Châtel Guyon

Logé sur les bords du Sardon à 409 m d’altitude, protégée par trois collines boisées d’épicéas et de châtaigniers, Châtel Guyon au centre d’un nid de verdure, offre une vue imprenable sur toute la chaîne des Puys.
L’agglomération comprend la vieille ville dont les maisons se groupent sur une butte isolée et la station thermale.
Grâce à 30 sources particulièrement riches en chlorure de magnésium qui jaillissent à des températures comprises entre 27°5 et 38°, à la faveur d’une faille le long de la rivière, on soigne à Châtel Guyon les affections du foie et surtout de l’intestin.
L’exploitation des sources fut amorcée au Grand Siècle mais l’essor de la ville thermale date essentiellement des 19ème et 20ème siècles.
Guy de Maupassant s’inspira de la ville et de son environnement pour donner un cadre à son roman (Mont Oriol, 1887).
Le calvaire se dresse au sommet de la butte qui porte la vieille ville à l’emplacement de la forteresse de Guy II, Comte d’Auvergne qui donna son nom à la cité.
Un trompe l’œil sur une maison un peu en contrebas, donne la réplique exacte de ce château.

Le château

A gauche, fresque contemporaine.
A droite, le calvaire.

L’église

La première église fut une église clunisienne avec un mur d’enceinte à l’extérieur du site.
La chapelle du château devint le lieu de culte. Le château fut détruit au 15ème siècle.
Un troisième édifice vit le jour en 1845. Il fut édifié en pierre de Volvic.

  • Eglise Sainte Anne

    L’église Sainte Anne fut édifiée en 1845 avec les pierres du château démantelé.

  • Les fresques
    Les fresques sont réalisées en 1956 par un peintre d’icônes : Nicolas Grechny, né en 1912 à Tallin. Ce sont 900 m² de fresques d’inspiration byzantines réalisées sans maquette, sans projet écrit en seulement 60 jours par un hiver particulièrement rigoureux, illustrant des scènes de l’Ancien et du Nouveau. Testament

Le chœur

A droite
. La main tendue : le Père - la Colombe (l’Esprit Saint).
. Le Christ Roi, Prêtre et Dieu, entouré par les anges participe à la divine liturgie. A ses côtés la Sainte Vierge Marie et Saint Jean.
. Le sacrifice de l’Agneau de Dieu et de quatre animaux.

A gauche, retable et autel (17ème).
A droite, le sacrifice de l’agneau de Dieu.
A la consommation éternelle du sacrifice de la Croix au ciel répond sur la terre un perpétuel renouvellement de ce sacrifice dans l’immolation mystique de la messe sur nos autels.

Le bas-côté sud représente la Création

A gauche, création du monde, de l’homme et de ses habitants.
A droite, création de la femme.

A gauche, la trinité divine : le Verbe et le Saint Esprit (Colombe) reposant dans le sein du Père.
A droite, la faute d’Adam et Eve.

Le bas-côté nord représente, la nouvelle Jérusalem et l’Apocalypse

A gauche, les 4 cavaliers de l’Apocalypse : Mort, Peste, Famine, Guerre.
A droite, la Mort*.

A gauche, l’Ange à la meule détruit Babylone.
A droite, Saint Michel met en fuite le dragon à 7 têtes.

A gauche, Jésus baptisé dans le Jourdain par Saint Jean en présence du Père et du Saint Esprit.
Dans le fond, la Jérusalem céleste d’où sortent les quatre fleuves.
A droite, en médaillon, l’Agneau de Dieu sur le Livre aux Sept Sceaux (cité dans l’Apocalypse).

Dieu en sa gloire entouré par les quatre animaux, apparus à Saint Jean dans l’île de Patmos.
Dieu Vainqueur (épée sortant de la bouche).
Livre : le commencement (alpha) et la fin (oméga).

Murs consacrés

  • Chapelle latérale gauche

    Marie, fontaine de vie*.
    Sur cet autel « La Cène », broderie sur soie du 16ème.
    Vierge du 18ème.

  • Chapelle latérale droite : chapelle Sainte Anne.

    Arbre généalogique. Sainte Anne ; Marie ; Jésus (rare).
    Vision de Jessé de qui seront issus David, Salomon, Saint Joseph et Sainte Anne, aïeule de Jésus.

** Remarques
Dans son travail, Nicolas Grechny a mélangé les personnages bibliques avec au second plan des habitants de Châtel Guyon représentant les mortels avec parfois une pointe de malice ou des symboles de la ville.
*Ainsi la Mort est représentée par un squelette qui contient encore les viscères, pour rappeler que Châtel Guyon est une ville thermale où l’on vient soigner ces organes.
*Les jets d’eau de la fontaine Marie Source de Vie représentent les 7 sources de Châtel.

De part et d’autre du chœur

A gauche, le vicaire de l’époque : René Palmier (aujourd’hui, en 2013, 84 ans).
A droite, le chanoine Puyau.

Dans la nef

Nicolas Greschny (en short) s’est lui-même représenté en serviteur aux noces de Canna.

Présentation des saints sous les fresques des bas-côtés

A gauche, Saint Nicolas.
A droite, Saint Louis (Louis IX roi de France).

A gauche, Saint Vincent de Paul.
A droite, Saint Austremoine.

Les fresques de la nef principale retracent des épisodes de la vie de Jésus et de Saint Anne

A gauche, Dormition de Sainte Anne, décédée entre Joseph et Marie.
A droite, la crucifixion.


Chez les Greschny, la peinture d’icônes est une tradition familiale qui remonte au Môyen Age.

http://petit-patrimoine.com/fiche-petit-patrimoine.php?id_pp=63103_7 (Numéro du petit patrimoine : 63103_7)

Nicolas Greschny, 1912-1985

Né le 2 septembre 1912 à Tallin, capitale de l’Estonie, Les Greschny sont "peintres d’icônes et de fresques" de père en fils. L’un de ses ancêtres a orné les fresques de la cathédrale de Smolensk. Cette famille russe appartient à l’église uniate, dissidente de l’église orthodoxe qui a rejoint l’église catholique tout en conservant sa liturgie.
La révolution russe d’Octobre 1917 oblige la famille à s’exiler en Allemagne où Nicolas fait de solides études classiques chez les jésuites puis étudie les beaux arts à Berlin (1932-36). Dénoncé pour ses activités de résistant au régime nazi, il doit fuir en Autriche où il étudie la théologie. Il devra de nouveau se réfugier dans plusieurs pays pour arriver à Toulouse où il poursuit ses études et intègre comme infirmier un mouvement de résistance.
Cette épopée doublée d’une foi profonde vont lui donner une envergure culturelle, théologique, linguistique et artistique exceptionnelle.
A la libération Nicolas Grechny est seul, exilé. Sa patrie est devenue une République Soviétique. Il s’installe dans le Tarn, crée un atelier d’iconographie et orne plusieurs églises de fresques.
En 1956, le chanoine Puyau, curé de la paroisse, prend l’initiative, hardie à l’époque, de lui demander d’exercer ses talents à Châtel Guyon. Il va réaliser la prouesse artistique et technique de couvrir de fresques la totalité des voûtes de l’église (900 m²) sans maquette et sans projet écrit durant l’hiver 1956 (l’un des plus froids du siècle !)

Son œuvre immense : plus de 85 églises lui doivent leurs fresques !

Il repose dans la crypte de la chapelle qu’il a construite à La Maurinié (Tarn) sous un magnifique Christ dans l’attente de la résurrection qu’évoque l’une des ses fresques autour de l’autel.
Une association perpétue sa mémoire : Les amis de Nicolas Greschny, La Maurinié, 81430 Marsal (http://chatel-guyon.blogspot.fr/2011/08/les-fresques-de-leglise-sainte-anne-de.html)

Mobilier

Les vitraux sont l’œuvre d’un artiste suisse, Yoki et sont réalisés en dalle de cristal de baccarat de 15 mm d’épaisseur cloisonné dans le ciment armé. La particularité du cristal de baccarat est d’être très sombre à l’extérieur et de couleurs très vives à l’intérieur. L’exécution de l’ensemble a été assurée en 1958.


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samedi 25 mai 2013
par  gs

Le Saint Roch de Châtel Guyon

Le saint Roch de Châtel Guyon en l’église Sainte Anne

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