Saint-Léonard de Noblat

Saint-Léonard de Noblat est située dans le département de la Haute-Vienne en région Nouvelle-Aquitaine.
Ville étape sur la route de Saint-Jacques de Compostelle, au pays de l’arbre et de l’eau, Saint-Léonard de Noblat jouit d’un riche patrimoine architectural dans un environnement privilégié.

Au Moyen Age, le développement du culte de Léonard, ermite dont le tombeau contribua à faire de la cité un lieu de pèlerinage célèbre, sur le chemin de Compostelle, la Via Lemovicensis, la Voie du Limousin, qui apporta une grande renommée à la ville.
La collégiale de Saint-Léonard est un immense reliquaire conçu au début du XIe siècle pour abriter les reliques de saint Léonard, patron fondateur de la ville.


Les habitants de Noblat s’enorgueillissent de posséder les reliques du noble Léonard, dont presque tout l’univers célèbre les louanges. (Geoffroy de Vigeois, Chronique, XIIe siècle)


Depuis le XVe siècle, les pèlerins de saint Léonard ont coutume d’emprunter l’étroit couloir pratiqué derrière l’autel sous les reliques, et de mettre les mains au contact de la voute qui supporte l’armoire et le reliquaire.

Saint-Léonard de Noblat s’est la patrie de Raymond Poulidor, dit « Poupou », certainement le plus célèbre miaulétous qui a pourtant vu naître de grands noms comme Louis-Joseph Gay-Lussac, célèbre chimiste du XVIIIe siècle.
Ce nom de miaulétous viendrait-il du « miaulement » des choucas des tours, ces petites corneilles qui vivent en colonie dans le clocher de la collégiale Saint-Léonard ou plutôt d’une déformation du diminutif occitan « liauneton », ou « petit Léonard », devenu « niauleton » (inversion des deux consonnes très courante en langue limousine).
Le blason de la ville porte des fers de prisonniers font référence à saint Léonard qui selon la tradition est un saint qui « libère », à la fois saint patron des prisonniers et des femmes enceintes ou désirant l’être. (l’histoire raconte que Anne d’Autriche, épouse de Louis XII, 20 ans après son mariage et toujours sans descendance serait venue prier saint Léonard, invoqué contre la stérilité des femmes.)

La collégiale Saint-Léonard de Noblat

La nef a gardé ses murs épais avec de massifs contreforts. Les ouvertures en plein cintre marquent le XIe siècle.
Le transept, surmonté d’une tour lanterne octogonale qui éclaire l’intérieur de l’église par ses 8 fenêtres, est de la même époque.


L’église Saint-Léonard de Noblat est une des plus complexes et des plus difficiles à définir et la destruction des archives capitulaires à la Révolution, réduit à peu de choses ce que l’on sait de son histoire.
Il demeure que la renommée du saint qui s’étendit rapidement au-delà de la province, la place se son tombeau sur une des grandes routes de Compostelle, l’extension de son culte, à partir du XIe siècle, entraînèrent de nombreux et importants remaniements et adjonctions à son architecture.
Il a fallut plus de 150 ans pour que la simple église « de Chapitre », construite vers 1060, en forme de croix latine et couverte en charpente, auprès de bâtiments monastiques aujourd’hui disparus, devienne l’importante « Eglise de Pèlerinage » actuelle.

Elle fut peu à peu enrichie, à intervalles plus ou moins espacés, d’une chapelle, dite aujourd’hui, « du Sépulcre », à l’image sans doute, du Sépulcre de Jérusalem, de coupoles sur le transept, d’une élégante tour lanterne, de voûtes de conceptions diverses, d’un superbe clocher et, enfin, d’un chœur majestueux qui forme, avec son déambulatoire et ses sept chapelles rayonnantes un incomparable ensemble.
Au XIIIe siècle, une façade gothique termine pratiquement l’église.
Composé ainsi d’éléments juxtaposés, élaborés, au fur et à mesure des besoins sans cesse accrus des pèlerinages, l’édifice paraît avoir échappé à tout plan d’ensemble préétabli. Il se complique de réparations et de restaurations poursuivies, au cours des âges, selon les accidents ou les dégradations du temps, la prospérité ou le déclin du culte, la tranquillisé ou les troubles de l’environnement.
Il est probable, notamment, que les consolidations disgracieuses, effectuées dans le chœur, à la fin du XVIe siècle, soient dues au désir des chanoines de l’époque, d’apporter, dans l’église, une lumière nouvelle, en exhaussant la galerie voûtée qui entourait l’abside, à l’extérieur et en contrebutait puissamment les murs.
La suppression de cet appui, jointe aux surcharges des murs surélevés entraînèrent de graves éboulements dans les parois. Les murs du chœur durent être partiellement reconstruits, les colonnes enfermées dans de lourdes maçonneries carrées. A l’extérieur, des arcs-boutants vinrent remplacer assez exactement les voûtes de la galerie détruite.
La tribune et la petite ouverture contiguë qui subsistent au sud et en haut du chœur restent les témoins probables de l’état d’origine, au XIIe siècle. (R. Jacquand, 1987)

Le clocher

Le clocher est un très bel exemple de clocher à gâbles, typique du style roman limousin dit « clocher limousin ». Il repose sur un porche ouvert de deux côtés et orné de chapiteaux.


Son clocher robuste se dresse hardiment vers le ciel […]. On l’aperçoit des divers points d’un immense horizon que limitent des montagnes lointaines, perdus dans le bleu de l’infini ou dans des vapeurs et des nuées changeantes. (E. Lariol, Aux deux pays de Léonard Constant, Le Correspondant, 1923)

La communauté de chanoines qui gère l’église et le pèlerinage fait construire un superbe clocher à 7 étages avec une flèche culminant à 52 mètres : 3 étages de plan carré avec narthex ouvert de grandes arcades. En plein cintre ou en arc brisé, les baies nous font entrer dans le XIIe siècle. Au quatrième étage les fenêtres à gâble permettent de passer du plan carré au plan octogonal et le regard les suit jusqu’au sommet de la flèche.

Les chapiteaux extérieurs

Baptistère

Ce petit édifice, appelé sépulcre, chapelle Sainte Luce, et enfin baptistère depuis sa restauration, date de la première moitié du XIe siècle.
On pense qu’il est une copie réduite du Saint-Sépulcre de Jérusalem, dont la dévotion était en honneur au Moyen Age. On attribue sa construction à un pèlerin revenant de terre Sainte, peut-être un certain Goncerad, dont on a retrouvé la pierre tombale près de la rotonde.

Intérieur

Tombeau de saint Léonard : situé à l’intérieur de l’église, dans le croisillon sud, il est surmonté de sa chaîne de prisonnier. Saint de la délivrance, la tradition veut que les femmes désirant se marier et procréer viennent toucher le verrou.

Les évangélistes

Les quatre témoins les plus célèbres de la vie du Christ sont Matthieu, Marc, Luc et Jean.
L’évangile selon Marc, daterait de 67. Ceux de Matthieu et Luc auraient été écrits vers 80-90 et celui de Jean aurait été rédigé un peu avant 100.

Saint Marc, le premier des évangélistes. Son message s’adresse plutôt aux non juifs, auxquels il annonce que le Christ est le Sauveur de tous ceux qui l’accueillent.
Dans le tétramorphe, il est représenté par un lion.
Saint Matthieu, serait l’un des apôtres de Jésus. Son évangile s’adresse plutôt à des croyants venus du judaïsme. Il est nommé Lévi.
Dans le tétramorphe, il est représenté par un homme.

Saint Luc, son évangile insiste sur l’universalisme du message évangélique et sur l’humilité du Christ.
Dans le tétramorphe, il est représenté par un bœuf.
Saint Jean, l’un des apôtres de Jésus. Il est l’auteur du dernier évangile profondément original et de l’Apocalypse. La tradition veut qu’il ait été le témoin de la mort du Christ. Dans le tétramorphe, il est représenté par un aigle.

La nef
Le chœur avec son déambulatoire


Les chapiteaux intérieurs

A gauche, saint Antoine de Padoue.
A droite, saint Vincent de Paul.

Détails

Des maisons médiévales


Un grand nombre de maisons conservent des éléments datant du Moyen Âge : des façades complètes comme la maison des Consuls, des baies géminées, frises et modillons sculptés, et souvent de grandes arcades brisées abritant autrefois des échoppes en rez-de-chaussée. La plupart de ces maisons furent construites durant la deuxième moitié du XIIIe siècle. Si beaucoup d’entre elles se trouvent sur les places principales (Noblat, République, Gay-Lussac), des éléments médiévaux, tels que les caves voûtées, sont présents un peu partout dans le bourg, témoignant de la densité et de la qualité du bâti médiéval de la cité. (In flyer OT)

Sous les toits des modillons sur des thèmes végétaux.
Les rues rebaptisées s’appelaient « Marché aux vaches », « Marché aux grains », etc.
Saint-Léonard de Noblat était un centre important de pèlerinage au Xe siècle.

A gauche, statue de Gay-Lussac
A droite « La maison à la tour ronde »


Le retour de la prospérité aux XVIIe et XVIIIe siècles semble évident au regard du nombre et de l’intérêt des maisons datant de cette période. Si leur organisation reste assez semblable (commerce au rez-de-chaussée et logement dans les étages), les formes évoluent sensiblement. Les arcs brisés laissent place aux arcs en plein-cintre ou en anse de panier et les ouvertures des étages gagnent en largeur, en hauteur et en sobriété dans le décor. Sont construits à la même époque plusieurs hôtels particuliers, demeures bâties entre cour et jardin, nécessitant de grandes surfaces pourtant rares dans le centre-bourg. (In flyer OT)

L’hôpital


À proximité de l’une des portes principales de l’ancien rempart, dite Aumonière, l’hôpital médiéval, dont l’existence est attestée dès le milieu du XIIe siècle, conserve encore deux portails du XIIIe siècle. Si la tradition l’associe souvent aux pèlerins de Saint-Jacques, ce lieu d’accueil recevait plus généralement toute personne, pèlerin ou non, cherchant abri, nourriture et soins. Quant aux malades les plus contagieux, notamment les lépreux, un établissement leur était réservé à l’extérieur du bourg, près du Tard, au lieu-dit La Maladrerie. (In flyer OT)

Les filles de Notre-Dame


Face au jardin de l’un de ces hôtels particuliers, l’hôtel de Rigoulène, se dresse l’ancien couvent des Filles de Notre-Dame. Cet ordre cloîtré, fondé à Bordeaux par Jeanne de Lestonnac en 1607, avait pour but l’éducation des jeunes filles qu’elles soient pauvres ou « demoiselles ». L’installation à Saint-Léonard de cet ordre intervient en 1652. Si l’état initial du couvent est difficile à cerner, le début de la construction du bâtiment actuel date de la deuxième moitié du XVIIe siècle. Après dissolution en 1792, les Filles de Notre-Dame se réinstalleront à Saint-Léonard en 1838 et feront notamment construire un nouveau couvent en 1897-1898, devenu aujourd’hui le collège Bernard Palissy. (In flyer OT)

Pont de Noblat


Situé hors du bourg, au-delà de la gare et du viaduc construits à l’occasion de la mise en place de la ligne de chemin de fer menant de Limoges à Ussel, dont la première partie jusqu’à Eymoutiers fut inaugurée en 1881, le faubourg du Pont de Noblat fut longtemps un site stratégique. Sa vocation première de lieu de passage, à gué dès l’Antiquité puis grâce aux différents ponts lui ayant succédé, fut au Moyen Âge doublée d’une vocation défensive, matérialisée par la motte castrale qui surplombe encore le faubourg. Ce fut aussi un lieu dédié aux activités artisanales grâce à l’implantation de nombreux moulins dont les plus anciennes mentions remontent au Xlle siècle. (In flyer OT)

Raymond Poulidor dit Poupou


Le massepain
A Saint-Léonard de Nobiat, on raconte que la recette viendrait d’un moine suisse. En visite dans notre ville, ce moine aurait confié le secret de sa recette à Camille Petitjean, pâtissier de la ville.
Cependant, d’après la version la plus connue, le massepain serait apparu à Saint-Léonard de Nobiat par le biais d’un pèlerin de Saint-Jacques de Compostelle. Ce dernier mangeait des biscuits à base d’amandes pour se donner des forces. Camille Petitjean en aurait goûté et aurait ainsi repris la recette.
Cette hypothèse expliquerait la ressemblance entre le Massepain et la « Tarta de Compostella », tarte traditionnelle de Saint-Jacques de Compostelle. (In flyer OT)

L’élevage

Aujourd’hui, Saint-Léonard de Noblat est reconnue comme étant le berceau de la race bovine limousine où elle était déjà, au XVIIIe siècle, fort prisée pour sa viande.
La silhouette du taureau Limousin a souvent été comparée aux bovins peints dans la grotte de Lascaux qui datent de plus de 25.000 ans.


Articles publiés dans cette rubrique

samedi 24 mars 2012
par  gs

Le saint Roch de Saint-Léonard de Noblat (Haute-Vienne)

Catégorie : Sculpture
Edifice de conservation : collégiale ; Saint-Léonard
Matériaux : calcaire (structure, monolithe) : taillé, peint (polychrome), avec apprêt
Structure : revers plat ; groupe relié
Description : Revers sans polychromie
Dimensions : h = 81 ; la = 34 ; pr = 17
Iconographie : figure (…)

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