Lisbonne










Eglise Saint Roch


En 1505, Lisbonne fut durement frappée par la peste, introduite par un navire vénitien faisant escale dans la capitale portugaise. L’année suivante, le roi Manuel Ier sollicita de la République de Venise l’envoi d’une relique de Saint Roch afin de protéger la population lisboète de la terrible épidémie. Pour que la relique puisse être vénérée par les fidèles, on construisit alors un ermitage, en un lieu désert, près de la muraille fernandine, à l’emplacement où se dresse aujourd’hui l’Église de Saint Roch.
En 1540, la Compagnie de Jésus s’installa au Portugal à la demande du roi Jean III et choisit l’ermitage de Saint Roch afin d’y construire sa première église et de fonder ainsi sa Maison Mère, ce qui fut accordé en 1553. A l’origine, les Jésuites pensèrent utiliser l’édifice existant, procéder à son agrandissement et modifier son orientation. Toutefois, ils finirent par opter pour la démolition du petit temple et pour la construction d’une nouvelle église placée sous la protection de Saint Roch. A l’intérieur, on réserva une chapelle latérale au culte du saint. Ainsi, la mémoire de Saint Roch fut pour toujours liée à l’histoire des lieux. En 1768, soit neuf ans après l’expulsion de la Compagnie de Jésus du Portugal, l’Église de Saint Roch et tous ses biens furent confiés, par décret royal de Joseph Ier, à la Santa Casa da Misericôrdia de Lisbonne.
(In flyer de présentation Eglise Saint Roch)
La façade de l’église et du musée Saint Roch

L’église et le musée Saint Roch sont dans le quartier du Bairro Alto, sur la Largo Trindade Coelho. Il ne faut pas s’arrêter à sa façade blanche sans intérêt car l’église Saint Roch compte parmi les chefs-d’œuvre de l’art baroque.

Construite pour la Compagnie de Jésus à la fin du 16ème siècle, qui a mis en place un programme artistique et iconographique réellement exceptionnel.
(La compagnie de Jésus a été fondée en 1534 par Saint Ignace de Loyola, puis officialisée en 1540).
L’église n’a été que peu endommagée par le tremblement de terre de 1755. Elle abrite des trésors artistiques tant sa décoration intérieure a fait l’objet de toutes les attentions comme les boiseries dorées, les plafonds en bois peint et en trompe l’œil, les bas-reliefs de marbre polychromes, les azulejos polychromes, les candélabres d’argent et de bronze…

Le vendeur de loterie (bronze) sur la Largo Trindade Coelho.

De plan rectangulaire, l’église est composée d’une seule nef, d’un maître-autel peu profond et de huit chapelles latérales, selon le modèle architectural traditionnellement désigné sous le nom d’église-salon.

Le Maître-autel
Chapelle de Saint Antoine
Chapelle de Notre Dame de la Piété
Pietà de la chapelle de Notre Dame de la Piété, bois polychrome, 17ème siècle
Chapelle de Saint Jean Baptiste

La chapelle Saint-Jean-Baptiste est un véritable joyau, un chef-d’œuvre de l’art italien romain tant pour sa perfection artistique que pour les matériaux utilisés comme les améthystes, les bronzes, les lapis-lazulis, l’ivoire, l’argent et les bois précieux.

Ce chef d’œuvre, commandé par le roi Jean V du Portugal, fut béni à Rome par le Pape Benoit XIV avant d’être transporté jusqu’à Lisbonne pièce par pièce à bord de 2 caravelles !

Autel des Reliques des Saintes Martyres, 16 et 17ème siècles
Chapelle du Très-Saint Sacrement
Pietà de l’autel de la Sainte Trinité, bois polychrome, 18ème siècle
Chapelle Saint Roch

Le retable est situé sur l’emplacement où se trouvait autrefois le chevet de l’ermitage manuélin.

La niche centrale abrite une statue de Saint Roch, en bois polychrome, qui, selon la tradition, aurait la même taille que le saint lui-même.
A gauche Saint Jacques le Majeur, à droite Saint Sébastien

Saint Jacques le Majeur

Musée Saint Roch

Installé dans l’ancienne Maison Mère de la Compagnie de Jésus à Lisbonne, le Musée de Saint Roch a ouvert ses portes en 1905. Attenant à l’église Saint Roch avec laquelle il communique, il prit le nom de Musée d’Art Sacré de Saint Roch dans les années 30.

Jésus jeune marchant (bois doré et polychrome, 18ème siècle)

A gauche, Saint Ignace de Loyola (bois polychrome, v. 1600)
A droite, Saint François Xavier (bois polychrome, v. 1600)

A gauche, Saint Jean l’évangéliste (bois polychrome, 16ème siècle)
A droite, Christ sauveur du monde (bois polychrome, 16ème siècle)

A gauche, Sainte Catherine (bois polychrome, 17/18ème siècles)
A droite, Saint Antoine de Lisbonne (bois polychrome, 17ème siècle)

Si Lisbonne m’était conté

Le monastère des Hiéronymites
Situé à l’embouchure du fleuve Tage dans le quartier de Belèm, se trouve le monastère des Hiéronymites, de style manuélien, qui témoigne de la richesse des conquêtes portugaises.

Classé en 1983 au patrimoine mondial de l’humanité par l’UNESCO, et construit à quelques encâblures du quai d’où est partie l’expédition de Vasco de Gama, il célèbre le courage des navigateurs et l’ère de prospérité qui s’ouvre pour le Portugal. On y trouve les écus en Bronze des caravelles qui se sont rendus à Goa et au Brésil.

  • Le matin

    Bâti sur un ermitage datant d’Henri le Navigateur, c’est le roi Manuel Ier qui après le retour de Vasco de Gama de son premier voyage en Inde fait élevé ce monastère pour les religieux de l’ordre des hiéronymites.
    Bien sûr financé par les profits du commerce d’épices et grâce aux richesses rapportées des grandes conquêtes du 16ème siècle.

  • L’après-midi

    Œuvre architecturale la plus aboutie du style manuélin, le monastère d’abord de style gothique, les architectes y ajoutèrent l’appareil ornemental caractéristique du style manuélin puis on mit en relief les thèmes de la renaissance pour enfin y apporter une note de classicisme.

Le cloître
Le cloître, en dentelles de pierre, est un des plus beaux du monde.
Le cloître est un quadrilatère de 55 m de côté et comprend 2 étages.
L’étage inférieur est percé de larges arcades dont les remplages prennent appui sur de fines colonnettes dont la décoration s’inspire du gothique finissant et de la Renaissance.
L’étage supérieur présente un style moins exubérant.

Le cloître possède une richesse sculpturale impressionnante.

Cathédrale de Lisbonne

Edifiée sur le lieu même où s’élevait la mosquée maure du 10ème siècle, la cathédrale de Lisbonne tient plus de la forteresse que du lieu de culte.

En 1147, le roi Alfonse Ier Enriquez soumet les Maures et reprend Lisbonne. Il décide alors de « purifier » la ville et il fait élever la Sé catholique.
La Sé fut le théâtre d’évènements historiques. Saint Antoine y fut baptisé en 1195. Lors du soulèvement de 1383, l’évêque fut précipité du sommet d’une de ses tours. Son chœur gothique s’effondra en 1755, lors du grand tremblement de terre.

On y trouve des tombeaux sculptés, la crèche dans la chapelle gothique et un cloître admirables.
A l’étage le trésor : « la custodia da sé », un bijoux en or massif ornée de diamants, d’émeraudes, de rubis pour un total de 1120 pierres précieuses. Le socle carré pèse à lui seul 17 kilos.

La tour de Belèm
Symbole de la puissance militaire et navale portugaise, la tour de São Vicente de bellem est un des fleurons de l’art manuelin.
Classée au patrimoine mondial de l’UNESCO, la tour de Belèm est un des plus beaux monuments de Lisbonne.

Puissante construction militaire, la tour, construite à l’origine sur le fleuve, participait à la défense du fleuve.

Monument des Découvertes

Dressé face au Tage, le monument aux découvertes rend hommage aux hommes qui ouvrirent les nouvelles routes maritimes au 16ème siècle, assurant prestige et richesse du Portugal pour les siècles à venir.

Sa forme évoque celle d’une caravelle, toutes voiles dehors. Sur la proue, Henri le navigateur, personnage clé de cette épopée maritime accompagné des meilleurs géographes, mathématiciens, historiens, charpentiers… qui forment le cortège qui suit le monarque, de part et d’autre du monument.

Le monument date de l’exposition du monde portugais de 1940.

Les Trams

Le funiculaire de Gloria
Le centre historique est composé de sept collines et compte trois funiculaires et un ascenseur.

Le funiculaire qui relie Baixa (place Restauradores) à Bairo Alto (Jardin, miradore de Sao Pedro de Alcantara) est composé de deux voitures. Chaque voiture dispose de deux postes de commande et d’un espace passagers avec deux banquettes, dos à la fenêtre. La caisse, horizontale, est montée sur un châssis qui suit la pente. Le funiculaire est électrifié depuis 1915 et fonctionne en va-et-vient par le biais des moteurs qui sont directement situés sur les voitures.

La morue

L’histoire de la pêche à la morue pour les Portugais est intimement liée aux Grandes Découvertes.
Les Portugais développèrent très vite, dès le 14ème siècle des techniques de navigation et traversèrent les océans. Avant même, la quête des Indes les marins portugais connaissaient les territoires de Terre Neuve et de la Nouvelle Ecosse où ils furent les premiers à pêcher la morue.
Sous le règne du roi Dom Afonso V la route de « Terra Nova dos Bacalhaus » (Terre Neuve des morues) était dominée par les portugais.
Sous le règne de Dom Manuel, la pêche était tellement florissante que les marins devaient payer la dîme sur la pêche de Terre Neuve.
A l’époque des grandes navigations, les équipages avaient besoin de produits nutritifs non périssables, capables de supporter les longs voyages et naturellement les portugais ont embarqué la morue comme aliment de base.
Ils sont devenus ainsi les plus gros consommateurs de morue du monde qu’ils surnomment « fiel amigo » (fidèle ami) depuis des siècles.

Le château Saint Georges

Depuis la place San Pedro de Alcantara

Perché sur sa colline, le château de São Jorge domine l’ensemble de la ville.
Sur cette colline, les Romains y ont établi un camp fortifié puis les Wisigoths y élèvent la forteresse. Au 8ème siècle, les Maures s’en emparent et bâtissent un palais entouré de jardins. Quatre siècles plus tard, les croisés le détruisent.
Le lieu reste la demeure des rois jusqu’à la fin du 16ème puis il subira les séismes et les déprédations.
Il faudra attendre les années 1950 pour la réhabilitation du château.

Des rues nostalgiques

Escadinhas de Sao Crispim

A la nuit tombée les terrasses des restaurants s’emplissent et de partout montent les voix chaudes et envoutantes des chanteurs et chanteuses de fado.

Le fado
Les origines du fado sont incertaines mais il est probablement apparu dans les années 1820. Chant de marins portugais ou synthèse de genres musicaux brésiliens très en vogue au 18ème siècle à Lisbonne, on ne sait pas vraiment.
Le fado est toujours « joué » de la même façon par l’interprétation d’un chant accompagné par des instruments à cordes pincées.
Le fado s’inspire du sentiment typiquement Portugais de la saudade dont les principaux thèmes sont l’absence, la séparation, la douleur et la souffrance.

Au nord : le Douro et ses vignobles de Porto

Au Sud : l’Algarve et ses immenses plages ensoleillées


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samedi 11 octobre 2014
par  gs

Les Saints Roch de Lisbonne

Les Saints Roch de Lisbonne en l’église Saint RochBois polychrome, 17ème siècleSaint Roch en prison, (huile sur bois, Gaspar Dias, 16ème siècle)Apparition de l’Ange à Saint Roch (Huile sur bois, Gaspar Dias, 1584)Apparition de l’Ange à Saint Roch
(Carreaux de faïence vernissés, Francisco de Matos, (…)

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