, la Vierge de la Mission Royale de Notre-Dame de l’Hermitage a été sculptée par le célèbre atelier lyonnais de Coysevox et fut bénie en 1682.
Elle fut vénérée à l’Hermitage sous le nom de ’’ Notre-Dame des neiges ’’. Puis vint la Révolution mais la Vierge, malgré sa stature imposante fut cachée en Auvergne. Elle n’y fut retrouvée qu’en 1969 ! Restaurée, elle retrouva son église le 15 août 1971.
Il y a une autre Vierge, plus ancienne encore puisqu’elle date du 13ème siècle. Assise, elle porte l’enfant Jésus qui se tient debout sur ses genoux. Cette sculpture avait aussi disparu à la Révolution. Elle fut retrouvée à Saint-Didier-sur-Rochefort et ramenée triomphalement en 1979 !

Saint Antoine de Padoue : Il porte un enfant : Jésus qui lui est apparu dans son sommeil.

Sur le parking, nous prenons le chemin de Saint-Antoine en direction de la chapelle de la source où tout a commencé.

Le chemin s’engage à l’ombre. Nombreux sont les randonneurs qui s’enfoncent dans les bois et les fidèles qui vont à la source avant d’aller à la messe.

A l’ombre des grands sapins, de nombreux bancs permettent de se reposer. On distingue aussi de nombreux amas de rochers éparpillés sous les arbres, une caractéristique du paysage local où les légendes font la part belle aux pierres branlantes et autres roches à cupules. Certains auteurs du 19ème siècle évoquent à propos de ces roches les anciens cultes druidiques.

Puis nous descendons dans une petite prairie où se trouve la chapelle de la source.

Chapelle de La Source

La chapelle de la source, nichée au fond du vallon est le centre du pèlerinage.
La chapelle actuelle, de petite taille, fut édifiée en 1869 (après beaucoup d’autres) et restaurée en 1969. Elle est dédiée à la Vierge et illuminée de nombreux cierges.
Le 15 août est marqué ici par le grand pèlerinage des quatre Provinces : Forez, Auvergne, Lyonnais et Bourbonnais.

La source offre son eau au pèlerin qui y retrouve le réconfort de l’âme et du corps.
Le ruisseau coule sous la chapelle et l’eau jaillit devant dans un petit bassin circulaire. C’est une eau pure, très fraîche dont la température reste invariablement à 6/7 degrés.


C’est ici qu’est né le pèlerinage
Selon la tradition, c’est là que serait apparue la Sainte-Vierge à un mystérieux ’’ grand pécheur ’’. Il s’agirait d’un des domestiques du château des Cornes d’Urfé qui passèrent au fil du couteau toute la famille du seigneur, à l’exception d’un bambin auquel les assassins donnèrent le choix entre une pomme et une piécette : le choix du fruit lui laissa la vie sauve. L’un des meurtriers, fuyant la justice, aurait trouvé refuge dans ces bois où la Vierge lui serait apparu et lui aurait demandé de faire pénitence pour le salut de son âme. Il serait devenu le premier ermite de ces lieux.

Retour sur nos pas et poursuivons le chemin en direction d’une deuxième chapelle et d’un petit cimetière. La quinzaine de croix noires indiquent en particulier les tombes des Missionnaires de Notre-Dame de la Salette, les actuels locataires des lieux après beaucoup d’autres.
On remarquera le nom de l’abbé Gouttefangeas qui fut archiviste et historien. On lui doit en particulier de connaître la « bulle » du pape Clément VII rendant compte du culte et de la dévotion mariale en ce lieu.

Une tombe contient les restes non-identifiés de Missionnaires entre 1686 et 1787.

La chapelle, sans clocheton, est construite à l’emplacement d’une ancienne église.
Elle a été construite au 19ème siècle en hommage au Père Gaschon, membre de la Mission Royale, décédé à Ambert en réputation de Sainteté.

Les fresques un peu naïves ornant son intérieur évoquent sa vie.

On remarque aussi une plaque apposée à sa façade : "A la mémoire de Mathieu Royret, diacre aspirant missionnaire de Notre-Dame de l’Hermitage, né à Thiollier (Noirétable) le 9 avril 1770, mort pour la foi sur l’échafaud à Lyon le 17 03 1794."


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mardi 20 février 2018
par  gs

Les Saints Roch de Noirétable

Le saint Roch de Noirétable en l’église paroissialeLe saint Roch de Noirétable en Notre-Dame de l’Hermitage

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