Saint Sauves d’Auvergne

L’Histoire

La ville est bâtie sur un socle de grès rouge qui s’abaisse vers la Dordogne. C’est ici que s’achève la belle auge glaciaire qu’emprunte la rivière. On appelle « ombilic » cette zone aux formes moutonnées, jonchée de moraines er de marécages
Au nord du hameau des Escures, la coulée de basaltes prismatique qui domine la voie ferrée, fournit en abondance depuis 1914 des matériaux d’empierrement. Au cours de la première guerre mondiale, des soldats français condamnés sont employés dans cette carrière. En 1922 sont déposés les statuts de la Société Anonyme des Carrières de Basalte de Saint-Sauves.

Toponymie

Au fil des siècles, le nom du village a évolué. Si au 14ème siècle, il porte le nom du martyr Sanctus-Silvanus, au 16ème et au 17ème, nous le trouvons respectivement sous l’appellation Saint-Saulves (1510), Saint-Salve (1639) et Saint-Saulve (1789). Lors de la Révolution Française, il reçoit le nom de Sauve-Libre (2.235 habitants). Les plus vieux documents le concernant datent de 1305 et sont pour la plupart rédigés en latin Castellania et parochia sancti Silvani.
Ainsi, Saint-Sauves puise, pour partie, l’origine de son nom dans celui d’un martyr, Saint Sylvain (ou Silvain ou Silvin), évêque de Gaza, condamné aux travaux forcés dans les mines de sel de Phaeno, décapité avec 39 compagnons à Cividale, en 303 ou 311. Son nom est issu du latin Silva, forêt (d’où Silvanus ou Silvinus, Dieu des forêts). Sa fête est le 4 mai. À remarquer, le culte, en Limousin et en Périgord, de Silvanus, martyr du 4ème siècle, et de Salvius, évêque d’Albi au 6ème siècle. Sa fête est le 16 octobre.
Cependant, l’étymologie a également son origine dans le patois régional où saulvé désigne le refuge, l’asile.

Au 4ème siècle, Saint-Sauves connaît une forte christianisation. Au temps des invasions barbares, on suppose que le bourg de Saint-Sauves a été fortifié et constituait un lieu d’asile pour femmes, enfants et vieillards.
Au Moyen Age, Saint-Sauves est un fief appartenant à la famille des de La Tour d’Auvergne, Comtes d’Auvergne, dont les terres se répartissent en Artense, puis de Saint-Saturnin à Vic-le Comte. Saint-Sauves change de main, au gré des mariages et des successions ; sous une paroisse commune, Saint-Sauves se morcelle en différents fiefs.

Plus tard, pendant la Guerre de Cent Ans, le village, situé près de la voie stratégique Clermont-Aurillac, souffre beaucoup des privations et des pillages de troupes de passage.
Au 15ème siècle, le village est ruiné.

À la veille de la Révolution, les habitants rédigent leurs doléances à l’occasion de la réunion des États Généraux.
Au cours de cette période troublée (en 1793, à l’occasion du tirage au sort des conscrits) et du XIXème siècle, le bourg connaît plusieurs incendies.

Lors de la Révolution, Jean BRUGIERE est arrêté le 28 germinal An II pour être présenté au tribunal révolutionnaire de Besse. Refusant de prêter serment, il est condamné à mort comme réfractaire à la loi le 12 floréal an II, par le tribunal criminel du Puy De Dôme, et guillotiné le jour même face à la halle aux blés de Clermont-Ferrand (aujourd’hui, école des Beaux-arts).


Le culte de Saint Roch
La densité des sites dédiés à Saint Roch est variable selon les régions de France. Beaucoup de ces édifices ont fleuri au 19ème siècle suite à la diffusion du choléra dans le midi, bien qu’on évoquait le saint dès le 14ème siècle, notamment lors de processions, le jour de sa fête, le 16 août et ce, jusqu’en 1970.
La construction d’un sanctuaire était généralement la reconnaissance envers Saint Roch, invoqué pour l’arrêt d’une épidémie ou d’un fléau auquel la médecine n’avait pas encore trouvé de remède. Saint Roch fut ainsi invoqué contre les maladies contagieuses des hommes, mais aussi du bétail et de la vigne ; en Italie, en Allemagne et en France, les fripiers, les rôtisseurs, les cardeurs de laine et les paveurs l’avaient pris pour patron. Il est aujourd’hui considéré comme le patron des travailleurs de la terre.
Antérieurement à lui, c’était par l’intercession de Saint Sébastien que les malades de la peste adressaient leurs suppliques à Dieu.

Déjà, en 1693, une famine provoque l’enterrement de 85 Saint-Sauviens sur 1.000 habitants.
En 1749, une nouvelle disette se répand à Saint-Sauves suite à de mauvaises conditions climatiques. La proximité de marais aux eaux corrompues au bord de la Dordogne entraîne la propagation dans la région d’une infection, diagnostiquée par deux médecins à l’époque par « fièvre putride vermineuse » ou « fièvre putride épidémique » localisée dans les poumons et dont la pathologie est comparable à la typhoïde.
Le 13, ils [les paroissiens] ont fait un grand office, et le 14, ils ont fait une procession en l’honneur de Saint Roch.
La misère est sans doute la cause de cette maladie

Le curé de la paroisse Toury invoque la protection de Saint-Roch lors d’une procession. Dans une lettre du 22 avril, il peut annoncer au subdélégué la régression de l’épidémie.

Par la suite est construite sur le promontoire de Châteauneuf une croix en hommage au protecteur de la paroisse. La statue du saint est conservée dans ce monument ainsi que dans une nef latérale de l’église paroissiale.

Sur le site de Châteauneuf

L’église Saint Etienne

L’église de Saint Sauves, d’origine romane, fut reconstruite, à neuf, en 1872-1873 suite à une délibération du conseil municipal.

Le portique

Situé sur la place en contrebas de l’église, le porche mouluré d’époque Renaissance de l’église primitive est composé de plusieurs sculptures du 16ème siècle provenant de celle-ci et de diverses maisons fortes de la commune (arc en plein cintre, pinacles, rosaces, mascarons, colonnettes,…).

On remarque sur ce monument hétéroclite des écussons entourés de tores dont l’un échiqueté de deux tires et de trois points, blason d’un membre de la famille Rochebaron, seigneurs de Saint-Sauves de 1410 à 1578.

Le tilleul de Sully

Planté au début du 17ème siècle, le tilleul séculaire, dit de Sully est situé au nord du bourg.
Le Ministre Sully, par ordonnance, enjoignit la population de faire planter des arbres, devant les églises ainsi que sur les places publiques. Les fleurs récoltées devaient être portées aux hôpitaux pour soigner les malades.
Par la suite, au début de la Révolution, chaque commune était tenue de planter sur son territoire "l’arbre de la liberté", le plus souvent un tilleul, symbole de la liberté conquise.

Les ennemis de la Révolution les prirent pour cible : on les trouvait le lendemain déracinés, coupés, ébranchés.
Dans certaines régions de France, la coutume se maintient aujourd’hui avec les arbres de mai ou à l’occasion des élections municipales ; des arbres décorés, en général des épicéas ou des sapins, sont ainsi plantés devant le domicile de chacun des élus à l’occasion d’un banquet.

Une rivière

Dénommée Duranius au Vème siècle par Sidoine Apolllinaire, puis Dorodonia au VIème siècle par Grégoire de Tours, Dornonia du 8ème au 10ème siècles, Dordonia au 13ème siècle et Dourdogne au 16ème siècle, l’étymologie de Dordogne provient du celte dor (=eau) et dogne (=profond).

Aujourd’hui, après avoir traversée les stations du Mont-Dore et de la Bourboule, la Dordogne rencontre le barrage de cette ville puis celui de Saint-Sauves, situé à 2,5 kilomètres en aval.

Une pierre

Une pierre de la Bastille est visible depuis 2001 dans le hall de la Mairie ; l’histoire de France nous a apprit que dés le 16 Juillet 1789, la démolition de la forteresse de la Bastille fut ordonnée. Les pierres servirent à construire le pont de la Concorde ainsi que certains immeubles privés de la capitale.

Pierre-François Palloy (1754-1835) eut également pour idée de vendre chaque pierre à l’unité. Afin de faire connaître son projet, il envoya à chaque municipalité une pierre souvenir en cadeau.

La pierre de Saint-Sauves porte les inscriptions suivantes : « Ex unitate Libertas. Cette pierre tirée d’un cachot de la Bastille a été donnée à Claude Alexis Mabru par la Société des Patriotes du Fauxbourg Saint-Antoine ».


Pour la petite histoire
Né en 1802, Antoine Victor Mornac était instituteur libre à Laqueuille. Les documents de l’époque le décrivent comme mesurant 1,75 mètre, cheveux et sourcils châtains, front découvert, yeux gris… avec la trace d’un coup de feu à la cuisse gauche.
Réputé pour son cynisme et sa marginalité, il commit son premier délit à Saint-Sauves en frappant deux jeunes personnes. Puis, progressivement, il devint la terreur de toute la région. Il fut arrêté et emprisonné plusieurs fois pour différents vols et agressions de 1826 à 1844. Il bénéficiait ainsi de la plus épouvantable des réputations et terrorisait toute la population.


Accusé par les habitants d’être l’auteur des meurtres de Mr Barrier (1849) et de Mr Bonny (1850), il fut à nouveau traqué par la gendarmerie. Blessé à la cuisse gauche par un gendarme en août 1851 à Méjanesse, il parvint à s’enfuir et fut soigné par un médecin du Jansanet. Dénoncé et arrêté à la maison de santé de Chamalières le 6 septembre 1851, il était condamné aux travaux forcés à perpétuité et passa par différents lieux d’incarcérations : Toulon, Belle-Ile en mer, puis dans l’asile de Léhon où il décéda à l’âge de 68 ans.


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lundi 8 octobre 2012

Le Saint Roch de Saint Sauves d’Auvergne

Le Saint Roch de Saint Sauves d’Auvergne en l’église Saint Etienne Détail

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